Le confinement de 2020 a affecté le cerveau, provoquant stress et une hausse des troubles mentaux.
Le premier confinement de 2020, instauré pour freiner la Covid-19, a marqué les esprits, mais aussi les cerveaux. Une étude publiée dans Frontiers in Nuclear Medicine, relayée par Le Parisien, révèle des impacts neurobiologiques comparables à ceux des troubles post-traumatiques. Ce bouleversement, loin d’être anodin, éclaire les raisons d’une vague de troubles mentaux qui persiste encore aujourd’hui.
Le confinement altère durablement le cerveau
Des chercheurs français, dont les professeurs Éric Guedj et Wissam El-Hage, ont mené une étude approfondie sur les effets du confinement sur le cerveau. L’enquête a porté sur 95 adultes suivis pour des troubles neurologiques survenus pendant cette période inédite.
Les résultats révèlent une activité cérébrale anormale dans deux régions clés : le cortex préfrontal ventromédian et le cortex cingulaire antérieur. Ces zones, essentielles à la régulation des émotions, sont aussi impliquées dans les stress post-traumatiques.
L’isolement, l’incertitude et la rupture des repères liés au premier confinement ont déclenché des mécanismes neurobiologiques profonds. Contrairement à un stress aigu, tel qu’un accident, cette exposition prolongée au stress a engendré des effets plus diffus, mais persistants.
Le cerveau, confronté à cette pression constante, a réagi en modifiant son fonctionnement, favorisant anxiété, troubles de l’humeur et dépression. Les impacts du confinement sur le cerveau s’avèrent durables, en particulier chez les jeunes.
Les données collectées sur cinq années montrent une hausse alarmante des hospitalisations pour tentatives de suicide : +63 % chez les filles âgées de 10 à 14 ans, +42 % chez les adolescentes de 15 à 19 ans.
Réseaux sociaux et écoanxiété, des amplificateurs
Les réseaux sociaux ont amplifié le climat émotionnel anxiogène durant le premier confinement. Les publications alarmantes, notamment sur la plateforme X, ont intensifié le sentiment d’insécurité, en particulier chez les individus souffrant d’écoanxiété.
Cette surcharge d’informations négatives, relayée en continu, a alimenté un stress psychologique intense. Contrairement aux crises ponctuelles, où la diffusion d’informations reste plus modérée, le flot permanent de messages anxiogènes a accru les perturbations au niveau du cerveau, particulièrement chez les plus fragiles.
Le psychiatre Wissam El-Hage rappelle que cette exposition prolongée a accentué les déséquilibres neuroémotionnels, déjà aggravés par l’isolement imposé. L’étude souligne que, malgré les bénéfices sanitaires du confinement, ses effets sur le cerveau ont été largement sous-estimés.
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