« Vous n’aurez peut-être plus besoin d’un iPhone en 2035… aussi improbable que cela puisse sembler », a lâché Eddy Cue.
Le vice-président senior des services chez Apple a glissé cette phrase lors de son témoignage dans le procès antitrust contre Google en mai 2025. Une manière subtile de rappeler que l’IA évolue à une vitesse folle, au point de bousculer les appareils que l’on croit aujourd’hui indispensables. Cue a même évoqué l’iPod, sacrifié par Apple en 2007 avec l’arrivée de l’iPhone, preuve que même les icônes peuvent disparaître.
Caricature de l’iPhone de 2035
Apple, comme les autres géants de la tech, prépare un futur où le smartphone classique pourrait céder sa place à une technologie plus intégrée et immersive. Et pas n’importe lequel : l’iPhone, pilier financier de la marque à la pomme, qui génère encore près de 50 % de ses revenus.
Pourtant, cette domination recule. Les services, eux, ont bondi de 9 % à 28 % du chiffre d’affaires sur la même période.
Pour certains analystes, comme Jason Snell de Six Colors, l’iPhone ne disparaîtra pas, mais se métamorphosera. L’appareil prendra la forme d’un « mainframe sur le corps », un centre de calcul portable pilotant une armée d’accessoires. Un appareil qui intégrera Apple Watch, AirPods ou lunettes intelligentes et consorts.
En 2035, l’iPhone pourrait ne plus ressembler à un simple rectangle de verre et de métal. L’écran couvrirait toute la façade avec des caméras frontales cachées sous la surface, sans encoches ni perforations.
Le port de charge donnera place à la recharge sans fil magnétique, voire hybride. Le gadget intégrerait des systèmes de récupération d’énergie passive pour une autonomie quasi infinie.
Apple planche déjà sur l’après-iPhone. Des brevets publiés en mai 2025 détaillent des wearables IA souples, proches de patches adhésifs ultra-fins. Ces dispositifs pourraient détecter des maladies en temps réel grâce à des capteurs biométriques de pointe.
Un hub intelligent pour le corps
L’IA jouerait un rôle central dans cette mutation. Apple Intelligence, lancé en 2024, n’en serait que la première étape.
L’iPhone de 2035 pourrait intégrer une IA capable d’anticiper les besoins sans la moindre interaction manuelle. Un assistant virtuel gérerait des tâches complexes par la voix, les gestes, ou même la pensée, grâce à des interfaces neurales en développement.
Toutefois, John Gruber, de Daring Fireball, rappelle que les humains restent des créatures visuelles. L’écran conserverait donc son importance, mais il pourrait être projeté sous forme d’hologramme ou intégré à des lunettes AR.
D’autres analystes envisagent que, d’ici 2035, les smart glasses alimentées par l’IA remplacent complètement le smartphone. Cependant, plusieurs obstacles freinent cette transition.
La caméra demeure le cœur de l’iPhone et ses performances dépendent encore de contraintes physiques comme la taille des objectifs ainsi que des capteurs. En 2035, les modules photo pourraient dominer le design, faisant de l’iPhone « un appareil photo avec écran » plus qu’un téléphone.
Gruber note aussi que les wearables actuels, comme les lunettes Meta, restent loin d’égaler cette qualité et cette ergonomie. L’inertie culturelle joue également en faveur de l’iPhone : reproduire sa polyvalence dans un format réduit semble improbable sans avancées majeures en batteries ou en processeurs photoniques et quantiques.
En parallèle, la part des services, déjà à un cinquième des revenus en 2025, pourrait grimper rapidement. Apple miserait sur l’IA pour proposer des abonnements premium, libérant ses mises à jour logicielles des cycles annuels de hardware.
Et les échecs de certains gadgets IA comme le Rabbit R1 rappellent que l’ère post-smartphone n’est pas encore totalement prête à s’imposer.
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