La France pourrait-elle être elle aussi frappée par l’IA ? Parce qu’en Chine, les salariés commencent à s’inquiéter pour leur poste. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le changement est déjà en marche.
L’IA qui va prendre nos emplois, ce n’est sans doute pas la première fois que vous l’entendez. On l’a dit, répété, débattu sur tous les plateaux et dans d’innombrables threads LinkedIn. Mais pendant que l’Occident discute encore, la Chine, elle, expérimente déjà. Et sur le terrain, les signaux sont moins confortables qu’on veut bien le croire.
Réduction des effectifs
En Chine, l’IA qui remplace les emplois n’est plus une inquiétude abstraite. C’est déjà une réalité. Beaucoup redoutent pour leur avenir professionnel. À Hong Kong, Frances Xu, directrice marketing de 30 ans, n’a pas encore vu ses collègues se faire licencier du jour au lendemain. Mais elle préfère ne pas laisser le hasard décider. Elle se forme à la médecine traditionnelle chinoise, pariant sur des métiers jugés difficiles à automatiser.
Les chiffres confirment ce malaise. Selon une étude de McKinsey, plus d’un tiers des entreprises de la Grande Chine s’attendent à réduire leurs effectifs à cause de l’IA. Certaines anticipent même une baisse de plus de 10 % de leurs salariés dès l’an prochain.
L’outil écrit déjà plus de la moitié du code produit en interne. Cela va évidemment changer quelque chose. La peur s’installe malgré que les géants comme Tencent ou Baidu assurent que l’IA transforme les métiers sans supprimer de postes.
Mais ce sont les jeunes qui trinquent en premier. Des postes autrefois accessibles avec cinq ans d’expérience sont désormais confiés à des profils beaucoup plus juniors, dopés par l’IA. Dans un pays où près de 12,7 millions de diplômés arriveront sur le marché du travail en 2026, la concurrence devient féroce. Ce changement soulève donc la question : la France va-t-elle suivre cette même tendance liée à l’IA ?
En France, en Chine ou ailleurs, l’IA est en train de changer quelque chose
Parce que du côté des dirigeants, le discours est bien rodé. Ren Zhengfei, patron de Huawei, parle de rationalisation. C’est-à-dire que l’IA permet déjà d’alléger de 30 % la charge de travail des ingénieurs logiciels, et jusqu’à 70 % à terme. Ce qui fait grimper les exigences managériales.
Chez Huawei Cloud, certains ingénieurs racontent devoir produire des volumes de code délirants. Cela sous prétexte que l’IA peut faire la moitié du boulot. Mais l’IA n’est pas seule en cause de la perte d’emploi. La nuance vient justement de là. Il y a aussi le ralentissement économique, la crise immobilière ou encore les sanctions américaines.
En Chine, les licenciements massifs sont étroitement surveillés par l’État pour éviter toute tension sociale. Les entreprises préfèrent donc réduire les effectifs par petites touches, année après année, tout en gelant les embauches.
Et contrairement aux États-Unis, l’IA chinoise est encore largement utilisée comme outil de productivité. Notamment dans l’industrie et le hardware. Le gouvernement pousse une approche homme-machine, censée créer de nouveaux emplois plutôt que d’en détruire. Pour l’instant, ça amortit le choc. Mais pour combien de temps ?
De son côté, la France regarde toute cette tendance IA de loin. Enfin pour le moment. Les Français auront toujours droit au même discours rassurant, aux mêmes promesses de collaboration humain-IA.
En revanche, les mêmes craintes chez les jeunes actifs sont présentes. La différence ? Le marché du travail français est plus rigide, mais pas immunisé. Si l’IA commence à faire en Chine ce que certains redoutaient à voix basse, difficile d’imaginer que l’Europe y échappe totalement. La question n’est peut-être plus si l’IA va bousculer l’emploi en France. Mais quand. Et surtout, à quelle vitesse.
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