Taylor Swift se retrouve depuis plusieurs années au centre des débats autour des imitations générées par l’IA. Et elle redouble aujourd’hui d’efforts pour verrouiller son image et sa voix face aux contrefaçons.
La semaine dernière, l’équipe de la chanteuse a déposé plusieurs demandes d’enregistrement de marques. Elle espère ainsi protéger deux expressions bien connues de ses fans : « Hey, it’s Taylor Swift » et « Hey, it’s Taylor ».
Taylor Swift marque ses œuvres
Pour tout vous dire, ces demandes ont été effectuées via TAS Rights Management. Elles s’appuient notamment sur des extraits audio issus de contenus promotionnels liés à son dernier album. Dans l’un d’eux, on entend Taylor Swift annoncer elle-même :
« Hey, it’s Taylor Swift, and you can listen to my new album The Life of a Showgirl on demand on Amazon Music Unlimited ».
En parallèle, une autre demande concerne une photographie de l’artiste sur scène, décrite avec précision, guitare rose en main et tenue de scène brillante. Son équipe n’a pas officiellement lié ces démarches à la menace de l’IA. Pour autant, difficile de ne pas faire le rapprochement.
Taylor Swift a déjà été confrontée à des morceaux générés artificiellement imitant des artistes mais aussi à des deepfakes à caractère sexuel. Un terrain particulièrement sensible qui a renforcé les inquiétudes autour de son image.
Rien ne garantit cependant que ces nouvelles stratégies juridiques seront réellement efficaces. Le problème de fond est simple. Le droit d’auteur protège une œuvre, pas une voix. Résultat, les artistes se retrouvent dans une zone grise face aux contenus générés par IA.
Certaines maisons de disques ont d’ailleurs déjà commencé à contourner ces limites en utilisant d’autres recours juridiques. Comme dans le cas d’un morceau imitant Drake, attaqué via des éléments de production présents dans l’audio.
Une stratégie efficace pour se protéger de l’IA ?
Pour plusieurs juristes, les marques déposées pourraient devenir une arme complémentaire. Elles permettraient de cibler non seulement les copies exactes, mais aussi les imitations « susceptibles de prêter à confusion ».
Une photo officielle ou une phrase emblématique pourrait ainsi servir de point d’appui juridique contre des contenus générés par IA trop proches de la réalité. D’autres célébrités, comme Matthew McConaughey, ont d’ailleurs déjà commencé à protéger des répliques célèbres de leur répertoire.
Toutefois, tout le monde n’est pas convaincu. Certains experts en droit estiment que l’utilisation de simples phrases comme marque reste juridiquement fragile. Surtout si elles ne fonctionnent pas comme un véritable signal distinctif, à l’image d’un jingle ou d’un logo sonore.
Dans ce contexte, les marques déposées pourraient surtout jouer un rôle de dissuasion. Pas forcément imparable devant un tribunal, mais suffisamment officiel pour refroidir les imitateurs les moins rigoureux.
Et Taylor Swift n’est pas démunie. Entre le droit à l’image, les lois contre la publicité trompeuse et ses nombreuses marques déjà enregistrées sur son nom, elle dispose déjà d’un arsenal juridique conséquent.
Evidemment, le cadre légal n’évolue pas aussi vite que les outils d’IA. À ce jour, seules quelques législations locales commencent à encadrer les voix synthétiques. Et les plateformes comme YouTube ciblent surtout les visages plutôt que les voix.
Tant que ce vide juridique persiste, les artistes devront continuer à bricoler entre différentes stratégies pour protéger ce qui fait leur identité…
- Partager l'article :

