Nos smartphones sont-ils vraiment dangereux pour notre santé au point même de provoquer un cancer ? Depuis neuf ans, le public attendait une réponse et en 2025 L’ANSES livre enfin son verdict.
L’ANSES a publié son nouveau rapport sur les radiofréquences. Des centaines d’études, des années d’enquête, des débats parfois enflammés… pour un résultat qui refuse toute conclusion définitive. Alors, les ondes des smartphones donnent-elles réellement le cancer ? Le sujet reste sensible, d’autant plus que nos pratiques mobiles ont radicalement changé en une décennie. On téléphone moins, on scroll bien plus, et les antennes se sont multipliées.
Le verdict de l’ANSES laisse sur sa faim
Après neuf ans d’attente, l’ANSES a enfin rendu son avis sur quoi les ondes de smartphone provoquent-elles le cancer. Après avoir décortiqué près de 1000 études publiées entre 2013 et 2024, et n’en avoir retenu que 250 exactement solides, l’agence conclut qu’aucun lien de causalité n’est démontré entre radiofréquences et cancers.
Smartphone et cancer : « Pas de lien mis en avant », selon l’Anses après l’analyse de 250 études scientifiques
— Le Parisien | santé (@leparisiensante) November 26, 2025
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Pour comprendre ce non-verdict, je vous emmène en 2016. À l’époque, une étude du National Toxicology Program avait observé des tumeurs cardiaques rares (des schwannomes) chez des rats exposés aux radiofréquences. Le ministère de la Santé avait alors missionné l’ANSES pour faire le tri dans une littérature scientifique déjà riche.
Depuis, d’autres travaux ont suivi, dont l’étude européenne Mobikids ou de grandes enquêtes épidémiologiques. Mais une fois passées au tamis méthodologique inspiré du CIRC, aucune preuve jugée « suffisante » n’a émergé.
Les études humaines restent biaisées, les tests sur animaux divergent, et les mécanismes biologiques proposés (comme le stress oxydant) sont trop génériques pour désigner un coupable. Par conséquent, pour l’ANSES, les radiofréquences restent inclassables en termes de risque cancérogène.
Les usages ont changé, les expositions aussi
Le paradoxe, c’est que jamais les Français n’ont été aussi équipés. 98 % possèdent un mobile, dont 91 % un smartphone. Pourtant, notre manière de les utiliser s’est transformée. On ne colle plus son téléphone contre son oreille pendant une heure ; oreillettes, haut-parleur et messages vocaux ont pris le relais. La tête est donc moins exposée qu’avant.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Si l’exposition « à l’ancienne » recule, une autre augmente. C’est celle liée à l’explosion du trafic Internet mobile. Vidéos, réseaux sociaux, streaming… Les smartphones sont devenus des machines à données. Avec la 4G puis la 5G, les opérateurs ont densifié les antennes. Et cela a créé un bain d’ondes diffus et permanent.
Toutefois, L’ANSES recommande surtout du bon sens technologique. Comme modérer l’usage, utiliser oreillettes ou haut-parleur, privilégier le Wi-Fi en intérieur, et préserver les plus jeunes.
Pendant ce temps, le chantier scientifique reste immense. L’ANSES appelle à harmoniser les protocoles, à mieux mesurer les usages réels, et à continuer le suivi des grandes cohortes comme COSMOS. De plus, certains travaux évoquent déjà des effets possibles sur la fertilité ou le fonctionnement cérébral. Et, bien sûr, l’agence promet d’examiner ces pistes.
L’ONG Alerte Phonegate, elle, dénonce le rapport de l’ANSES comme « compromis » et trop favorable aux industriels. Ce qui est sûr, c’est que l’incertitude reste la règle et que le débat, lui, ne fait que commencer.
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