Le ministère de l’Intérieur fait face à l’une des accusations de piratage les plus graves de ces dernières années. Un hacker affirme avoir infiltré ses systèmes et mis la main sur des données concernant des millions de Français, dont des informations liées aux antécédents judiciaires.
Depuis plusieurs jours, le ministère de l’Intérieur fait face à un piratage. Des hackers affirment avoir siphonné des millions de données policières sensibles, dont les antécédents judiciaires de 16 millions de personnes. Une affaire qui mêle cybersécurité, intimidation et possible tentative d’extorsion à grande échelle.
Ministère de l’Intérieur est piraté, mais des données encore difficiles à mesurer
La semaine dernière, le ministère de l’Intérieur reconnaissait officiellement avoir subi une « attaque informatique ». Selon Laurent Nuñez, des assaillants ont pu pénétrer « un certain nombre de fichiers » via les serveurs de messagerie du ministère. Depuis, les investigations sont en cours, mais la communication reste volontairement minimaliste.
🔴 ALERTE INFO | Le ministère de l’Intérieur a été PIRATÉ. 🇫🇷🧠
— SIRÈNES (@SirenesFR) December 15, 2025
🪪Ils pourraient avoir accès aux fiches de plus de 16,4 millions de personnest (traitement des antécédents judiciaires, fichier des personnes recherchées…) se vantent des pirates ayant revendiqué l'attaque. pic.twitter.com/QkZev5CdOa
Très vite, un hacker se faisant appeler Indra a revendiqué l’attaque sur BreachForums. Ce forum est bien connu de la cybercriminalité, récemment remis en ligne. Dans un message rapidement supprimé, le pirate affirme avoir exfiltré près de 70 millions de données confidentielles du ministère de l’Intérieur. Dont le Traitement des antécédents judiciaires (TAJ) qui concerne plus de 16 millions d’individus. Ce fichier de police recense l’identité, les photos et les mises en cause dans des affaires pénales. Y compris lorsque les procédures ont été classées sans suite.
Indra évoque aussi un accès au fichier des personnes recherchées et à des systèmes de l’ANFSI. Ceux-ci sont utilisés pour les échanges de données internationales. Notamment avec Interpol. Si ces affirmations sur le piratage du ministère de l’Intérieur se confirment, il s’agirait d’une compromission parmi les plus sensibles jamais revendiquées en France.
Menaces, extorsion et guerre psychologique
Dans sa communication, le hacker ne cache pas ses intentions. Il donne une semaine au gouvernement français pour négocier. Faute de quoi les données du ministère de l’Intérieur seraient mises en vente sur des forums criminels.
Les hackers ont également cherché à frapper les esprits en annonçant la réouverture de BreachForums. Et cela via un e-mail prétendument envoyé depuis une adresse @interieur.gouv.fr. Le problème, c’est que des chercheurs en cybersécurité ont rapidement identifié une manœuvre de spoofing. Mais cette technique d’usurpation d’adresse ne prouve pas, à elle seule, une prise de contrôle réelle de la messagerie gouvernementale.
J’ai également pu analyser les en-têtes de l’e-mail en question.
— Baptiste Robert (@fs0c131y) December 15, 2025
Il s’agit de spoofing, c’est-à-dire d’une usurpation d’identité.https://t.co/vJn7GbGzeT https://t.co/GG9BguMDII
Pour autant, le ministère de l’Intérieur ne dément pas une fuite de données. Il confirme seulement que des « applicatifs métiers » et des « outils internes » ont été compromis. Cela laisse planer le doute sur l’étendue exacte de l’intrusion. Cette affaire rappelle aussi à quel point les données de l’État sont devenues une cible stratégique pour les cybercriminels.
- Partager l'article :