Google vient de lancer Doppl ! Cette appli expérimentale vous permet d’essayer virtuellement n’importe quelle tenue, directement depuis votre smartphone. Entre selfie, avatar animé et IA générative, le géant californien parie sur une nouvelle façon de découvrir son style. Enfin la fin des séances d’essayage en cabine ?
Acheter des vêtements en ligne, c’est souvent un jeu de hasard : mauvaise taille, coupe bancale, tissu trompeur…
La conséquence ? Des paniers abandonnés, des retours en cascade, et des clients frustrés.
L’ambition de Google est de changer la donne avec Doppl : une nouvelle appli expérimentale qui vous permet d’essayer virtuellement une tenue sur votre propre avatar, simplement à partir d’une photo.
L’idée : combiner IA générative et vision par ordinateur pour transformer votre smartphone en cabine d’essayage mobile, sans avoir à passer par une marque ou une boutique en particulier.
Une première mondiale signée Google Labs, et un signal fort : l’intelligence artificielle n’habille plus seulement les algorithmes… elle pourrait bien s’attaquer à votre garde-robe !
Une cabine d’essayage dans votre poche
🚨 NEW LABS EXPERIMENT 🚨
Introducing Doppl, a new mobile app that lets you upload a photo or screenshot of an outfit and then creates a video of you wearing the clothes to help you find your ✨aesthetic ✨
Available on iOS and Android in the US to users 18+, download the… pic.twitter.com/sDy8y7nGHx
— Google Labs (@GoogleLabs) June 26, 2025
L’expérience commence avec un simple selfie en pied. Doppl vous demande de prendre une photo de vous, debout, dans une posture naturelle et bien éclairée.
À partir de cette image, l’IA génère un double numérique réaliste. C’est votre avatar personnel, prêt à enfiler n’importe quelle tenue.
Pas besoin de chercher dans un catalogue : vous pouvez importer n’importe quelle image de vêtement. Capture d’écran d’un look sur Instagram, photo d’un ami, tenue repérée en friperie…
L’IA de Doppl l’analyse, l’adapte à votre morphologie, et affiche le rendu sur votre avatar. La vraie nouveauté ? Google pousse l’expérience plus loin en générant des vidéos animées IA !
Vous ne voyez plus seulement un rendu statique. Vous observez votre avatar bouger avec la tenue, histoire d’évaluer la coupe, la fluidité ou l’effet d’ensemble. Une fonction bluffante. (quand elle fonctionne bien)…
Autre point fort : tout est stocké dans votre profil. Vous pouvez sauvegarder vos looks préférés, comparer vos essais, et les partager à vos proches.
L’appli est donc pensée autant pour la découverte de style que pour le scroll visuel. Mais attention : pour l’instant, Doppl ne gère que les vêtements « classiques » (hauts, bas, robes).
Pas de chaussures, ni de sacs, ni de looks trop complexes. Et si la photo n’est pas assez bonne, l’IA vous habille par défaut avec un t-shirt et un pantalon noirs. Sobre, mais un peu frustrant.
Une technologie déjà mûre ?
I generated my own custom avatars to test out @GoogleLabs labs new model Doppl model on my iOS device and I am amazed! pic.twitter.com/eUKav2IxnK
— Rosemary Salem | AI + Automation (@RosemarySalemTv) June 26, 2025
Sur le papier, Doppl coche toutes les cases : IA, personnalisation, immersion visuelle. En pratique, l’expérience reste perfectible.
D’abord, tout repose sur la qualité de la photo que vous téléversez. L’image doit être nette, bien cadrée, en lumière naturelle, et idéalement prise en sous-vêtements ou tenue moulante pour que l’IA détecte correctement les proportions…
En deçà d’une résolution de 512 x 1024 pixels, l’avatar peut être bancal, ou… refusé. Ensuite, il y a la fidélité visuelle.
Doppl a beau générer des images convaincantes, elle reste une IA : les plis d’un pantalon, la brillance d’un tissu, ou le tombé d’un manteau sont parfois fantasmés.
Le vêtement peut sembler moulant alors qu’il est ample, ou l’inverse. Google le reconnaît d’ailleurs sans détour : « Apparence, coupe et détails peuvent ne pas être exacts ».
Autre limite : le service est restreint en volume. Google impose des quotas d’usage pour éviter les surcharges serveur. En période de forte demande, certaines fonctions peuvent être désactivées temporairement.
On se retrouve donc avec une expérience encore fragile, à mi-chemin entre la prouesse tech et le jouet créatif. Bluffant quand tout s’aligne, frustrant quand ça bug.
Pourquoi Google mise sur l’essayage virtuel ?
La réponse tient en un mot : momentum. Le marché du « virtual try-on » explose, et Google ne veut pas rester spectateur.
En 2023, ce segment pesait déjà plus de 9 milliards de dollars à l’échelle mondiale. D’ici 2030, il devrait atteindre près de 50 milliards, avec une croissance annuelle supérieure à 25 %.
La mode, la beauté, l’e-commerce… tous les secteurs cherchent à réduire les retours, booster la conversion et offrir une expérience client plus immersive.
Google avait déjà amorcé le virage avec son module d’essayage dans Google Shopping, basé sur des mannequins de différentes morphologies. Mais Doppl va plus loin : c’est vous, et vous seul, au centre de l’image.
En lançant une application mobile dédiée, le géant californien vise plusieurs objectifs. Il veut accélérer la collecte de données comportementales pour entraîner ses IA (sans passer par des marques tierces).
Son but est aussi de renforcer son écosystème Shopping / Android / Cloud avec un usage direct-to-user. Et d’anticiper la montée des concurrents spécialisés comme DressX, YouCam ou les filtres AR de Snapchat et Amazon.
Au-delà d’un outil stylé : Doppl est donc un laboratoire à ciel ouvert. Et un pas vers un futur où le miroir pourrait devenir… inutile.
Vos photos vont-elles finir entre les mains des voyeurs ?
S’habiller virtuellement, c’est cool. Mais donner son image à Google, c’est un peu moins anodin.
Pour faire tourner Doppl, vous devez accepter de téléverser une photo corporelle. Une donnée particulièrement sensible. Google assure que les images sont conservées jusqu’à 3 mois maximum.
Mais certaines peuvent être utilisées pour entraîner les modèles d’IA, même si elles sont anonymisées…
Autre point à noter : les résultats générés portent une watermark invisible appelée SynthID, créée par DeepMind.
Cette marque indétectable à l’œil nu permet d’identifier les visuels produits par IA. Pratique pour lutter contre les deepfakes, mais aussi pour tracer les usages en interne.
Enfin, RGPD oblige, Doppl n’est pour l’instant disponible qu’aux États-Unis et pas en Europe, réservé aux utilisateurs de 18 ans et plus possédant un compte Google. Pas de data, pas de chocolat !
L’habit ne fait pas le moine… mais l’IA fait l’habit
Avant, les outils d’essayage virtuel reposaient sur des mannequins prédéfinis. Aujourd’hui, l’utilisateur devient le support du rendu.
Cette évolution est rendue possible par les progrès de l’IA générative, mais aussi par l’acceptation sociale croissante de l’image modifiée.
En générant non seulement des visuels statiques, mais aussi des vidéos IA de votre avatar en mouvement, Google se distingue de ses concurrents directs.
Snapchat s’est spécialisé dans les filtres AR, Amazon expérimente des modèles 3D en partenariat avec certaines marques, et YouCam mise sur le maquillage. Mais aucune appli ne propose aujourd’hui une combinaison aussi simple, personnalisée et fluide que Doppl.
Reste à savoir si cette promesse s’ancrera dans les usages. Pour l’instant, Doppl est un « Google Lab ». Il s’agit donc d’un terrain de jeu, pas un produit commercial.
Mais les enjeux sont clairs : si l’app séduit, elle pourrait devenir la pierre de base d’un futur assistant shopping IA, mêlant préférences stylistiques, essayage, recommandations et achats.
Et si, demain, Google devenait votre styliste personnel ? La question n’est plus si farfelue…
Et vous, qu’en pensez-vous ? Êtes-vous intéressé par cette application ? Trouvez-vous cela utile, ou préférez-vous essayer les vêtements dans la vraie vie ? Partagez votre avis en commentaire !
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