L’Union européenne veut mettre un coup de frein à l’hyperconnexion des plus jeunes. Les eurodéputés proposent une règle choc. Il n’y aura plus de réseaux sociaux, ni de ChatGPT, avant 16 ans. C’est évidemment un débat explosif qui pourrait bien bouleverser le quotidien de millions d’ados et celui des parents.
Utiliser ChatGPT est devenu un réflexe pour les jeunes. Que ce soit pour faire un devoir à la dernière minute, réviser un oral, trouver une idée de cadeau ou juste s’éviter un casse-tête, l’IA est indispensable pour eux. Et certains vont même plus loin. Ils lui parlent comme à un ami, histoire de vider leur sac ou de chercher un conseil express. Une habitude installée qui pourrait bien être bousculée par les nouvelles ambitions de l’Union européenne.
ChatGPT interdit au moins de 16 ans ? Une idée qui fait trembler l’écosystème numérique
L’Europe n’a peut-être pas inventé les réseaux sociaux, mais elle adore les recadrer. Cette fois, le Parlement européen s’attaque à un sujet particulièrement sensible : l’âge minimum pour accéder aux plateformes et aux agents conversationnels. Et la proposition fait déjà grincer des dents. Parce que les députés veulent fixer la majorité numérique à 16 ans, histoire de calmer la frénésie TikTok-Snap-Insta et désormais ChatGPT.
L’annonce tombe comme un coup de massue. Car aujourd’hui, accéder à un réseau social n’a rien d’un parcours du combattant. Un mail, une date de naissance arrangeante, et c’est parti. Mais selon les parlementaires européens, il est temps de revoir les choses en grand. Et vite.
Pourquoi ce tour de vis ? Parce que 25 % des mineurs utiliseraient leur smartphone de manière problématique. On parle de comportements addictifs, de difficultés de concentration, de gamification poussée ou encore de stratégies de rétention agressives. Bref, ce n’est pas vraiment le combo gagnant pour la santé mentale des jeunes.
Pour ces élus, les pratiques en ligne doivent évoluer. Ils demandent l’interdiction des mécanismes les plus addictifs, notamment les systèmes de récompense, les loops sans fin. Et surtout ce fameux pull-to-refresh qui transforme certaines applis en véritables machines à dopamine.
L’idée est de créer des espaces plus sains. Et éviter que les enfants et ados ne deviennent dépendants à des contenus taillés sur mesure pour les garder scotchés à l’écran.
Les PDG des plateformes dans le viseur : une révolution ?
Mais la résolution ne s’arrête pas à chatGPT interdit au moins de 16 ans. Les eurodéputés veulent également mettre la pression sur les géants de la tech. Et pas de manière symbolique. Ils demandent que les grands patrons soient personnellement responsables en cas de violations répétées des règles européennes. C’est une première.
Le fonctionnement ? Si une plateforme ne respecte pas la protection des mineurs, alors les dirigeants ne pourront plus se cacher derrière la machine. Même chose si la vérification de l’âge est bâclée, ou si les pratiques commerciales restent douteuses. Ce changement radical pourrait évidemment rebattre les cartes dans les négociations futures.
Les députés soulèvent aussi une autre inquiétude, notamment sur les dérives possibles de l’IA générative. Entre deepfakes, agents conversationnels, chatbots de compagnie ou applications capables de créer des images sans consentement, les risques explosent. L’UE veut donc s’armer avant que ces technologies ne dépassent le cadre.
Pour l’instant, la résolution n’a pas valeur de loi. Elle sert plutôt de signal fort envoyé à la Commission européenne, seule habilitée à proposer un texte contraignant pour les 27 États membres. Et elle s’inscrit dans une réflexion déjà lancée par Ursula von der Leyen autour d’une majorité numérique harmonisée.
Par ailleurs, en France, la majorité numérique existe déjà. Les moins de 15 ans doivent avoir une autorisation parentale pour s’inscrire. Mais l’Europe veut aller plus loin. Mais est-ce que les ados seront-ils prêts à lâcher leurs applis préférées ?
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