Les États-Unis deviennent de plus en plus paranoïaques. Robots humanoïdes, aspirateurs intelligents, tondeuses autonomes ou encore droïdes de livraison… Pour eux, tous sont désormais une menace pour la sécurité nationale lorsqu’ils sont fabriqués à l’étranger.
Le 28 juillet 2026, la Commission fédérale des communications (FCC) a été claire. Les appareils robotiques avancés, dont les robots mobiles, sont désormais dans la liste des produits interdits d’importation.
Apparemment, ces machines pourraient créer des failles dans la chaîne d’approvisionnement américaine s’ils étaient utilisés par des gouvernements hostiles. Enfin… selon un groupe de travail interministériel réuni par la Maison-Blanche.
Les données qu’ils collectent au quotidien pourraient également devenir une mine d’or pour des campagnes d’espionnage ou des cybercriminels. La Maison-Blanche évoque ainsi un risque de cybersécurité susceptible de compromettre des infrastructures essentielles du pays.
Les appareils désormais interdits aux Etats-Unis
La nouvelle réglementation ne concerne pas les appareils déjà commercialisés aux États-Unis. Seuls les futurs modèles sont visés.
La FCC interdit aussi bien les robots entièrement assemblés à l’étranger que ceux montés sur le territoire américain. Si, bien sûr, plus de 35 % de leurs composants proviennent de l’extérieur des États-Unis.
Des exceptions restent possibles. Mais uniquement si le Pentagone ou le Département de la Sécurité intérieure (DHS) jugent qu’un produit ne présente aucun danger. Pour la sécurité nationale donc.
La liste noire s’étend également aux onduleurs fabriqués à l’étranger. Ces équipements, essentiels pour convertir l’électricité produite par des panneaux solaires ou stockée dans des batteries, inquiètent Washington.
L’administration Trump craint qu’ils puissent être utilisés pour perturber le réseau électrique américain en cas de tensions géopolitiques. Voire provoquer des coupures de courant massives.
Cette décision s’ajoute aux restrictions déjà imposées à plusieurs géants chinois comme Huawei et ZTE. Eux aussi accusés de représenter un risque pour la sécurité nationale.
Ce n’est pas tout
Il ne faut pas imaginer que seuls les robots humanoïdes sont touchés. Comme l’a confirmé Katie Gorscak, responsable des relations presse de la FCC, auprès de The Verge, les aspirateurs robots sont également concernés.
Plus largement, la mesure s’applique à tout appareil mobile de plus de deux kilogrammes, station de recharge comprise, capable d’analyser son environnement et équipé d’une connexion sans fil. Les tondeuses autonomes, les robots de livraison et d’autres machines similaires sont donc eux aussi dans la liste.
Là encore, les appareils déjà homologués ou déjà présents dans les foyers américains ne sont pas remis en cause. L’interdiction cible uniquement les nouveaux produits qui souhaiteront obtenir une autorisation de commercialisation aux États-Unis.
Pour défendre cette nouvelle politique, Washington met notamment en avant un incident survenu en février dernier. L’ingénieur français Sammy Azdoufal avait alors découvert une faille de sécurité touchant les aspirateurs robots de DJI.
En exploitant cette vulnérabilité, il était parvenu à prendre le contrôle d’environ 7 000 appareils. Pour les autorités américaines, cet épisode est la preuve qu’un simple aspirateur connecté peut devenir une porte d’entrée vers des risques de cybersécurité.
La riposte de la Chine
Sans jamais la nommer directement, il est clair que cette mesure vise la Chine. Le pays est aujourd’hui le principal fournisseur mondial de robots humanoïdes destinés au marché américain. Notamment pour les secteurs industriels, où ces machines sont utilisées dans les usines ou les entrepôts.
Vous devinez donc que la réaction du pays n’a pas tardé. Pékin accuse Washington d’utiliser la sécurité nationale comme prétexte pour freiner les entreprises chinoises. Cela, plutôt que pour répondre à une véritable menace.
La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, l’a avoué clairement. Seulement, selon elle, cette stratégie protectionniste ne renforcera pas la compétitivité américaine .
Elle risque surtout de pénaliser les entreprises locales ainsi que les consommateurs américains.
Quoi qu’il en soit, il est clair que cette décision pourrait bouleverser le marché des aspirateurs robots. Lui qui est largement dominé par des fabricants chinois comme Roborock, Ecovacs, Dreame, Xiaomi ou Narwal.
Même Roomba pourrait être impacté. Bien que la marque soit américaine, elle appartient désormais à Picea Robotics. Un sous-traitant chinois qui fabrique ces appareils dans ses usines de Shenzhen. Les futurs modèles pourraient donc eux aussi être exclus du marché américain.
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