Aujourd’hui, la peur d’être remplacé par l’IA, presque tout le monde le ressent… Sauf Jeff Bezos, visiblement. Au contraire, lui qui est le PDG d’Amazon, il estime que les salariés devraient presque remercier l’IA de débarquer dans leur quotidien.
Lors d’un long entretien accordé à CNBC, le fondateur d’Amazon et de Blue Origin a assuré que l’IA allait provoquer un immense bouleversement économique. Mais selon lui, cette révolution mènerait surtout vers une période d’abondance. Une vision très optimiste, forcément plus facile à défendre quand on possède déjà plusieurs milliards de dollars.
Pourquoi Jeff Bezos est très optimiste envers l’IA ?
Pour illustrer son idée, Bezos a comparé l’IA à un bulldozer offert à quelqu’un qui creuse encore les fondations de sa maison à la pelle. Selon lui, cette technologie va surtout faire exploser la productivité et “valoriser” les travailleurs au lieu de les remplacer.
Et je dois avouer que, d’un point de vue, il n’a pas tort. Seulement, cette promesse tombe au moment même où de nombreuses entreprises licencient déjà des employés au profit de l’automatisation.
Le milliardaire va même plus loin. Il imagine un futur où certaines personnes quitteraient volontairement leur emploi. Pourquoi ? Simplement parce que les biens coûteraient moins cher grâce à l’IA.
D’après lui, dans de nombreux foyers à deux revenus, un conjoint pourrait abandonner le marché du travail sans difficulté. Nourriture, logement, construction… tout deviendrait progressivement moins coûteux.
Mais à condition, selon lui, de ne pas freiner le développement de cette technologie avec trop de régulation. Le problème, c’est que cette vision ultra-positive se heurte à la réalité actuelle.
Une vision qui ne tient la route
Les prix continuent d’augmenter dans plusieurs secteurs, y compris sur les plateformes d’Amazon. En parallèle, comme dit tout haut, des milliers de postes disparaissent déjà sous prétexte d’efficacité technologique.
Pourtant, beaucoup d’outils IA peinent encore à démontrer de véritables gains de productivité. Pour certains critiques, la comparaison avec le bulldozer ressemble donc davantage à une machine qui écrase les travailleurs qu’à un outil qui les aide réellement.
Malgré cette réalité, même l’idée d’une éventuelle bulle financière autour de l’IA ne semble pas inquiéter Bezos. Selon lui, même si cette frénésie d’investissements devait mal tourner, elle resterait bénéfique car elle pousse les entreprises à injecter des milliards dans l’innovation.
Cette position soulève des questions sur les intérêts personnels du patron d’Amazon. Car pendant qu’il défend une IA “libérée” des contraintes réglementaires, ses propres projets profitent pleinement de cet enthousiasme.
Sa société de robotique et d’intelligence artificielle, Project Prometheus, aurait récemment levé près de 10 milliards de dollars en seulement quelques mois. Difficile, dans ce contexte, de ne pas voir un certain alignement entre son discours et ses intérêts financiers.
Bezos s’est d’ailleurs exprimé sur la fiscalité des ultra-riches. Selon lui, augmenter massivement les impôts des milliardaires ne résoudrait pas les difficultés économiques des classes moyennes. Une déclaration qui rappelle les révélations de ProPublica publiées en 2021.
L’enquête expliquait notamment comment certains milliardaires, dont Bezos, utilisaient des prêts adossés à leurs actions pour réduire drastiquement leurs impôts. D’après ces travaux, son taux d’imposition réel était inférieur à 1 % sur une partie de sa fortune.
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