Le patron de SoftBank balaie les craintes d’une bulle de l’IA d’un revers de main. Lui qui a engagé plus de 64 milliards de dollars dans OpenAI pense que parler d’une bulle relève même du « blasphème ».
Depuis un an et demi, l’enthousiasme autour de l’IA a fait exploser la valeur des entreprises du secteur. Les investisseurs se sont rués sur cette nouvelle opportunité, espérant profiter d’un marché en pleine effervescence.
Le géant japonais de l’investissement SoftBank en fait partie, convaincu que cette technologie transformera durablement l’économie mondiale. Mais les récentes vagues de ventes d’actions technologiques ont ravivé les inquiétudes.
Pour de nombreux observateurs, le secteur pourrait être en train de gonfler une bulle spéculative. Et si elle éclatait, elle risquerait d’entraîner de lourdes conséquences pour l’économie. Masayoshi Son, lui, ne partage absolument pas cette vision.
Lors de l’assemblée générale annuelle de SoftBank cette semaine, il a rejeté ces mises en garde avec une formule qui n’est pas passée inaperçue.
« Dire que l’IA n’est qu’une bulle est un blasphème », a-t-il déclaré. « Nous n’en sommes qu’au commencement. Le potentiel de l’intelligence artificielle sera pleinement exploité. » affirme-t-il.
Qu’avance le PDG de Softbank sur la bulle de l’IA ?
Les défenseurs de l’IA estiment que les investissements colossaux dans les centres de données finiront par porter leurs fruits. À l’inverse, leurs détracteurs dénoncent une fuite en avant coûteuse. Qu’elles sont responsables d’une consommation massive d’eau, d’une hausse des besoins en électricité et d’un impact environnemental grandissant.
Masayoshi Son appartient clairement au premier camp. Sa confiance est telle que SoftBank s’est engagé à investir plus de 64 milliards de dollars dans OpenAI, devenant ainsi son principal investisseur.
Quelques semaines auparavant, le dirigeant avait déjà attiré l’attention avec une déclaration particulièrement ambitieuse. Selon lui, la révolution de l’IA sera « dix fois, voire cinquante fois plus importante que la bulle Internet » de la fin des années 1990.
Il reconnaît qu’une correction des marchés n’est pas impossible. Cela ne remettrait cependant pas en cause l’avenir de l’IA, bien au contraire d’après lui.
« L’électronique et l’automobile ont connu un effondrement en 1929 avant de prospérer pendant le siècle suivant », expliquait-il récemment. « Même si une correction survient, elle représentera à mes yeux une formidable occasion d’investir. »
Tout Softbank est du même avis ?
En interne, tout le monde ne semble toutefois pas partager cet optimisme. Du moins, d’après un article publié le mois dernier par Bloomberg. Apparemment, plusieurs sources proches de SoftBank se disent préoccupées par l’investissement de plus de 60 milliards de dollars dans OpenAI.
Elles estiment que Masayoshi Son pourrait être influencé par la notoriété de Sam Altman. Ainsi, elles redoutent que ce pari ne finisse par se retourner contre lui.
Ces inquiétudes s’appuient notamment sur la situation financière d’OpenAI. L’entreprise continue de dépenser des sommes considérables tout en cherchant encore à atteindre un modèle économique pleinement rentable.
Par ailleurs, Masayoshi Son n’en est pas à son premier pari risqué. Malgré son expérience à la tête de SoftBank pendant l’éclatement de la bulle Internet et la pandémie de COVID-19, son parcours compte aussi des revers marquants.
Le plus célèbre reste celui de WeWork, la société de bureaux partagés dans laquelle SoftBank avait investi massivement avant son spectaculaire effondrement en 2019. Un précédent qui pousse certains analystes à se demander si son immense pari sur l’IA connaîtra un destin différent.
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