Sam Altman évite toute responsabilité pour les dépenses massives d’OpenAI. Sans enjeux financiers, il mise sur des renégociations ou une faillite gérée par le marché.
OpenAI s’est lancée dans une expansion massive, multipliant les contrats de calcul à des niveaux financiers colossaux. L’entreprise prévoit d’investir 1 400 milliards de dollars dans ses centres de données. Un chiffre astronomique comparé à son chiffre d’affaires annuel projeté de 20 milliards de dollars. Mais Sam Altman, son PDG, ne portera pas la responsabilité en cas d’échec, laissant le marché décider du sort.
Les dépenses d’OpenAI, un pari sans risque pour Altman
Dans ses déclarations publiques, Altman a expliqué que si OpenAI faisait faillite, le marché et non le gouvernement déterminerait les conséquences. « Si nous commettons une erreur et que nous ne parvenons pas à la corriger, nous devrions faire faillite et d’autres entreprises continueront à servir leurs clients », a-t-il précisé.
Selon des analystes comme Tomasz Tunguz, le chiffre d’affaires d’OpenAI devrait atteindre 577 milliards de dollars d’ici 2029 pour honorer tous ses engagements. Un niveau comparable à celui attendu pour Google cette année-là.
Gil Luria, analyste chez DA Davidson, estime qu’OpenAI pourrait ne payer et n’utiliser qu’une partie de la puissance de calcul réservée. Cela inciterait ses partenaires à renégocier les contrats plutôt que de risquer des pertes totales.
Il est à savoir le PDG n’a aucun intérêt financier direct dans l’entreprise et ne possède pas de participation. Ses décisions, même spectaculaires, ne mettent pas en danger sa fortune personnelle.
Selon Ofer Eldar, professeur de gouvernance d’entreprise, Altman prend des engagements en sachant qu’il n’en subira aucune conséquence. Luria ajoute : « Peu importe le montant engagé. Il peut utiliser l’argent, le renégocier ou se retirer. » La seule perte potentielle serait d’ordre réputationnel.
Les mécanismes qui limitent la responsabilité du PDG
Les contrats de centres de données sont complexes et comportent souvent des clauses restrictives permettant des ajustements. Par exemple, les contrats d’OpenAI avec CoreWeave, d’une valeur de 22,4 milliards de dollars, peuvent être résiliés par l’une ou l’autre des parties « pour motif valable ».
Les engagements financiers annoncés dépassent fréquemment les obligations réelles, reflétant des variables comme le coût des GPU ou la performance des actions liées. Par ailleurs, certaines entreprises acceptent de renégocier leurs contrats pour préserver leurs intérêts.
Nvidia, par exemple, a racheté une partie de la capacité de calcul invendue de CoreWeave pour 6,3 milliards USD. Dans ce système, Altman détient un pouvoir de négociation important : « Ils ont plus besoin de moi que je n’ai besoin d’eux », résume Gil Luria.
OpenAI prévoit également de diversifier ses sources de revenus. Les abonnements à ChatGPT devraient générer jusqu’à 50 milliards de dollars d’ici 2029. Tandis que la vente de modèles d’IA aux entreprises pourrait rapporter 22 milliards supplémentaires.
OpenAI explore la publicité et la commercialisation de modèles gratuits pour les utilisateurs. L’entreprise envisageant aussi de lancer un appareil spécial pour l’IA avec l’ancien designer d’iPhone Jony Ive. Ces initiatives restent toutefois incertaines et comportent des risques.
Scénarios financiers et enjeux pour l’avenir
Si OpenAI utilise toute sa puissance de calcul réservée, elle devra lever des fonds supplémentaires. Cela s’effectuera par emprunt ou levée de capitaux.
Microsoft, principal investisseur avec 27 % du capital, serait prioritaire pour tout remboursement en cas de faillite. Les autres investisseurs et actionnaires ordinaires ne recevraient des fonds qu’après satisfaction des créanciers principaux.
L’association à but non lucratif qui détient des actions spéciales conserve la majorité des votes. Néanmoins, ces derniers n’ont pas droit aux dividendes en cas de liquidation.
Les experts jugent que le modèle économique d’OpenAI repose sur des paris audacieux et des projections de croissance extrêmement ambitieuses. Les contrats de puissance de calcul et les dépenses massives d’OpenAI comportent un risque de non-paiement, mais celui-ci ne touche pas Altman personnellement. Le PDG reste à l’abri financièrement, même en cas de faillite.
Enfin, Altman et OpenAI insistent sur la primauté du marché pour réguler les risques. La start-up ne cherche pas de garanties gouvernementales pour ses investissements, ce qui a été clarifié après des malentendus liés aux propos de sa directrice financière.
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