Et si l’IA devenait plus créative que l’humain ? La question dérange autant qu’elle fascine, car en 2026, cette technologie est prête à franchir un nouveau palier.
Nouvelle année, nouvelles promesses. Comme tous les mois de janvier, on dresse la liste. Faire plus de sport. Manger plus sain. Gagner plus d’argent, aussi, évidemment. Les bonnes résolutions s’empilent, souvent avec plus de motivation que de constance.
Et en ce début d’année, l’IA affiche aussi ses ambitions comme être plus rapide et plus créative. Beaucoup craignent même qu’elle nous dépasse dans le domaine de la créativité. Et, à certains égards, ce n’est peut-être pas qu’une crainte.
L’IA créative : ça existe ?
C’est la question que beaucoup se posent, tant l’IA nous bluffe aujourd’hui. Que ce soit en image, en vidéo ou en texte, les résultats impressionnent. Pourtant, l’étude publiée dans le Journal of Creative Behavior est bien catégorique à ce sujet. Selon elle, l’IA serait mathématiquement limitée, pas créative.
Son auteur, David Cropley, professeur d’innovation en ingénierie, estime que ses capacités créatives plafonnent. Pas au niveau des génies. Même pas à celui des grands artistes. Mais quelque part entre l’amateur éclairé et le professionnel moyen. C’est un peu rassurant, non ?
« Si l’IA peut imiter un comportement créatif, sa capacité réelle est plafonnée », explique-t-il. C’est-à-dire, elle copie très bien. Bien sûr, elle surprend parfois, mais elle ne crée pas au sens humain du terme.
Pourquoi ? Parce que la créativité ne se résume pas à produire quelque chose de nouveau. Elle implique l’intention, le risque et l’échec possible. Elle nécessite des notions profondément humaines. « Générer quelque chose n’est pas synonyme de créativité », insiste Cropley. Et il n’a pas tort. L’IA ne doute pas, vu qu’elle n’a rien à perdre.
Mais voilà le hic. Pour une grande partie du public, le résultat suffit. Si une image est belle, si un texte fonctionne, la question du pourquoi passe au second plan. Et c’est là que l’illusion opère.
Mais en 2026, la créativité se redéfinit
D’autres experts voient les choses autrement. Pour eux, la créativité n’a rien de mystique. Elle repose sur le principe de la recombinaison. Gor Gasparyan, PDG de Passionate Agency, le dit sans détour. Dans son travail, l’IA propose des idées inédites dans 80 % des cas. Des pistes que les humains n’avaient tout simplement pas vues.
Même analyse chez Iliya Rybchin, consultant en IA. « La créativité est presque exclusivement une question de combinatoire », affirme-t-il. Les humains remixent leur vécu, leurs lectures, leurs expériences. L’IA fait pareil, mais à une autre échelle.
James Lei, PDG de Sparrow, va encore plus loin. Pour lui, la créativité, c’est générer des options puis sélectionner les meilleures selon un objectif. Et sur ce terrain, l’IA est déjà redoutable dans plusieurs secteurs dont la publicité, la musique, le design ou encore le marketing. Dès que les critères sont clairs, elle excelle.
Alors, l’IA est plus créative que l’humain en 2026 ? Pas vraiment. Du moins, pas encore. Mais elle est plus efficace, plus prolifique et parfois plus surprenante. Et surtout, elle nous oblige à redéfinir ce que créer veut vraiment dire. Et ça, c’est peut-être le vrai choc créatif de cette décennie.
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