L’IA générative s’impose dans les services achats, mais son déploiement reste limité. EFESO dresse un état des lieux précis dans son baromètre 2026.
L’IA générative attire les directions achats, mais reste encore loin d’une adoption massive. L’étude CPO Annual Pulse 2026, signée EFESO, met en lumière l’écart entre intention et mise en œuvre. Tests, prudence, gouvernance : la réalité opérationnelle est bien plus complexe que le discours ambiant. Et seules quelques entreprises réussissent à dépasser le stade des pilotes.
Une IA bien installée dans les esprits, moins dans les process
Pour EFESO, l’enthousiasme initial laisse place à une démarche plus pragmatique. Les directions achats ne cherchent plus à tester coûte que coûte, mais à identifier les rares cas où l’IA générative délivre une valeur concrète. Parmi les 50 directeurs achats interrogés à travers l’Europe, une écrasante majorité indique être encore en phase de test. 40 % débutent l’exploration, 35 % mènent des pilotes. Seuls 5 % ont franchi le pas vers un déploiement global.
« Ce que nous observons n’est pas un manque d’intérêt, mais une montée en discipline », souligne Gaël Sandrin, Principal chez EFESO. Les décideurs sont désormais focalisés sur le coût, l’efficacité et les conditions de succès plutôt que sur l’effet nouveauté. La vague IA n’a donc pas disparu, elle se canalise.
Des usages précis, mais circonscrits
L’étude révèle des usages très ciblés, concentrés sur des tâches en amont du cycle source-to-contract. L’analyse des contrats, la recherche de fournisseurs ou encore la veille sur les marchés fournisseurs figurent parmi les premiers territoires investis. Pourquoi ceux-là ? Parce qu’ils allient forte densité de données, risque maîtrisé et retour sur investissement plus lisible.
En revanche, des applications plus ambitieuses comme la négociation automatisée peinent à convaincre. Complexité d’intégration, exigences réglementaires et fragilité des données freinent leur adoption. Pour l’instant, l’IA générative reste un levier de productivité ponctuel plus qu’un outil de transformation globale.
Maturité technologique : un facteur de clivage
L’enquête pointe également une fracture entre grandes entreprises et PME. Si 80 % des grands groupes utilisent régulièrement l’IA générative dans les achats, ce taux chute à moins de 40 % chez les plus petites structures. Budget, ressources humaines et gouvernance expliquent cette inégalité croissante.
La confiance, elle aussi, reste un obstacle majeur : fiabilité des données, conformité, confidentialité, autant de facteurs limitants. Pour Kenneth Sievers, associé chez EFESO, « 2026 ne sera pas l’année de l’IA générative pour toutes les entreprises, mais elle marquera des choix structurants ». L’heure n’est plus à l’expérimentation tous azimuts. L’IA se gagne à la discipline.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.
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