À Wimbledon, les stars du tennis s’opposent à l’IA qui remplace les juges de ligne. Ils dénoncent une technologie qui commet trop d’erreurs.
Wimbledon, le tournoi de tennis le plus connu au monde, est au cœur d’un tout nouveau combat. Pourtant cette fois, il ne s’agit pas d’une affaire de raquettes ou de balles. C’est la technologie qui fait débat. Pour la première fois, tous les juges de ligne à Wimbledon ont été remplacés par un système automatisé basé sur l’IA. Mais ce qui devait être un progrès s’est vite mué en source de polémique.
Arbitrage IA à Wimbledon : la polémique enfle
On connaît déjà l’IA pour rédiger des textes, créer des images ou même écrire du code. Mais qui aurait imaginé qu’elle débarquerait un jour sur le gazon de Wimbledon ? Et pourtant, c’est bien ce qui se passe.
En effet, les juges en ligne y ont été remplacés par l’Electronic Line Calling (ELC), un arbitrage électronique géré par l’IA. Ce système repose sur une dizaine de caméras installées tout autour du court de tennis. Elles suivent chaque mouvement de la balle. En somme, ce sont elles qui déterminent en temps réel si cette dernière est dedans ou dehors.
Sur le papier, un tel système avait tout pour plaire avec plus de précision et plus de rapidité. Sauf que la réalité semble plus nuancée. Parce que cette décision ne fait pas que des heureux. Plusieurs joueurs de tennis ont exprimé leur frustration face à l’IA, qui, selon eux, commet encore des erreurs. Et pas des moindres.
Emma Raducanu, star britannique du tennis, en a fait les frais. Lors d’un match, l’IA a validé une balle clairement frappée à l’extérieur par son adversaire. L’échange a donc continué, comme si la balle était bonne. Pourtant, à la rediffusion télé, le doute n’était plus permis. Elle était bien dehors.
Technologie pas encore au top
Emma Raducanu n’est pas la seule à s’être plainte des juges IA de Wimbledon. Son collègue Jack Draper a aussi critiqué cette technologie, qu’il considère comme loin d’être parfaite. Il est revenu sur son match perdu jeudi face à Marin Čilić, où l’IA n’a pas été totalement fiable.
L’Américain Ben Shelton a aussi vécu une mauvaise expérience. Il a dû accélérer la fin de son match. Parce que l’arbitrage électronique marche moins bien quand la lumière baisse.
Ce week-end, à Wimbledon, la Britannique Sonay Kartal a aussi rencontré un souci avec l’IA. Une balle est sortie pendant son match contre la Russe Anastasia Pavlyuchenkova. Mais la technologie n’a rien détecté. L’arbitre a dû interrompre le jeu et demander aux joueuses de rejouer le point. Le système n’avait pas enregistré l’action.
Bien sûr, Wimbledon s’est excusé après l’incident, expliquant qu’il s’agissait d’une erreur humaine. La technologie avait été désactivée par accident. Et les responsables s’assurent de faire des ajustements nécessaires pour éviter que cela ne se reproduise.
Mais il semble que ce n’est pas la première fois que l’IA est critiquée. Le problème remonte bien à bien plus tôt. En Avril, Alexander Zverev, un joueur allemand avait déjà dénoncé cette même technologie de jugement de ligne automatisé. Comme quoi malgré tout ce que peut faire cette technologie, elle fait encore des erreurs. L’intervention humaine reste donc indispensable.
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