Vous ne devinerez jamais ce qu’ils font en laboratoire : Leurs bébés sont différents

Dans un coin discret de la tech mondiale, certains ne codent plus des applis, mais des humains. Une start-up américaine financée par les géants de la Silicon Valley veut créer le premier bébé génétiquement modifié.

Aux États-Unis, une entreprise travaillerait sur la création d’un bébé totalement différent. Notamment, un embryon humain modifié. Soutenu par des figures comme Sam Altman (OpenAI) et Brian Armstrong (Coinbase) ce projet a pour but officiel d’éliminer certaines maladies héréditaires.

Le premier embryon génétiquement modifié

D’après le Wall Street Journal, une start-up nommée Preventive travaille discrètement sur la première naissance d’un bébé génétiquement modifié en dehors de la Chine. Cette entreprise veut ainsi éliminer certaines maladies héréditaires grâce à l’édition génique germinale.

Toutefois, la réalité est bien plus complexe, car nous savons tous que jouer avec le génome humain, c’est toucher à ce qu’il y a de plus sacré, l’hérédité. Et surtout, c’est illégal dans la plupart des pays développés. Aux États-Unis, une loi du Congrès interdit à la FDA (Food and Drug Administration) d’approuver tout essai clinique qui implique des modifications génétiques de bébé humain.

Preventive est financée par des milliardaires de la tech comme Sam Altman (PDG d’OpenAI) ou Brian Armstrong (PDG de Coinbase). La loi américaine ne permet pas d’utiliser des fonds publics pour ce genre de recherche. Mais, elle n’interdit pas explicitement les expériences financées par le privé.

Ainsi, Lucas Harrington, le PDG de Preventive, affirme que la société est contrainte de mener ses travaux en dehors du territoire américain. De plus, selon le WSJ, le laboratoire aurait déjà trouvé un couple volontaire qui souhaitait éviter la transmission d’une maladie génétique à son futur bébé.

La tentation du bébé parfait

Modifier le génome humain avant la naissance, c’est un peu comme bidouiller le BIOS de la nature. La moindre erreur peut se répercuter sur plusieurs générations. Les risques sont donc énormes ; comme des mutations imprévues dans le génome, des effets secondaires impossibles à anticiper, et, plus grave encore, une transmission héréditaire de ces erreurs.

La communauté scientifique l’alerte déjà depuis longtemps. Après le scandale du biophysicien He Jiankui, qui a créé en 2018 les premiers jumeaux génétiquement modifiés en Chine. Celui-ci a également piraté des gênes de bébé afin de prévenir la maladie d’Alzheimer. Un moratoire mondial de 10 ans a donc été proposé pour stopper toute expérimentation du genre.

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Par ailleurs, ce que Preventive prétend combattre, les maladies génétiques, pourrait bien ouvrir la porte à une nouvelle forme d’eugénisme technologique. Certaines start-ups du même secteur, comme Herasight, affirment déjà pouvoir prédire le QI d’un bébé, tandis que Nucleus propose des dépistages polygéniques à 9 999 $ pour sélectionner les embryons les plus prometteurs.

Certains scientifiques affirment que la modification génétique pourrait, à long terme, éradiquer certaines maladies incurables. D’autres, plus réalistes, rappellent que la nature n’est pas un code source qu’on peut patcher à volonté.

Le contributeur de Forbes, Erik Sherman, le résumait parfaitement après les premiers tests de modification d’embryons avec CRISPR en 2017. Selon lui, « on nous dira que cette technologie va libérer l’humanité. Mais ce sera comme l’automatisation : une promesse de liberté qui se transforme vite en nouvel outil de contrôle ».

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