L’achat direct d’accès exclusif au matériel via des prises de participation verrouille l’écosystème de l’IA physique. L’accord financier entre Nvidia, Figure AI et Nscale resserre l’étau sur le marché. Il confirme l’emprise du lock-in imposé par Nvidia sur vos futures décisions d’infrastructures. Pour les directeurs informatiques, la stratégie d’achat impose une vigilance stricte vis-à-vis de la captivité matérielle.
Nvidia discute d’un nouvel investissement d’un milliard de dollars dans Figure AI. Cette start-up de robotique humanoïde est valorisée à 39 milliards de dollars lors de sa Série C de septembre 2025. L’accord s’articule avec un gros contrat d’infrastructure signé avec le fournisseur cloud Nscale. Ce dernier s’engage à déployer 100 000 GPU Nvidia Vera Rubin pour alimenter les modèles de Figure AI d’ici le second semestre 2027. Pour un CIO ou un directeur des achats, cet assemblage signale la fermeture progressive du marché de la puissance informatique. Ce mécanisme renforce la menace de lock-in technologique orchestrée par Nvidia dans les stratégies informatiques des grands comptes.
La mécanique financière du capitalisme circulaire
Nvidia vend déjà des composants informatiques aux entreprises. Mais en plus, le fabricant réinjecte ses capitaux dans les concepteurs de modèles qu’il fournit. Il participe ainsi au capital de Figure AI après un total de 1,9 milliard de dollars levés par la start-up. Le groupe américain s’assure que la jeune pousse conçoive son modèle de base Helix sur ses architectures propriétaires. Ce phénomène de lock-in soutenu par Nvidia s’appuie sur une boucle financière fermée.
$NVDA is discussing another $1B investment in Figure AI as the company plans to use ~100K Vera Rubin GPUs through Nscale starting in 2027 which is ~230 MW of GPU power just for robot training. Physical AI adds a second demand curve for Nvidia because training humanoids at scale requires huge data center capacity before chips ever reach the robots.
— Shay Boloor (@StockSavvyShay) October 7, 2026
L’accord conclu le 3 septembre 2026 entre Figure AI et le britannique Nscale renforce ce dispositif. Nscale apporte entre 3,5 et 6 milliards de dollars de capacité de calcul pour obtenir une entrée au capital de la start-up. L’hébergeur prévoit d’installer 100 000 processeurs Vera Rubin sur son futur centre de données à Barstow, au Texas. La stratégie crée donc un circuit fermé où le fabricant finance le client. Qui souscrit ensuite des capacités de calcul auprès d’un partenaire lié au même fournisseur.
Par conséquent, les entreprises acheteuses se retrouvent au milieu d’un écosystème entièrement pré-réservé. Pour vérifier la réalité de ces mouvements de capital, il suffit de consulter les déclarations financières et dépôts d’investissements de Nvidia sur SEC.gov. Et aussi les rapports trimestriels et participations en capital de Nvidia sur Nasdaq. Ce contrôle vertical empêche l’émergence d’alternatives neutres sur le marché du compute haut de gamme.
Les conséquences pratiques du lock-in de Nvidia pour vos équipes
L’adoption des technologies de Figure AI entraîne alors une captivité matérielle et logicielle pour les acheteurs technologiques. Le modèle Helix, conçu comme le cerveau d’IA des humanoïdes, fonctionne exclusivement avec le matériel du fabricant américain. Une entreprise qui souhaite déployer ces robots ne peut pas basculer l’exécution de ses algorithmes sur des processeurs AMD Instinct, des TPU de Google ou des puces sur-mesure. La stratégie de lock-in mise en place par Nvidia interdit toute démarche de multi-cloud ou de mise en concurrence tarifaire.
Par conséquent, cette contrainte isole l’acheteur face aux hausses de prix de la puissance de calcul. La feuille de route opérationnelle des entreprises dépend entièrement des délais de livraison du fournisseur. Le chantier du centre de données de Barstow pourrait subir des retards d’approvisionnement électrique d’ici fin 2027. Les clients finaux ne disposeront alors d’aucun recours technique pour migrer leurs charges de travail vers une autre architecture.
Le risque de dépendance fait déjà l’objet de surveillance réglementaire. Les décideurs doivent intégrer ce risque de lock-in spécifique à Nvidia dans leurs calculs de coûts réels d’exploitation. Avant d’engager leurs systèmes d’information.

Bien sûr, un milliard de dollars promis ne font pas tourner des usines. Malgré la valorisation de Figure AI et les promesses d’infrastructure de Nscale, les retours sur investissement réels des robots en entreprise restent totalement inconnus. Céder aujourd’hui à la surenchère technique signifie donc accepter le risque de lock-in orchestré par Nvidia. Sans la moindre garantie de gain opérationnel. Le vrai test aura lieu au second semestre 2027 sur le site de Barstow. Il faudra alors vérifier si ces machines créent de la valeur sur les lignes de production ou si elles se contentent de monopoliser votre budget informatique.
- Partager l'article :