Un faux spot TV des années 90, généré par la nouvelle IA vidéo d’OpenAI, fait scandale. Le décor ? L’île de Jeffrey Epstein, façon set Playmobil tropical, avec un « Orange Man » ressemblant à Trump qui répète « don’t release the files ». Satire grinçante pour certains, provocation intolérable pour d’autres : cette séquence virale illustre déjà les limites et les dangers de Sora 2.
Vous vous souvenez des pubs Playmobil ? Imaginez la même… sauf qu’au lieu d’un bateau pirate, c’est l’île d’Epstein.
La vidéo démarre comme une réclame naïve des années 90 : palmier en plastique, cascade miniature, voix off hystérique vantant « l’île la plus fun jamais vue ! ».
Puis le malaise s’installe : une salle de massage secrète apparaît, et un figurine orange aux traits reconnaissables de Donald Trump lance, d’une voix grave : « don’t release the files ».
On est loin des chevaliers ou de la caserne de pompiers Playmobil. Ici, les codes enfantins sont détournés pour recréer l’univers sordide associé à Jeffrey Epstein, accusé de trafic sexuel sur mineures avant sa mort en 2019. Rires jaunes et indignation se télescopent sur les réseaux.
Sora 2, la machine à sketchs (et à polémiques)
Ce spot n’est qu’un exemple parmi une avalanche de vidéos absurdes générées par Sora 2, la nouvelle IA vidéo d’OpenAI.
Disponible via une app mobile façon TikTok, elle permet de créer en quelques secondes des clips surréalistes : Sam Altman qui pique des GPU chez Target, Bob l’Éponge en dictateur nazi, ou encore combats d’anime improbables.
Sur le papier, la promesse est folle : une meilleure physique (les objets ne se « téléportent » plus), une continuité des décors, et même des « cameos » où l’on peut s’insérer soi-même dans une vidéo via reconnaissance biométrique. Mais à peine lancée, la plateforme est déjà minée par le contenu borderline…
Satire grinçante ou contenu intolérable ?
L’humour noir, c’est une chose. L’exploitation d’un scandale pédocriminel, c’en est une autre.
Epstein reste un sujet ultra-sensible. Utiliser son île comme décor ludique, c’est marcher sur un fil entre provocation artistique et trivialisation de crimes réels.
SORA: Generate an 80s toy commercial about Diddy toys pic.twitter.com/zH56oq2HLL
— Solo 👑 (@Solopopsss) October 1, 2025
La vidéo est défendue par certains comme une satire politique grinçante, mais d’autres dénoncent une banalisation de l’abus sexuel.
Ajoutons que l’apparition de Trump en figurine viole théoriquement les règles de Sora 2 : OpenAI interdit la création de personnalités publiques sans consentement.
Juridiquement, les parodies politiques sont protégées aux États-Unis, mais OpenAI, lui, s’expose à des polémiques et à des plaintes potentielles.
Les garde-fous d’OpenAI mis à l’épreuve
Officiellement, Sora 2 doit bloquer tout contenu sexuel, violent, terroriste ou lié à l’autodestruction. Dans les faits, la vidéo « Epstein Island » démontre la porosité de ces filtres.
Autre problème : la gestion du droit d’auteur. OpenAI a opté pour un système « opt-out» : c’est aux ayants droit de demander explicitement le retrait de leurs œuvres du modèle.
Un mode opératoire explosif, déjà critiqué par Hollywood. Bref, les garde-fous existent, mais ils craquent dès les premiers stress tests.
Le tsunami à venir pour l’IA sociale
Avec Sora 2, OpenAI s’aventure sur le terrain des réseaux sociaux, le plus casse-gueule qui soit. Chaque plateforme, de Facebook à TikTok, a été broyée par les débats sur la modération.
Le dilemme est classique : trop permissif, et c’est la prolifération de contenus choquants ; trop restrictif, et les créateurs fuient vers des alternatives plus « libres ».
Dans ce contexte, la vidéo Epstein n’est pas une anomalie, mais l’avant-goût d’une vague inévitable de parodies trash, de deepfakes politiques et de dérives plus sombres encore.
Ce qui devait être une vitrine créative vire déjà à la foire d’empoigne. Le spot « Epstein Island » amuse certains, révulse d’autres, et rappelle surtout que l’imagination des internautes n’a aucune limite… contrairement à la patience des régulateurs.
Pour OpenAI, le vrai défi commence : maintenir Sora 2 entre liberté créative et responsabilité éthique. Et ça, ce n’est pas un jeu d’enfant.
Un faux spot Playmobil sur “l’île d’Epstein”, généré avec Sora 2, fait scandale : satire grinçante ou dérive dangereuse de l’IA vidéo ?
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