Geoffrey Hinton tire la sonnette d’alarme sur les dangers du chômage massif induit par l’IA. Alors qu’Elon Musk s’enrichit, il plaide pour une société où la technologie profite à tous, pas seulement à l’élite.
La technologie progresse rapidement et enrichit les géants de la tech. Lors d’une interview à Wall Street Week sur Bloomberg TV, Hinton explique que l’automatisation augmente les profits. Cette automatisation remplace des millions de travailleurs dans les grandes entreprises. Le vrai danger ne vient pas de l’IA, mais réside dans l’organisation sociale et économique qui encadre son utilisation.
Le chômage dépend davantage des choix humains que de l’IA
« Je crois que les grandes entreprises misent sur l’IA pour remplacer massivement des emplois et maximiser leurs profits », a déclaré Hinton.
Microsoft, Meta, Alphabet et Amazon prévoient d’augmenter leurs investissements de 360 à 420 milliards de dollars l’année prochaine, selon Bloomberg. Hinton a affirmé que ces investissements ne pourraient produire de bénéfices significatifs sans réduire la main-d’œuvre humaine.
« Pour gagner de l’argent, il faudra remplacer le travail humain », a-t-il averti. Loin d’attaquer la technologie, le chercheur met en évidence les choix sociétaux qui déterminent la manière dont l’IA influence le chômage et son exploitation. Car le véritable problème ne réside pas dans les algorithmes, mais dans la structure de la société.
Comparaison avec Tchernobyl, un avertissement sur les dérives
Le pionnier de l’IA a comparé une expansion non régulée de cette technologie à un « Tchernobyl », avertissant d’impacts catastrophiques pires que le chômage. Des avancées technologiques incontrôlées exigent une régulation urgente et stricte.
Comme la catastrophe nucléaire de 1986, l’IA pourrait provoquer rapidement des désastres si elle échappe à tout contrôle. Cette technologie peut néanmoins générer d’immenses bénéfices dans des domaines essentiels tels que la santé et l’éducation. Elle pourrait accroître la productivité, améliorer les soins médicaux et faciliter l’accès au savoir.
Il regrette que la technologie serve surtout à réduire les coûts et enrichir une minorité, au lieu de valoriser l’humain. L’IA pourrait au contraire développer le potentiel humain et diminuer les inégalités, mais elle reste souvent mal exploitée.
Mesures politiques et coopération pour atténuer les risques
Hinton plaide ainsi pour des mesures politiques et propose le revenu universel. Il renforce la protection des travailleurs et redéfinit les valeurs du travail dans une économie automatisée.
Il souligne l’importance d’une coopération internationale solide pour réguler le développement des systèmes surintelligents, garantissant leur conformité aux valeurs humaines. Cette coordination mondiale prévient les dérives technologiques tout en assurant que l’innovation profite équitablement à l’ensemble de la société.
Les premiers signes de cette tendance apparaissent déjà. Depuis le lancement de ChatGPT, les offres d’emploi ont diminué d’environ 30 % dans certaines catégories, notamment pour les postes débutants.
Amazon a récemment annoncé 14 000 suppressions de postes, principalement au niveau du middle management. Le PDG Andy Jassy a évoqué des raisons liées à la culture d’entreprise. Or, un mémo interne prévoyait déjà un effectif plus réduit grâce aux gains d’efficacité apportés par l’IA.
Hinton reconnaît la complexité des décisions à prendre. Contrairement aux armes nucléaires, qui ne servent qu’à des fins destructrices, l’IA offre des opportunités considérables.
Toutefois, sa mise en œuvre doit être guidée par un cadre social et politique clair. « C’est une décision difficile, car l’IA peut apporter d’immenses bienfaits. Mais si nous ne réorganisons pas notre société, elle enrichira quelques-uns tout en laissant des millions sur le carreau », résume-t-il.
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