Après avoir fondé Mandiant en 2004 et l’avoir cédée à Google pour 5,4 milliards de dollars en 2022, Kevin Mandia a lancé Armadin. Il s’agit d’une société de cybersécurité centrée sur des agents d’IA autonomes.
Armadin a été cofondée avec Travis Lanham, ancien ingénieur en sécurité chez Google Cloud, Evan Peña, ex-cadre de Mandiant, et David Slater, ancien ingénieur en sécurité chez Google.
Et elle vient juste de réunir 189,9 millions de dollars lors d’un tour combinant amorçage et série A, dirigé par Accel. GV, Kleiner Perkins, Menlo Ventures, 8VC, Ballistic Ventures et In-Q-Tel, le fonds d’investissement de la CIA ont également participé à la levée.
Selon la société, ce financement constitue un record pour une startup de sécurité à ce stade, sans préciser la valorisation. Si certaines startups ont levé des montants légèrement supérieurs lors de leur série A, aucune n’avait atteint un tel niveau dès le lancement.
En 2019, 1Password et OneTrust avaient levé chacune 200 millions de dollars. Cependant, elles existaient depuis respectivement 14 et trois ans et avaient déjà une activité bien établie.
Que prévoit Mandia avec Armadin avec cette levée ?
Avant de créer Armadin, Mandia était investisseur en capital-risque chez Ballistic Ventures. Le fonds spécialisé en cybersécurité cofondé par Ted Schlein, ancien de Kleiner Perkins.
Aujourd’hui, avec sa nouvelle startup Armadin, Mandia compte développer des agents de cybersécurité. Ils seront à même d’apprendre et de réagir aux menaces sans intervention humaine.
Mais pourquoi se spécialiser dans la cybersécurité centrée sur des agents d’IA autonomes ? Selon Mandia, les attaques menées par des systèmes autonomes basés sur l’IA sont en train d’apparaître. Et elles représentent un nouveau défi pour la sécurité informatique.
« Avec l’IA, une attaque peut réfléchir, apprendre et s’adapter », explique Mandia. « Des actions qui prenaient des jours peuvent désormais s’exécuter en quelques minutes. »
Des experts et agences gouvernementales alertent d’ailleurs déjà sur l’utilisation de l’IA pour des cyberattaques de plus en plus sophistiquées. À travers Armadin donc, Mandia veut fournir aux experts en sécurité des agents automatisés destinés à contrer ces attaques menées par des systèmes autonomes.
Une réponse à la pénurie mondiale d’experts en cybersécurité ?
La pénurie d’experts en cybersécurité est actuellement l’un des défis majeurs pour les entreprises. Et pour ne rien arranger, plusieurs études montrent que le problème est loin d’être résolu.
La dernière étude d’ISC2 en est la preuve. Elle est basée sur une enquête menée auprès de plus de 16 000 professionnels dans le monde. Le rapport révèle que les organisations font face à un manque persistant de compétences pour protéger efficacement leurs infrastructures numériques.
D’ailleurs, toujours selon cette étude, la pénurie ne se limite plus au nombre de professionnels disponibles. Elle concerne désormais surtout la qualité et la spécialisation des compétences.
La preuve ? 95 % des organisations interrogées déclarent avoir au moins un besoin de compétences en cybersécurité. 59 % signalent des lacunes critiques ou importantes au sein de leurs équipes.
Et devinez quoi ? Ces manques concernent particulièrement des domaines devenus stratégiques comme la sécurité du cloud, l’intelligence artificielle ou l’analyse des risques.
Dans ce contexte, l’automatisation devient une piste sérieuse pour renforcer les capacités humaines. Cela explique aussi en partie la spécialisation de l’entreprise Mandia.
Entre les défenseurs et les cybercriminels utilisant l’agent IA : qui prendra réellement l’avantage ?
Au cas où vous ne seriez pas encore à jour sur les dernières nouvelles, permettez-nous de vous informer une chose. Actuellement, les cybercriminels exploitent de plus en plus les outils automatisés.
Pire, selon les analyses d’AllAboutAI, les attaques alimentées par l’IA ont explosé en 2025. Une hausse d’environ 72 % a été enregistrée par rapport à l’année précédente.
D’après le rapport, les systèmes automatisés ont été capables d’effectuer jusqu’à 36 000 scans de vulnérabilités par seconde. Il a aussi été mentionné que 87 % des organisations interrogées ont subi au moins une forme d’attaque utilisant l’IA au cours de l’année
Une très large majorité, soit 85 %, ont même tous été confrontés à des menaces basées sur des deepfakes. Une technique d’imitation exploitée par des acteurs malveillants pour tromper les systèmes de sécurité ou manipuler des utilisateurs.
A cela s’ajoutent les nouvelles menaces qui apparaissent avec la généralisation de l’IA. Les experts pointent notamment la création automatisée de logiciels malveillants.
Alors avec les défenseurs qui commencent eux aussi à expérimenter l’intelligence artificielle, la question mérite d’être posée. Cela dit, il y a des chances que nos réponses divergent.
Pour moi par exemple, les cybercriminels auront toujours, et à mon grand regret, une longueur d’avance. Pourquoi ? Car ils n’ont que faire des contraintes légales et éthiques. Or, les défenseurs sont freinés par des limites réglementaires et organisationnelles
Alors, au risque de vous décevoir, la question reste ouverte. Si vous avez des hypothèses, n’hésitez surtout pas à les partager en commentaire !
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