Michael Burry revient sur le devant de la scène avec un avertissement. Selon lui, la bulle de l’IA explose déjà de l’intérieur. Au cœur de son alerte, un nom revient sans cesse : Nvidia. Selon lui, le champion incontesté des GPU répète aujourd’hui le destin de Cisco au sommet de la bulle Internet.
Michael Burry, c’est l’investisseur devenu une figure culte après avoir anticipé l’effondrement immobilier de 2008 (immortalisé dans The Big Short). Ainsi, il a décidé de s’attaquer à la bulle de l’IA. Pour lui, l’écosystème technologique est en train de refaire exactement les mêmes erreurs que lors de la bulle Internet. Et son suspect n°1 porte un nom que tout passionné de la tech prononce quotidiennement. C’est Nvidia.
Michael Burry face à la bulle de l’IA
Dans son premier article publié sur Substack, Michael Burry décrit le boom actuel comme une « glorieuse folie ». Celle-ci est dominée par une frénésie d’offre et d’innovations à tout-va. L’investisseur reconnaît pourtant la force créative du marché américain. C’est la capacité à laisser les entreprises innover sans limites, quitte à générer une avalanche de nouvelles structures… ou à pousser les géants à changer brutalement de cap stratégique.
L'investisseur financier Michael Burry, connu pour avoir anticipé la crise des subprimes et inspiré son propre personnage dans le film The Big Short mise un milliard de dollars contre les géants de l'IA.
— Noémie Halioua (@NaomiHalll) November 14, 2025
Il est convaincu que c'est une bulle sur le point d'éclater… pic.twitter.com/JG6uSwdvZz
Toutefois, cette dynamique nourrit des cycles d’euphorie qui finissent par exploser. Pour illustrer la répétition historique, Michael Burry rappelle qu’à la fin des années 90, quatre cavaliers dominaient le secteur. Notamment, Microsoft, Intel, Dell et Cisco. Aujourd’hui, cinq géants occupent ce rôle dans l’IA. Qui sont, Microsoft, Google, Meta, Amazon et Oracle.
Le « moment Cisco » qui pourrait faire vaciller Nvidia
Cisco avait été l’icône absolue de la bulle Internet. Son action avait bondi de 3 800 % avant de perdre plus de 80 %. Mais, Michael Burry estime que Nvidia rejoue aujourd’hui exactement le même scénario. Selon lui, la firme aux GPU est désormais l’épicentre du risque. Cela est porté par une valorisation d’environ 5 000 milliards de dollars. Sur X, il s’en prend régulièrement à la durée de vie réelle des puces et à la capacité de Nvidia à répondre durablement à la demande.
Son fonds, Scion Asset Management, a d’ailleurs misé plus d’un milliard de dollars sur des options de vente visant Nvidia et Palantir… avant que Michael Burry ne ferme discrètement Scion aux investisseurs extérieurs.
Par ailleurs, Michael Burry n’est pas le seul à craindre un « moment Cisco ». Lisa Shalett, directrice des investissements chez Morgan Stanley Wealth Management, alerte sur un phénomène de financement circulaire qui imbrique trop fortement les entreprises d’IA. Nvidia investit dans OpenAI et Anthropic, Anthropic réinvestit dans Azure, Microsoft profite des GPU Nvidia… Le cercle brasse des milliards et, selon elle, pourrait devenir fragile.
Nvidia, de son côté, contre-attaque. La directrice financière Colette Kress assure que les puces sont durables grâce à CUDA ; tandis que Jensen Huang balaie toute inquiétude. Celui-ci rappelle que l’entreprise n’a encore distribué aucun argent à ses partenaires et que leurs investissements restent marginaux au regard des revenus. Pour lui, « Nvidia est en train de réinventer l’informatique mondiale ».
- Partager l'article :
