Apollo 17 : un élément inconnu caché dans la poussière de lune depuis 50 ans

Et si la Lune gardait encore des secrets bien enfouis sous sa poussière grise ? Plus d’un demi-siècle après la mission Apollo 17, des chercheurs viennent de découvrir dans un vieux tube scellé une signature chimique totalement inédite, jamais observée sur Terre !

Apollo 17, dernière mission lunaire de la NASA en 1972, n’a pas seulement marqué la fin d’une ère d’exploration spatiale. Elle continue aujourd’hui encore à nourrir la science. Grâce aux technologies modernes, des chercheurs viennent de réexaminer des échantillons de poussière et de roche ramenés par les astronautes, il y a un demi-siècle. Leur analyse a révélé un élément chimique au comportement inattendu, dont la composition diffère radicalement de celle qu’on trouve sur Terre. Une découverte qui pourrait remonter jusqu’aux origines de la Lune elle-même.

Le dernier trésor d’Apollo 17

Je me souviens qu’en décembre 1972, les astronautes Eugene Cernan et Harrison Schmitt ont ramené plus de 2 000 échantillons de roches et de poussière lunaires. Certains sont gardés intacts, scellés dans des tubes métalliques, pour être étudiés plus tard, quand la science aurait progressé. Et 50 ans plus tard, les chercheurs disposent enfin des outils nécessaires pour analyser ces fragments de la Lune avec une précision inimaginable à l’époque.

C’est dans ce contexte qu’une équipe menée par James W. Dottin III, géochimiste à l’Université Brown, a mis la main sur une découverte totalement inattendue. Il s’agit de composés soufrés uniques, jamais identifiés auparavant dans la géologie terrestre.

Ainsi, l’échantillon analysé provient de la vallée Taurus-Littrow. C’est là où les astronautes avaient formé une carotte de 60 cm de sol de la Lune à l’aide d’un tube à double entraînement. Ce petit cylindre métallique est resté fermé pendant un demi-siècle, protégé par le programme ANGSA (Apollo Next Generation Sample Analysis) de la NASA.

Grâce à une technique très précise appelée spectrométrie de masse à ions secondaires, les chercheurs ont pu mesurer les ratios isotopiques du soufre contenus dans la roche. Ils ont donc analysé la signature chimique du manteau lunaire. Puis, ils ont découvert que le soufre de la Lune n’a rien à voir avec celui de la Terre !

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Une signature chimique extraterrestre

Jusqu’à présent, la communauté scientifique pensait que le manteau lunaire et celui de la Terre partageaient la même composition isotopique. Notamment pour les éléments comme l’oxygène ou le soufre. Mais les résultats de l’équipe de Dottin montrent l’inverse. Ainsi, le soufre de la Lune est très pauvre en isotope soufre-33, une variation qui n’existe pas sur notre planète.

« Ma première pensée a été : Oh là là, c’est pas possible ! », raconte Dottin. Après vérification, le résultat a confirmé que quelque chose, dans la Lune, vient d’ailleurs.

Alors, d’où vient cette différence radicale ? Deux hypothèses se démarquent. Soit ces isotopes se sont formés au cours de réactions chimiques très anciennes, juste après la naissance de la Lune. Soit, ils proviennent directement de Théia, l’objet céleste de la taille de Mars qui aurait percuté la Terre il y a plus de 4,5 milliards d’années, donnant naissance à notre satellite. Ces grains de soufre pourraient donc bien être les derniers vestiges chimiques d’un monde disparu.

Un demi-siècle après sa collecte, un simple échantillon de la Lune vient donc de révéler une anomalie chimique inédite, différente de tout ce qu’on trouve sur Terre. Le soufre de la Lune pourrait bien être le témoin direct de la collision originelle entre la Terre et Théia. C’est un rappel fascinant que, parfois, les plus grands mystères dorment juste sous une fine couche de poussière grise.

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