Les groupes extrémistes et terroristes recourent à l’intelligence artificielle pour recruter, financer et diffuser leur propagande.
L’intelligence artificielle s’est largement démocratisée, accessible désormais à tous, y compris aux profils terroristes. Des organisations, telles que l’État islamique (EI), Al-Qaïda ou des groupes néonazis comme The Base, exploitent cette technologie pour amplifier leurs activités criminelles. De leur côté, les agences antiterroristes peinent à suivre le rythme de cette menace.
L’intelligence artificielle peaufine la stratégie des terroristes
Plutôt que d’innover, l’intelligence artificielle affine les tactiques déjà éprouvées des groupes terroristes. Des IA génératives comme ChatGPT leur facilitent la création massive de contenus de propagande – vidéos, articles ou mèmes – destinés à séduire, choquer ou enrôler.
Cette stratégie numérique bien rodée est aussi un levier de recrutement dans les sphères jihadistes comme d’extrême droite.
Loin de dissimuler leurs intentions, certains terroristes revendiquent ouvertement leur utilisation de l’intelligence artificielle. L’État islamique (EI), par exemple, a diffusé sur des canaux cryptés un Guide des outils et risques de l’IA, à visée éducative pour ses partisans.
En 2024, un compte affilié à l’EI a relayé une vidéo générée par IA, expliquant pas à pas la fabrication d’explosifs artisanaux à partir de produits ménagers. Ce même réseau incite ses membres à recourir à l’intelligence artificielle comme conseiller virtuel dans la planification d’attentats, notamment à la voiture-bélier.
Sur le plan logistique, l’intelligence artificielle facilite le financement des activités terroristes, surtout via les cryptomonnaies. Des algorithmes avancés permettent de dissimuler les flux financiers et de contourner les mécanismes de traçabilité traditionnels.
La technologie assiste également dans la conception d’armements. À l’image de la création artistique, l’impression 3D pilotée par des systèmes intelligents, facilite la fabrication de pièces détachées destinées à l’assemblage d’armes.
Les agences antiterroristes piégées par la régulation à l’ère de l’IA
Les agences antiterroristes, du FBI à l’ONU, peinent à suivre le rythme. Leur supériorité technologique, longtemps décisive, s’effrite sous l’effet de la démocratisation des IA.
L’OTAN déploie cette technologie pour détecter les engins explosifs improvisés ou analyser des flux massifs de données issues de capteurs sur le terrain. Mais ces mêmes outils sont retournés par les groupes terroristes pour brouiller les radars.
En plus, les moyens manquent. Les coupes budgétaires aux États-Unis et ailleurs réduisent la marge de manœuvre des agences antiterroristes.
Pendant ce temps, les réseaux terroristes renforcent leurs communications grâce à des modulateurs de voix cryptés et des messageries sécurisées, parfois propulsées par l’intelligence artificielle.
Les agences, elles, dépendent de la modération des grandes plateformes Meta, OpenAI pour traquer les dérives. Mais la réglementation constitue un autre frein.
Contraints par des cadres juridiques stricts, les services antiterroristes doivent composer avec des obligations éthiques et des protocoles de validation. À l’inverse, les terroristes déploient l’intelligence artificielle sans entrave, avec une efficacité inquiétante.
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