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Robotique : qu’est-ce que c’est et quel lien avec l’IA et le Big Data ?

La robotique est une technologie en plein essor. Découvrez tout ce que vous devez savoir : définition, cas d’usage, différents types… et le lien entre les robots et l’IA, le Big Data ou le Cloud Computing.

La robotique est à la croisée de la science, de l’ingénierie et de la technologie. Cette discipline est dédiée à la conception, à la construction et à l’utilisation de machines répliquant des actions humaines : les robots.

À l’origine, les robots étaient des machines très simples uniquement capables d’effectuer une seule action. Au fil des années, ces machines gagnent des capacités mécaniques et intellectuelles les rapprochant des robots imaginés par les auteurs de science-fiction…

Qu’est-ce qu’un robot ?

Un robot est une machine programmable, créée pour assister les humains ou pour imiter les actions humaines. Les premiers robots étaient fabriqués pour effectuer des tâches monotones, comme l’assemblage de voitures sur une chaîne de montage.

Depuis, ils se sont étendus bien au-delà de ce rôle initial. Les robots sont aujourd’hui capables de combattre le feu, de nettoyer des maisons, ou d’assister l’humain pour les opérations chirurgicales les plus complexes.

Il existe différents types de robots, avec un niveau d’autonomie variable. Certains sont pleinement contrôlés par les humains, tandis que d’autres sont totalement autonomes et effectuent des tâches sans aucune intervention extérieure.

En 2005, 90% des robots se trouvaient sur les chaînes d’assemblage d’usines automobiles. Ces robots étaient de simples bras mécaniques dont la tâche était de visser ou de porter des pièces de voitures.

Aujourd’hui, la robotique s’est largement diversifiée. Certaines machines explorent les environnements les plus hostiles de la planète, d’autres assistent les forces de l’ordre, tandis que d’autres encore viennent en aide aux professionnels de la santé.

De manière générale, tous les robots sont des constructions mécaniques. C’est ce qui leur permet d’effectuer des tâches dans un environnement réel. Par exemple, les roues du rover Mars 2020 sont motorisés individuellement et constituées de titane pour l’aider à pratiquer le terrain difficile de la planète rouge.

Les robots requièrent aussi des composants électriques permettant d’alimenter et de contrôler. La plupart de ces machines embarquent une batterie.

Enfin, les robots reposent sur la programmation électronique. C’est ce qui les distingue de simples machines. Un programme informatique permet au robot de savoir comment effectuer une tâche.

À mesure que l’intelligence artificielle et l’informatique se développent, les robots offriront toujours plus d’opportunités. Grâce à l’essor de ces technologies, ils continueront d’être plus intelligents, plus flexibles, plus efficaces. L’industrie de la robotique présente donc d’innombrables promesses.

Quels sont les composants d’un robot ?

Un robot est composé de plusieurs éléments. Tout d’abord, le contrôleur est une unité de traitement central. Cet ordinateur est en quelque sorte le cerveau du robot. Il détermine les actions à effectuer dans une situation spécifique. Les contrôleurs peuvent être programmés pour effectuer des tâches très simples ou beaucoup plus complexes.

Des parties mécaniques permettent au robot de se déplacer de façon autonome, sans intervention humaine. Il s’agit généralement de roues et d’un moteur pour les propulser. Des composants peuvent aussi leur permettre d’interagir avec l’environnement, par exemple des pinces pour attraper des objets.

Les robots sont aussi équipés de capteurs, leur permettant de reconnaître leur environnement. Ce sont ces composants qui permettent par exemple à une machine de déterminer la taille ou la forme d’un objet, et de détecter des propriétés comme la chaleur ou le froid. Les données sont transmises aux processeurs, qui peuvent donc indiquer au robot les actions à effectuer.

Les différents types de robots

On distingue différents types de robots. Il existe des machines de toutes les tailles, de toutes les formes, pour une diversité de fonctionnalités presque infinie. En général, on distingue cinq types de robots.

Les robots  » pré-programmés «  agissent dans un environnement contrôlé au sein duquel ils effectuent des tâches simples et monotones. En guise d’exemple, on peut citer le fameux bras mécanique sur les chaînes d’assemblage. Ce type de machine n’a qu’une fonction, comme l’ouverture d’une porte ou l’insertion d’un composant dans le moteur. Son rôle est d’effectuer cette tâche plus vite, plus efficacement et plus longtemps qu’un humain.

Les robots humanoïdes sont des robots dont l’apparence ou le comportement sont similaires à ceux des humains. Ils effectuent généralement des activités humaines, par exemple courir, sauter ou porter des objets. Les humanoïdes les plus avancés ont des visages ou des expressions humaines. En guise d’exemples, on peut citer Sophia de Hanson Robotics et Atlas de Boston Dynamics.

Les robots autonomes fonctionnent de manière indépendante, sans l’intervention d’opérateurs humains. Ces robots sont généralement conçus pour effectuer des tâches au sein d’environnements ouverts ne nécessitant pas de supervision humaine. Grâce à des capteurs, ils perçoivent le monde autour d’eux. Ils utilisent ensuite des structures de prise de décision, généralement un ordinateur, pour choisir l’étape optimale à suivre en se basant sur les données et en fonction de la mission à effectuer.

Citons comme exemple l’aspirateur robot Roomba qui utilise des capteurs pour se déplacer librement dans la maison. Dans cette catégorie, on retrouve aussi les robots tondeuses, les robots hospitaliers, les drones autonomes ou les robots d’assistance médicale.

Les robots téléopérés sont une autre catégorie de robots semi-autonomes. Ils utilisent un réseau sans fil pour permettre aux humains de les contrôler à distance. En général, ces machines sont capables de fonctionner dans des conditions géographiques et climatiques extrêmes. En guise d’exemple, on peut citer les sous-marins contrôlés par les humains pour réparer des tuyaux sous-marins en cas de fuite pétrolière, ou les drones démineurs sur le champ de bataille.

La dernière catégorie de robots est les robots permettant d’augmenter ou de remplacer les capacités humaines. La science-fiction et la robotique se rejoignent dans ce domaine, et les robots permettront bientôt à l’humain de devenir plus rapide et plus fort. On peut citer comme exemples les prothèses robotiques ou les exosquelettes permettant de soulever des poids lourds.

Cas d’usage

Les robots sont déjà utilisés pour une large variété de cas d’usage dans tous les secteurs d’activité. Ils offrent une myriade de possibilités, et seront bientôt omniprésents autour de nous à mesure que la technologie progresse : sur les routes, dans les hôpitaux…

Les robots sont utilisés pour lutter contre les feux de forêt, pour aider les ouvriers dans les usines, ou même pour assister les chirurgiens pendant les opérations. Ils peuvent aussi tenir compagnie aux personnes âgées.

De plus en plus, les robots sont utilisés pour la livraison de colis ou de repas. Il existe également des robots domestiques notamment capables de passer l’aspirateur ou de tondre la pelouse. En cas de catastrophe naturelle, les robots sont utilisés pour mener des opérations de recherche. Dans les zones de combat, ils se chargent d’opérations de déminage.

Le secteur de la fabrication est probablement celui qui utilise la robotique depuis le plus longtemps. Depuis de nombreuses années, les robots testent et assemblent des produits tels que des voitures ou des équipements industriels. De même, les  » co-bots  » assistent les ouvriers humains. On estime que plus de trois millions de robots industriels sont en activité à l’heure actuelle.

De même, les robots sont largement utilisés dans le commerce de détail et par les entreprises de logistique. Ces machines sont exploitées dans les entrepôts et sur la route pour maximiser l’efficacité et accélérer les processus autant que possible. Ce sont les robots qui assurent les livraisons rapides, en attrapant les produits sur les étagères et en les transportant dans les entrepôts pour les empaqueter. Les robots livreurs autonomes sont de plus en plus nombreux, et permettent également d’accélérer les livraisons.

Les robots domestiques étaient jadis réservés aux oeuvres de science-fiction, mais font désormais partie du réel. De nombreux particuliers utilisent déjà des robots tondeuses et autres aspirateurs autonomes. Il ne s’agit que d’un début. Les géants asiatiques de la technologie comme Samsung et LG s’apprêtent à commercialiser des robots majordomes à tout faire, capables de prendre en charge toutes les corvées du foyer de manière automatisée.

Les voitures autonomes révolutionnent l’industrie du transport, et peuvent eux aussi être considérés comme des robots. Ces véhicules d’un genre nouveau combinent la robotique et la Data Science pour se déplacer sans intervention humaine. Les constructeurs comme Tesla, Ford, Waymo, Volkswagen et BMW investissent massivement dans cette innovation technologique pour nous permettre de voyager sans avoir besoin de conduire. De même, les entreprises comme Uber et Lyft développent des véhicules autonomes pour assurer des courses sans chauffeur humain.

Les robots sont de plus en plus présents dans l’industrie de la santé. Les machines assistent les chirurgiens, aident les humains à récupérer après une blessure lors de la thérapie de rééducation. En guise d’exemple, on peut citer les robots assistants créés par Toyota et capables d’aider un patient à retrouver sa capacité à marcher. De même, le robot TUG est conçu pour se déplacer de façon autonome dans l’hôpital pour livrer du matériel aux soignants.

À l’heure du COVID-19, les robots sont employés par les entreprises pharmaceutiques pour accélérer la lutte contre le virus. Ces robots préparent les tests PCR, et certains fabricants utilisent des machines pour produire des masques et des respirateurs.

Quelle est la différence entre robotique et IA ?

La robotique est souvent confondue à tort avec l’intelligence artificielle. En réalité, il s’agit de deux technologies tout à fait distinctes bien qu’elles puissent être entremêlées. Pour bien comprendre la différence entre les deux, il est important de commencer par définir chacune.

La robotique est la branche technologique des robots physiques. Il s’agit de machines programmables capables d’effectuer des actions de façon autonome ou semi-autonome. Ils interagissent avec le monde physique grâce à des capteurs.

On compte des exceptions comme les télérobots contrôlés à distance par un opérateur humain. En réalité, il est très difficile de définir avec précision ce qu’est un robot. Pour certains experts, un robot doit être capable de penser et de prendre des décisions.

Un exemple de robot très simple est le cobot. Il peut être programmé pour attraper un objet et le déplacer. Après avoir été programmé, il continuera à ramasser et à déplacer des objets de la même manière jusqu’à ce qu’on le désactive. Il s’agit d’une fonction autonome, car aucune intervention humaine n’est requise après la programmation. En revanche, il n’y a pas d’intelligence artificielle en jeu puisque le robot se contente d’effectuer la tâche pour laquelle il a été programmé initialement.

L’intelligence artificielle est une branche de l’informatique. Elle implique le développement de programmes informatiques capables d’effectuer des tâches nécessitant d’ordinaire une intelligence humaine. Les algorithmes IA peuvent apprendre, percevoir, résoudre des problèmes, comprendre le langage et raisonner logiquement.

L’IA est utilisée de multiples manières dans le monde moderne. Les moteurs de recherche comme Google, les moteurs de recommandation comme ceux d’Amazon et Netflix, les applications GPS reposent sur cette technologie.

Or, la majorité des programmes d’intelligence artificielle ne sont pas utilisés pour contrôler des robots. Même lorsque c’est le cas, les algorithmes IA ne sont qu’une partie d’un système robotique plus large incluant aussi des capteurs et de la programmation informatique traditionnelle.

L’intelligence artificielle implique souvent le Machine Learning, consistant à entraîner un algorithme pour réagir à un input spécifique d’une certaine façon en se basant sur les données. Dans tous les cas, la notion qui différencie l’IA de la programmation classique est justement  » l’intelligence « . Alors que les logiciels classiques suivent une séquence d’instruction prédéfinie, l’IA imite l’intelligence humaine dans une certaine mesure.

En guise d’exemple d’intelligence artificielle, on peut citer Deep Blue. Cette intelligence artificielle a triomphé du champion d’échecs Gary Kasparov en 1997. Plus récemment, l’intelligence artificielle AlphaGo de Google DeepMind a battu le champion du monde de jeu de Go, Lee Sedol , en 2016.

Ces deux IA n’ont pas d’éléments robotiques. C’est un humain qui se chargeait de déplacer les pièces pour elles.

Toutefois, il existe une passerelle entre la robotique et l’IA : les robots à intelligence artificielle. Il s’agit de robots directement contrôlés par des programmes IA.

Jusqu’à récemment, ce type de robots était extrêmement rare. Les robots industriels pouvaient uniquement être programmés pour effectuer des suites de mouvements répétitifs ne nécessitant pas d’IA. Ils étaient donc limités dans leurs fonctionnalités.

Les algorithmes IA permettent aux robots d’effectuer des tâches plus complexes. Par exemple, dans un entrepôt, un robot peut utiliser un algorithme pour se repérer dans l’espace et naviguer. Un drone peut utiliser la navigation autonome pour revenir à son point de départ lorsque sa batterie est vide. Un véhicule autonome utilise également l’IA pour détecter et éviter les obstacles sur la route.

Les cobots peuvent gagner en capacité grâce à l’IA. En y ajoutant une caméra, il est par exemple possible d’utiliser la technologie de vision par ordinateur (Computer Vision) pour lui conférer une perception visuelle.

La machine devient alors capable de reconnaitre différents types d’objets après avoir été entraînée à partir de données. Elle deviendra alors plus efficace et plus autonome dans l’entrepôt.

En général, les robots IA utilisent uniquement l’intelligence artificielle pour une tâche spécifique. Dans le cas du cobot, la technologie sert seulement à la détection d’objet. Les déplacements du robot ne sont pas directement contrôlés par l’IA, même si le détecteur d’objet les influence.

Comment le Big Data transforme-t-il la robotique ?

La robotique et le Big Data sont deux technologies en plein essor en ce début de siècle. On constate d’ailleurs une convergence entre les deux.

En réalité, comme le souligne Arthur Dubrawski, directeur du Auton Lab, «  la robotique depuis le départ a toujours été liée aux données « . En effet, la robotique consiste par définition à exécuter une séquence en boucle : sentir, planifier, agir.

Ainsi, les robots perçoivent leur environnement et les activités autour d’eux. Cette perception s’effectue par le biais de capteurs leur permettant de détecter ce qui se passe aux alentours.

La planification est nécessaire pour atteindre les objectifs fixés et maintenir un niveau de fiabilité dans un environnement complexe. Les actions sont effectuées en vue de parvenir à ces fins, et sont surveillées pour assurer leur bon déroulement.

Toutes ces différentes étapes impliquent un large volume de données. Les différents capteurs mesurent la distance, la position, simulent la vision ou le toucher. Ils génèrent donc de grandes quantités de données.

Selon Dubrawski,  » la technologie robotique propulsée par l’IA a toujours été liée à l’analyse de données depuis son apparition « . Les données sont collectées par les capteurs, et utilisées pour planifier les actions.

Au fil des dernières années, les processeurs ont beaucoup évolué et la vitesse de calcul a largement augmenté. Des milliards d’instructions peuvent être traitées en quelques microsecondes. Les GPU sont de plus en plus utilisés, parallèlement aux CPU. Ceci a permis d’augmenter la vitesse de traitement de données, et d’accroître l’utilisation de protocoles de Machine Learning pour les applications IA et robotique.

Une autre avancée notable est la baisse du coût des barrettes de mémoire et des disques durs. Il n’est plus nécessaire de stocker les données de façon centralisée, grâce à la technologie du Cloud Computing permettant de stocker les données dans une infrastructure distribuée et d’effectuer un traitement parallèle.

Par ailleurs, le Big Data permet aux robots IA d’apprendre à partir de véritables ensembles de données et non à partir d’échantillons. Par le passé, les machines devaient apprendre de nouveaux comportements à partir d’échantillons limités et d’une approche basée sur l’hypothèse. Désormais, à l’heure du Big Data, grâce aux vastes datasets, il y a suffisamment de données disponibles pour entraîner les robots.

Il existe par exemple de nombreux ensembles de données regroupant des extraits de voix humaine dans différents langages et dialectes. Les robots peuvent utiliser ces données pour apprendre le Traitement Naturel du Langage. Les ensembles de données sont décomposés pour identifier des mots et des phrases grâce à l’analyse Big Data.

De même, des datasets d’images sont utilisés pour l’entraînement des robots à la Computer Vision (vision par ordinateur). Les images sont analysées pour apprendre aux machines à reconnaître des éléments visuels.

Cloud Robotics : qu’est-ce que la robotique Cloud ?

La Cloud Robotics est un nouveau champ de la robotique. Il marie les technologies du Cloud Computing et du stockage Cloud pour augmenter les capacités des robots.

Ces derniers profitent de la puissance de calcul, de la capacité de stockage et des ressources de communication délivrées par les Data Centers modernes. De plus, la Cloud Robotics permet de se passer des opérations de maintenance et de mises à jour et réduit la dépendance aux custom middlewares.

Les robots bénéficient aussi de l’augmentation des taux de transfert de données. C’est particulièrement intéressant pour les robots mobiles nécessitant davantage d’énergie à cause des calculs effectués localement.

De manière plus générale, la Cloud Robotics peut désigner tous les aspects liés à internet de la robotique. On peut citer les tendances au partage en ligne de hardware et de software open source, le crowdfunding de projets ou la téléprésence.

L’histoire de la robotique

Le mot  » robot  » fut employé pour la première fois dans une pièce de théâtre tchèque écrite par Karl Capek en 1921 : R.U.R (Rossum’s Universal Robots). Dans cette pièce, des hommes mécaniques sont construits pour travailler à la chaîne dans des usines et finissent par se rebeller contre leurs créateurs humains. Ainsi, le terme est dérivé d’un mot tchèque désignant le travail forcé.

Le terme de robotique quant à lui fut utilisé pour la première fois par l’écrivain de science-fiction Isaac Asimov, dans une nouvelle écrite en 1940 intitulée Runabout. Dans cet ouvrage, l’auteur rédige trois lois qui influencent encore aujourd’hui le développement des robots modernes.

La première loi est qu’un robot ne doit jamais blesser un humain. La seconde est qu’un robot doit obéir aux ordres donnés par un humain, sauf s’ils entrent en conflit avec la première loi. La troisième loi veut que les robots protègent leurs propres existences à condition que cette protection n’entre pas en conflit avec la première ou la seconde loi.

Les robots imaginés par Asimov étaient similaires à des humains, et composés de matières chimiques. Ils étaient capables de penser, et dépassent de loin les machines actuelles du monde réel.

Toutefois, les premiers robots ont vu le jour plusieurs siècles avant Isaac Asimov. En 1478, Leonard de Vinci conceptualise et conçoit la première voiture automotrice. Il ne s’agissait à l’époque que d’un schéma, mais un groupe de chercheurs italiens a plus tard reproduit ce design comme modèle numérique et s’est aperçu qu’il fonctionne.

De son côté, le mathématicien anglais Alan Turing a marqué l’histoire de la robotique et de l’IA avec son  » jeu d’imitation « . Une invention qui a posé les bases de la recherche moderne dans ces deux domaines. Encore aujourd’hui, le Test de Turing est utilisé pour vérifier si une IA est capable de penser comme un être humain.

Dans les années 1950, George C.Devol originaire de Louisville dans le Kentucky a inventé un manipulateur reprogrammable dénommé  » Unimate  » pour  » Universal Automation  » (automatisation universelle).

Il passa la décennie suivante à tenter de vendre son invention, en vain. Plus tard, à la fin des années 1960, l’ingénieur Joseph Engelberger a acquis son brevet et l’a modifié pour donner naissance au tout premier robot industriel. Il fonda l’entreprise Unimation pour produire et commercialiser les robots. Cet effort couronné de succès lui vaut le statut de  » Père de la Robotique « .

En 1966, le MIT développe les premiers robots basés sur l’intelligence artificielle. Par la suite, en 1958, le Stanford Research Institute a créé et développé Shakey : un robot auto-dirigé dédié aux applications industrielles.

Plus polyvalent que l’Unimate, ce robot pouvait rouler dans une pièce, observer à l’aide de ses yeux robotiques, et même réagir à son environnement dans une certaine mesure.

Dans un premier temps, les robots restèrent largement réservés aux usines et laboratoires et se contentaient surtout de soulever des objets sur place. Au milieu des années 1980, Honda commence à développer un robot humanoïde : le P3. Il était capable de marcher et de serrer des mains.

Dans les années 1990, la robotique connaît un élan de dynamisme et plusieurs robots émergent. Toutefois, c’est dans les années 2000 que cette technologie explose réellement avec notamment le lancement du SmarterChild : un robot programmé au sein de AOL Messenger.

Aujourd’hui, de nombreux robots font leur apparition dans tous les domaines. Des innovations comme les capteurs Lidar et les caméras 3D permettent aux machines de se déplacer de façon autonome.

En 2013, Boston Dynamics a créé le robot humanoïde Atlas dans le cadre du Darpa Robotics Challenge. Cette machine a beaucoup été améliorée depuis, et elle est désormais capable de faire des flips arrières ou de danser.

De même, Boston Dynamics commercialise depuis peu son robot quadrupède dénommé Spot. Ce chien robot est si avancé qu’il est capable de se relever quand les humains le poussent ou le font tomber.

Avantages et inconvénients de la robotique

L’utilisation de la robotique en entreprise apporte à la fois des avantages et des inconvénients. L’un des points forts est que le taux de production augmente fortement, tandis que les produits obtenus présentent moins d’erreurs.

Les robots sont généralement plus fiables que les humains, et peuvent travailler à temps plein. Ils peuvent également travailler dans un environnement hostile et dangereux.

Une machine peut également effectuer des opérations chirurgicales avec une grande précision. Elle permet également de réaliser des économies de temps et d’argent par rapport à une main-d’œuvre humaine. Enfin, l’explosion de la demande va créer de nouvelles opportunités d’emploi dans le secteur de la robotique.

En termes d’inconvénients, les robots requièrent tout d’abord un investissement initial élevé pour l’installation et la configuration. Une haute expertise est nécessaire pour les maintenir et s’en occuper.

Le coût de maintenance en lui-même est très élevé. En outre, un simple dysfonctionnement dans le système d’exploitation et le logiciel du robot peut avoir des conséquences désastreuses.

De même, les menaces de cybersécurité envers les robots sont grandissantes. Les hackers s’intéressent de près à ces machines.

La peur du grand remplacement robotique

Grâce aux avancées effectuées dans la robotique et l’IA, les robots sont aujourd’hui capables d’effectuer de nombreuses tâches jadis réservées aux humains. Ils sont même capables d’effectuer ces tâches plus efficacement et à moindre coût.

Par conséquent, on peut craindre que l’Homme devienne obsolète face à la machine et se fasse remplacer dans tous les métiers. Lors d’une expérience, placer un robot parmi 1000 travailleurs humains a fait diminuer les salaires de 0,42. Le taux d’emploi a également baissé de 0,2%.

L’utilisation des robots dans l’industrie accroît la productivité, mais elle nuit en parallèle à l’emploi et aux salaires. Pourtant, l’adoption de la robotique en entreprise augmente de manière exponentielle.

À elle seule, l’industrie de l’automobile utilise 38% des robots, soit 7,5 robots pour 1000 employés. Celle de l’électronique en utilise 15%. L’industrie de la chimie en totalise 10%. Sans surprise, de nombreuses personnes ont été licenciées dans ces secteurs.

Robotique et opportunités d’emploi

L’industrie de la robotique en elle-même est promise à un riche avenir. De nouveaux métiers vont émerger au fil des années à venir.

L’automatisation, l’intelligence artificielle, le numérique, la bio-cybernétique, la géométrie computationnelle, la pharmacie sont autant de branches et de secteurs où l’expertise en robotique sera de plus en plus recherchée.

Ainsi, les métiers de programmeur, ingénieur IA, ingénieur en Machine Learning, ingénieur mécanique / électrique et bien d’autres encore seront de plus en plus convoités dans toutes les industries…

Quel futur pour la robotique ?

Les robots sont de plus en plus sophistiqués. Toutefois, pour devenir réellement utiles, ils doivent devenir réellement autonomes. L’intelligence artificielle est donc essentielle pour le futur de la robotique.

Les techniques de Machine Learning comment l’apprentissage par renforcement permettent aux robots d’apprendre à effectuer des tâches de manière autonome, en essayant et en apprenant de leurs erreurs.

Une autre approche consiste à laisser l’IA d’un robot s’entraîner d’abord dans une simulation virtuelle pour ensuite transposer les compétences acquises dans le monde réel.

Les chercheurs de Google ont par exemple utilisé des vidéos de chiens pour programmer un chien simulé, et ont ensuite utilisé l’apprentissage par renforcement pour laisser un robot quadrupède apprendre les mêmes mouvements.

La robotique s’est révélée d’un précieux secours pendant la pandémie de Covid-19. Des robots ont été créés pour prêter main forte dans les hôpitaux, notamment pour prendre la température des patients ou leur apporter leurs médicaments. L’avantage est qu’un robot ne risque pas d’être infecté par un patient porteur du virus.

Cette technologie est destinée à transformer nos vies et notre monde. De nombreux experts attendent la singularité : le moment où les machines seront suffisamment avancées pour rendre l’humain obsolète. En résultera un changement sociétal majeur, qui se traduira probablement par une crise existentielle à l’échelle de l’humanité.

Certains craignent que les machines, devenues trop intelligentes grâce à l’IA, se retournent contre leurs créateurs humains ou deviennent incontrôlables. Les robots risquent aussi de devenir si performants qu’il n’y aura plus de place pour la majeure partie des humains sur le marché du travail.

Au contraire, les robots pourraient rendre nos existences paradisiaques en nous libérant de toute contrainte. Dans un monde où le travail serait effectué par les robots, nous pourrions consacrer tout notre temps au loisir et à la détente.

Dans tous les cas, la robotique aura un impact colossal et nos sociétés seront transformées en profondeur. Cette révolution a déjà commencé, et il est pour l’instant difficile de mesurer ses conséquences…

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