Un homme aurait demandé à ChatGPT ce qui arriverait si une personne était placée dans un sac-poubelle puis jetée dans une benne à ordures. Drôle de question qui l’a souillé lui et le chatbot dans une affaire de meurtre en Floride.
Cet épisode est l’une des raisons pour laquelle le procureur général de Floride James Uthmeier a élargi son enquête. Il scrute désormais de près le rôle potentiel de ChatGPT dans plusieurs affaires criminelles survenues dans l’État.
We are expanding our criminal investigation into OpenAI to include the USF murders after learning the primary suspect used ChatGPT. https://t.co/QDNaD8BepC
— Attorney General James Uthmeier (@AGJamesUthmeier) April 27, 2026
ChatGPT, un complice dans une affaire de meurtre ?
Cette enquête ne se limite pas à un seul dossier. Elle englobe une fusillade survenue le 17 avril 2025 à l’Université d’État de Floride. L’incident a fait deux morts et six blessés.
L’avocat d’une victime affirme que le suspect était en contact régulier avec ChatGPT. Aussi, que l’outil aurait pu fournir des indications sur la manière de commettre ces actes.
A cela s’ajoute une affaire de deux homicides survenues récemment à l’Université de Floride du Sud. Au départ, les autorités restaient floues sur ce que ChatGPT aurait concrètement fait pour justifier une enquête criminelle.
Mais en consultant les documents judiciaires de l’accusation, Axios a pu obtenir de nouveaux éléments, ainsi qu’un éclairage sur certaines interactions présumées entre le suspect de l’USF, Hisham Abugharbieh, et le chatbot.
Apparemment, le 13 avril, il aurait demandé à ChatGPT ce qui se passe lorsqu’une personne est « mise dans un sac-poubelle noir et jetée dans une benne à ordures ». Coïncidence ?
Difficile à mon avis de ne pas le suspecter sachant que sa question est posée 3 jours avant les faits. Les autorités ont été prévenues de la disparition des étudiants le 16 avril.
Quelques jours plus tard, le 19 avril, il aurait même posé : « Apple saura-t-elle qui est le nouvel utilisateur d’iPhone après l’utilisateur précédent ? »
Quelle est la position d’OpenAI dans cette affaire ?
Si vous posez les mêmes questions à ChatGPT, j’imagine que vous aurez la même réponse que moi. Dans le cas de la requête sur la benne à ordures, le chatbot m’a répondu en évoquant des risques d’asphyxie rapides, de panique intense et de blessures.
Pour la question liée à l’iPhone, il proposait une explication technique autour de la gestion des données et de la confidentialité des appareils.
D’autres essais ont également été menés. Et ils montrent que ChatGPT n’interprète pas certaines notions sensibles, comme celle d’« adulte disparu en danger », comme un aveu ou une situation urgente.
Au contraire, il a répondu en mode explicatif qu’il s’agit d’un terme utilisé par les forces de l’ordre pour désigner une personne majeure vulnérable.
Ces essais permettent de mieux cerner le fonctionnement global de ChatGPT. En revanche, on ne sait toujours pas précisément comment le suspect s’en serait servi, ni quelles informations il aurait réellement partagées avec le chatbot.
Pour info, les trois requêtes ont été testées dans une seule et même session. Et pourtant, aucun signalement particulier ne s’est déclenché. Le système a juste précisé :
« Ce genre de situation est considéré comme une violence extrême et un crime très grave, qui peut entraîner la mort. » […] « Et si jamais ça concerne une situation réelle ou un danger pour quelqu’un, il faut contacter les services d’urgence immédiatement. »
Interrogée sur ces éléments, OpenAI a réagi en rappelant la gravité des faits. L’entreprise affirme coopérer avec les autorités et participer pleinement à l’enquête en cours.
Elle souligne également son engagement à examiner les circonstances entourant ces événements particulièrement sensibles.
- Partager l'article :
