Meta accusée d’avoir piraté des milliers de films porno pour entraîner ses modèles, dont Movie Gen et LLaMA. Un scandale à 359 millions de dollars.
Le 23 juillet 2025, Strike 3 Holdings et Counterlife Media ont déposé plainte contre Meta devant un tribunal fédéral de Californie. Les deux studios spécialisés dans le porno accusent le groupe d’avoir téléchargé illégalement près de 2 400 films protégés.
Une découverte née d’un autre procès
En janvier 2025, les producteurs de films porno opérant sous les marques Vixen, Tushy, Blacked ou Deeper tombent sur un autre dossier judiciaire visant Meta. Ce litige, lancé en 2023 par plusieurs auteurs dont Sarah Silverman et Ta-Nehisi Coates, accuse le groupe d’avoir utilisé des livres piratés pour entraîner son modèle LLaMA.
Meta aurait exploité des bibliothèques numériques illégales, notamment Library Genesis (LibGen), pour accéder à ces ouvrages. Cette révélation pousse Strike 3 Holdings et Counterlife Media à examiner leurs propres données, collectées via leur logiciel de détection des infractions, VXN Scan.
En fouillant le trafic BitTorrent, les deux plaignants identifient 47 adresses IP liées à Meta. Certaines appartiennent à ses centres de données, d’autres à une adresse résidentielle associée à un employé du groupe.
La plainte précise que ce géant du tech aurait également utilisé des IP hors infrastructure (off-infra) et des VPN pour masquer ses activités. L’usage d’une adresse personnelle renforce les soupçons de contournement délibéré du droit d’auteur.
Meta n’aurait pas seulement téléchargé les films porno concernés. L’entreprise les aurait aussi diffusés activement sur BitTorrent, un acte connu sous le nom de seeding. Ces partages remonteraient à 2018, souvent le jour même de la sortie des vidéos.
Améliorer l’IA de Meta… puis concurrencer les studios pornos
Selon les plaignants, Meta aurait téléchargé au moins 81,7 téraoctets de films porno. C’est l’équivalent de milliers d’heures de séquences protégées, au style visuel unique.
Ces vidéos incluent des scènes longues sans montage, des expressions faciales spontanées et des interactions humaines naturelles. Autant de données précieuses pour entraîner des modèles d’IA comme Meta Movie Gen.
Ces contenus auraient permis à l’IA de Meta de mieux simuler les mouvements du corps, les comportements visuels et les micro-réactions difficiles à reproduire à partir de films classiques.
Par ailleurs, les studios de production craignent désormais que les IA de Meta puissent produire des vidéos pour porno à faible coût, voire gratuitement.
Les plaignants réclament jusqu’à 150 000 dollars de dommages par film piraté. Soit un total potentiel de 359 millions de dollars pour les 2 396 œuvres concernées.
Ils demandent également une injonction pour interdire à Meta toute nouvelle utilisation ou diffusion de ces vidéos, ainsi que la destruction complète des copies déjà en sa possession.
À ce jour, Meta n’a pas réagi publiquement. Les faits allégués devront encore être examinés devant les tribunaux.
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