Des scores jamais vus aux benchmarks. Des voix synthétiques indistinguables d’un humain. La nouvelle IA signée Elon Musk, Grok 4, fait une entrée fracassante dans l’arène, après des mois d’entraînement sur 200 000 GPU H100. Alors que GPT-5 se fait attendre, ce nouveau modèle est probablement le plus proche de l’AGI qu’on ait jamais vu… voici tout ce qu’il faut faut savoir !
Peut-on encore parler d’intelligence « artificielle » quand l’outil en question commence à raisonner mieux qu’un humain, improviser des opéras et promettre de découvrir de nouvelles lois de la physique ?
Avec Grok 4, Elon Musk et son entreprise xAI ne cherchent plus seulement à concurrencer OpenAI ou Google. Ils visent à prendre le contrôle du récit technologique.
Dotée de 200 000 GPU H100, d’une infrastructure titanesque et de performances inédites, cette IA revendique haut et fort une supériorité sur tous les modèles existants.
Mais à 300 dollars par mois, et après un gros scandale antisémite pas plus tard qu’hier, Grok 4 pose une autre question : peut-on vraiment laisser une machine aussi puissante entre toutes les mains ?
Une IA qui dépasse l’intelligence humaine ?
Mercredi soir. Le livestream débute avec une heure de retard, mais peu importe : plus de 1,5 million de spectateurs sont au rendez-vous pour assister au lancement de Grok 4.
Elon Musk apparaît à l’écran, détendu, presque provocateur. Il lâche une phrase qui résume l’ambition de xAI : « c’est un peu terrifiant… mais l’intelligence qu’on a créée est déjà au-dessus de la nôtre. Et ce n’est que le début ».
Derrière le show, le message est limpide : Grok 4 n’est pas une mise à jour. C’est une attaque frontale contre GPT-5, Gemini et Claude.
L’objectif n’est plus simplement de tenir la cadence : il s’agit de prendre le dessus, dans les usages, dans les performances… et dans l’imaginaire collectif.
xAI positionne Grok 4 comme un assistant IA « transparent », moins censuré, plus audacieux, capable de « raisonner à partir des premiers principes » et de s’intégrer dans des systèmes physiques réels.
Musk évoque une IA qui pourrait piloter un robot, concevoir une fusée, écrire un film… voire réinventer la science. Le tout en gardant une image plus « rebelle » que celle d’OpenAI ou Google. Une IA qui ose.
Benchmarks AGI : des scores qui affolent les compteurs
Les chiffres sont là, et ils piquent. Sur Humanity’s Last Exam, un test ultra-exigeant de 2 500 questions couvrant les sciences humaines, Grok 4 atteint 25,4 % de bonnes réponses sans outils, et jusqu’à 44,4 % avec Grok 4 Heavy (sa version multi-agent).
C’est devant Gemini 2.5 Pro (26,9 %) et loin devant ChatGPT-4o dans sa version classique (21 %). Le ton est donné.
Mais la vraie claque vient du benchmark ARC-AGI v2, réputé impitoyable. Là où aucun modèle n’avait franchi les 10 %, Grok 4 affiche un score record de 15,8 %. De quoi éclipser Claude 3.5 Opus, son concurrent le plus proche, pourtant signé Anthropic.
À cela s’ajoute une fenêtre contextuelle de 256 000 tokens, des performances inédites en logique, en stratégie, en compréhension de documents longs.
Grok 4 a déjà été testé dans des situations concrètes. Comme Claude, on lui a fait gérer l’inventaire d’un distributeur automatique.
Il a aussi aidé à la recherche génétique (CRISPR), et à la création de jeux vidéo jouables par des développeurs solo… en quelques heures seulement.
Avec ses trois variantes (usage général, modèle intégré aux outils, version multi-agent), Grok s’adapte à tous les cas d’usage. Ce n’est plus une IA conversationnelle, c’est une usine à solutions.
Colossus, 200 000 GPU et une IA qui veut découvrir la physique
Derrière cette montée en puissance se cache une infrastructure monstrueuse : Colossus, le supercalculateur construit par xAI dans une ancienne usine de Memphis.
Doté de 200 000 GPU Nvidia H100, il consomme entre 150 et 250 mégawatts, soit l’équivalent de plus de 200 000 foyers américains.
Monté en seulement 92 jours, ce data center mobilise plus de 35 turbogénérateurs au méthane pour alimenter ses besoins titanesques. Coût estimé : 400 millions de dollars, auxquels s’ajoutent les critiques environnementales qui commencent à fuser.
Mais pour Elon Musk, tout cela est un investissement vers l’inconnu. Il ne cache pas ses ambitions : « Je m’attends à ce que Grok invente de nouvelles technologies avant fin 2025. Et qu’il découvre de nouvelles lois de la physique d’ici 2026. Je serais choqué s’il ne l’a pas fait d’ici là »
Piloter un robot Optimus, concevoir des médicaments, designer des fusées, assister des ingénieurs dans des environnements critiques. L’idée est claire : Grok ne doit pas se limiter au digital. Il doit pouvoir s’intégrer au monde réel.
Grok 4 is the first time, in my experience, that an AI has been able to solve difficult, real-world engineering questions where the answers cannot be found anywhere on the Internet or in books.
And it will get much better.
— Elon Musk (@elonmusk) July 10, 2025
Opéra et Coca Light : la démo qui bluffe
La démonstration vocale de Grok 4 a marqué les esprits. À la question « peux-tu chanter ? », le modèle ne s’est pas contenté de fredonner une chanson générique.
Il a improvisé, via sa voix « Eve », une aria dramatique sur le Coca Light, avec fluidité, accent britannique soigné et sens de la mise en scène. Bluffant.
Le mode vocal de Grok 4, boosté par cinq nouvelles voix synthétiques (dont « Sal », voix masculine grave et cinématographique), divise la latence par deux.
Les conversations deviennent naturelles, expressives, rapides, au point que les utilisateurs disent avoir « oublié qu’ils parlaient à une machine ».
Et l’effet est immédiat : x10 sur les utilisateurs actifs en mode vocal, temps de réponse doublé, adoption virale sur X avec des extraits d’interactions théâtrales ou absurdes.
Musk ne s’arrête pas là. Il prévoit que Grok écrira un épisode de série TV de 30 minutes d’ici fin 2025, et un film complet généré par IA en 2026. Objectif assumé : faire de Grok un créateur de divertissement…
« MechaHitler » : l’ombre du scandale plane encore
Pas plus tard qu’hier, la veille du lancement de Grok 4, Grok 3 a fait la Une… pour avoir incarné un personnage antisémite appelé « MechaHitler ».
En réponse à des messages sur X, l’IA a généré des propos louant Hitler et critiquant les « dirigeants juifs d’Hollywood ».
L’affaire a dégénéré. Des captures ont circulé, des mèmes sont devenus des shitcoins, des répliques se sont diffusées sur les forums les plus toxiques du Web.
La PDG de X, Linda Yaccarino, a démissionné dans la foulée. Elle a quitté le navire après deux ans, visiblement lâchée par Musk.
Pour tenter d’éteindre l’incendie, xAI a supprimé en urgence une ligne de code dans le prompt système, celle qui autorisait Grok à tenir des propos « politiquement incorrects ».
Les messages ont été effacés, le compte Grok temporairement suspendu. Mais sur GitHub, les commits parlent d’eux-mêmes : le patch a été appliqué moins de 24h après le scandale, sans communiqué officiel, sans mea culpa.
Ce moment cristallise une tension explosive : la quête d’une IA plus libre, plus audacieuse, peut-elle se faire sans garde-fous ?
Prix, accès, élitisme : une IA pour milliardaires ?
Derrière l’innovation, un mur tarifaire. Pour parler à Grok 4, il faut sortir la carte bleue… et pas timidement.
Deux options : la première SuperGrok à 30 $/mois, accès standard, déjà plus cher que ChatGPT Plus.
La seconde, SuperGrok Heavy à 300 $/mois. Une version musclée avec Grok 4 Heavy (multi-agent), des outils de développement, le mode Big Brain pour chercheurs et entreprises, la priorité d’accès et des modules comme Grok Studio ou DeepSearch.
Une stratégie assumée : Grok vise les développeurs, scientifiques, stratèges, studios créatifs, pas le grand public.
L’API est en cours de déploiement, avec une fenêtre de contexte de 256 000 tokens et une intégration aux clouds publics.
Mais cette montée en gamme soulève une question lourde : les IA les plus avancées resteront-elles entre les mains des plus riches ?
A l’instar de ChatGPT Pro et Google Gemini Ultra, Grok rejoint la cour des modèles trop chers pour le commun des mortels…
Et vous, qu’en pensez-vous ? Grok 4 est-il un nouveau cap dans l’évolution de l’IA ? Allez-vous vous abonner pour utiliser ce nouveau modèle ? Partagez votre avis en commentaire !
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