Robot-spermatozoïdes, ces petits nageurs dopés aux nanoparticules magnétiques optimisent la FIV. Ils ouvrent aussi la voie pour comprendre l’infertilité inexpliquée et délivrer des traitements ciblés contre l’endométriose ou certains cancers utérins.
Nouvel épisode dans le domaine de la fertilité. Des chercheurs de l’Université de Twente aux Pays-Bas collaborent avec l’Université Radboud et l’Université de Waterloo au Canada pour mettre au point le petit robot-spermatozoïde. Leur étude, publiée le 2 septembre 2025 dans une revue partenaire de Nature, révèle une avancée majeure pour la fertilité.
Des nano robots spermatozoïdes visibles aux rayons X
Islam Khalil, auteur principal et professeur associé au Centre TechMed, dirige le projet. Selon lui, les spermatozoïdes échappent à l’imagerie médicale. Trop petits et transparents aux rayons X, ils sont ainsi impossible de les observer à l’intérieur du corps.
Les scientifiques résolvent ce problème en ajoutant une fine couche de nanoparticules d’oxyde de fer. Ces particules magnétiques rendent les spermatozoïdes visibles et contrôlables.
Le principe de base diffère de la création de micro-nageurs artificiels intelligents pour le transport ciblé. Un concept exploré plus tôt cette année par l’équipe de l’Université de Lehigh.
Dans l’étude de Twente, le revêtement s’applique sur de vrais spermatozoïdes humains, testés ensuite dans un modèle anatomique grandeur nature. Des champs magnétiques externes guident les biohybrides avec une précision remarquable.
L’imagerie aux rayons X suit leur trajectoire en temps réel. Les robot-spermatozoïdes naviguent alors vers l’utérus ou les trompes de Fallope sans déviation.
Cette visibilité change la donne pour la fertilité. Les experts peuvent enfin observer le voyage des spermatozoïdes et comprendre les mécanismes de la fécondation naturelle. De nombreuses infertilités inexpliquées trouvent désormais des indices grâce à ces robots, qui renforcent aussi l’efficacité des techniques de FIV.
Un appui pour les traitements contre l’endométriose et le cancer de l’utérus
Les tests confirment la biocompatibilité des nanoparticules. Aucune toxicité n’apparaît sur les cellules utérines après 72 heures. Les agrégats restent stables et inoffensifs.
Au-delà de la reproduction, ces nageurs livrent des médicaments ciblés. Ils atteignent des zones difficiles d’accès et injectent des traitements précis contre l’endométriose ou le cancer de l’utérus.
Khalil souligne que la nature offre déjà des systèmes de livraison parfaits. Les robots-spermatozoïdes ne font que les programmer pour plus d’efficacité. L’équipe explore encore les applications in vivo, avec des essais sur animaux prévus après les modèles actuels.
Cette innovation néerlandaise ouvre la voie à une médecine reproductive personnalisée. L’article de Khalil et de ses collègues, publié en accès libre sous le titre “Sperm Cell Empowerment : X-Ray-Guided Magnetic Fields for Enhanced Actuation and Localization of Cytocompatible Biohybrid Microrobots”, détaille l’ensemble des protocoles.
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