Trump signe deux décrets pour accélérer l’ordinateur quantique américain 

Donald Trump veut pousser l’informatique quantique et la cybersécurité dans une même phrase politique. Deux décrets lancent une course technologique américaine, avec 2028 et 2031 déjà cochées sur le calendrier.

Donald Trump a signé deux décrets pour accélérer l’informatique quantique et la cybersécurité américaines. Le message est simple, presque brutal. Washington veut courir plus vite que Pékin. Et, accessoirement, éviter que les futurs ordinateurs quantiques transforment le chiffrement actuel en papier mouillé. À la Maison-Blanche, Trump a assuré que les États-Unis étaient « largement en tête ». Puis il a ajouté qu’ils allaient l’être « encore davantage ». Classique, certes. Mais derrière la formule, le sujet est beaucoup moins théâtral.

Le premier décret demande au gouvernement fédéral de travailler avec l’industrie et les universités. L’objectif consiste à construire un ordinateur quantique capable d’effectuer de grands calculs scientifiques. Selon des responsables américains, une telle machine pourrait voir le jour d’ici 2028. Autant dire demain matin, à l’échelle de la recherche fondamentale.
Le texte prévoit aussi des capteurs, des réseaux quantiques et une meilleure protection industrielle. Car dans cette course, les brevets valent presque autant que les machines elles-mêmes. 

Informatique quantique et cybersécurité deviennent le nouveau terrain de jeu de Washington

L’informatique quantique et la cybersécurité avancent désormais ensemble dans la stratégie américaine. En effet, plus les machines progressent, plus les vieux systèmes de chiffrement deviennent vulnérables. Le second décret vise donc la cryptographie post-quantique, ce joli nom pour dire « survivre au futur ». 

Les agences fédérales devront migrer leurs actifs les plus sensibles vers ces nouveaux standards. L’échéance fixée arrive au plus tard en 2031, selon les documents américains. Autrement dit, Washington ne veut pas attendre le piratage historique pour changer les serrures.

Le scénario redouté est connu. Des pirates peuvent voler aujourd’hui des données chiffrées, puis les déchiffrer plus tard. Cette méthode, souvent résumée par « voler maintenant, décrypter demain », inquiète déjà les experts. Paiements bancaires, communications gouvernementales, secrets industriels, tout pourrait devenir lisible un jour. Bien sûr, les ordinateurs quantiques vraiment capables de ce tour restent largement expérimentaux. Mais en cybersécurité, attendre la preuve parfaite revient souvent à arriver après l’incendie.

IBM, Google et l’État américain se replacent dans la course quantique

La signature des décrets n’a rien d’un geste isolé. Trump était accompagné de Ruth Porat, présidente d’Alphabet, et d’Arvind Krishna, patron d’IBM. Ce casting dit beaucoup. Le quantique n’est plus seulement une affaire de laboratoires, mais aussi de marchés. 

Après l’annonce, l’action IBM a progressé de 2,4 % après la clôture, selon Investing.com. Visiblement, Wall Street aime les promesses scientifiques, surtout quand l’État tient le chéquier. Le gouvernement américain prépare déjà de gros financements via le NIST et le CHIPS Act. 

IBM doit recevoir une enveloppe majeure pour une fonderie de composants quantiques supraconducteurs. GlobalFoundries figure aussi parmi les bénéficiaires, avec des centaines de millions de dollars prévus. Par ailleurs, un projet de loi bipartisan évoque 128 millions de dollars annuels supplémentaires. Le but reste clair. Créer une chaîne d’approvisionnement américaine, éviter les dépendances, et garder l’avantage technologique.

Toutefois, il faut garder les pieds sur terre. Les ordinateurs quantiques existent, mais pas encore comme dans les démonstrations de science-fiction. Certains spécialistes doutent toujours de leur capacité à réaliser ces promesses à grande échelle. 

Google estime pourtant que des machines imparfaites pourraient déjà bouleverser la cryptographie. Dès lors, Washington préfère préparer le terrain avant que le sol ne disparaisse. Le pari est risqué, cher, et très politique. Mais dans la guerre technologique avec la Chine, personne ne veut découvrir trop tard que son coffre-fort était en carton. 

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