Une machine peut-elle penser ? Telle est la question. Pour beaucoup, la réponse est affirmative. Pourtant, René Descartes, un philosophe du XVIIe siècle, se permet d’en douter.
Descartes s’est posé très tôt cette question. Et il y avait répondu il y a de cela des siècles. Bien qu’il admettait leur habileté, pour lui, non, aucune machine ne pourra jamais vraiment penser.
Qu’avance Descartes pour soutenir son propos ?
Pour qu’un être mérite le qualificatif de pensant, Descartes estimait qu’il devait réagir de manière appropriée à toute situation imprévue. L’humain fait preuve d’une flexibilité constante, façonnée par l’expérience, l’intuition et la réflexion intérieure.
Dans le Discours de la méthode, Descartes affirme que la raison humaine fonctionne comme un instrument universel, capable de s’adapter à des circonstances variées. Une machine, au contraire, agit selon la disposition de ses organes.
Une machine, en revanche, même sophistiquée, applique des dispositions prévues à l’avance. Elle suit des réglages et des combinaisons conçues par son créateur. Certes, elle excelle dans certaines tâches.
Toutefois, elle reste enfermée dans ses limites techniques. Car elle ne dispose pas de la liberté intérieure nécessaire pour interpréter un événement totalement nouveau.
Un ancien débat
Au XXᵉ siècle, la naissance officielle de l’IA raviva ce débat ancien. Alan Turing, Marvin Minsky et John McCarthy posèrent les bases d’une discipline visant à reproduire des comportements intelligents.
Le célèbre test de Turing proposita un critère simple. Si un humain ne distingue pas une machine lors d’une conversation écrite, celle-ci pourrait être considérée comme intelligente. Cette idée transforma la question philosophique de la pensée en un problème d’observation mesurable.
Cette approche attirait cependant de nombreuses critiques. Parler comme un humain ne signifie pas penser comme lui. Le test évalue une apparence, sans explorer la conscience intérieure.
Descartes aurait sans doute rappelé que la pensée repose sur l’introspection et la conscience de soi. Son fameux « Je pense, donc je suis » établit la pensée consciente comme fondement de l’existence humaine. Une dimension inaccessible aux dispositifs mécaniques.
Une machine pensante ? Un mythe
L’actualité récente a illustré cette confusion. En 2022, un ingénieur de Google estimait que le modèle LaMDA manifestait une conscience. L’IA évoquait solitude, tristesse ou apaisement.
Une analyse attentive montrait pourtant que ces réponses reprenaient des descriptions issues de ses données d’entraînement. Le système générait des phrases plausibles, sans ressentir ce qu’il exprimait. Des chercheurs rappelaient alors que les modèles linguistiques imitent des structures du langage, sans posséder de vécu intérieur.
Ces systèmes, dont ChatGPT et Deep Seek, excellent dans la reconnaissance de schémas et la prédiction de mots. Ils automatisent des tâches complexes et facilitent de nombreux usages.
Ils ne disposent toutefois ni de créativité authentique, ni de jugement moral, ni de compréhension vécue. Leur efficacité technique ne traduit aucune conscience. Les émotions perçues relèvent souvent d’une projection humaine.
Évidemment, malgré ces limites, le mythe des machines pensantes persiste. Vous par exemple, qu’est-ce que vous en dites ? N’hésitez pas à laisser votre avis en commentaire !
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