Les prix de la RAM n’en finissent plus de monter, et les joueurs comme les créateurs commencent à le sentir passer. La faute à qui ? Pas seulement à l’IA. Le problème est bien plus tordu que ça.
En voyant le prix de la RAM, vous vous demandez si c’est normal ? Oui, la mémoire vive est devenue l’un des composants les plus imprévisibles du marché. Pendant des années, la DRAM évoluait tranquillement, entre baisses régulières et petites hausses de saison. Aujourd’hui, c’est tout l’inverse. Les tarifs s’envolent sans prévenir et les stocks fondent. Mais que se passe-t-il exactement ? Vous ne l’aviez sûrement pas vu venir.
L’IA : le premier responsable de cette augmentation du prix de la RAM
Vous vous demandez sûrement quel est le lien. En réalité, la mémoire de nos PC se retrouve en concurrence directe avec celle des énormes infrastructures dédiées à l’IA. Les modèles actuels dévorent des quantités impressionnantes de mémoire ultra rapide. Notamment la fameuse HBM, une DRAM haut débit empilée verticalement.
Chaque wafer utilisé pour fabriquer de la HBM ne sert pas à produire de la DDR5, de la LPDDR ou de la GDDR. Ainsi, les géants du cloud verrouillent des contrats massifs, et les fabricants suivent la demande. C’est logique, les marges sont colossales.
Le public, lui, passe donc en second plan. Les barrettes DDR5 encore abordables il y a peu affichent désormais des tarifs bien plus élevés. Pire encore, les puces DRAM vendues au comptant s’arrachent tellement vite que les prix bondissent de façon totalement décorrélée de la demande réelle.
Cerise sur le gâteau, même les anciennes générations comme la DDR3 et la DDR4 augmentent. Parce qu’on les fabrique de moins en moins vite que les gens arrêtent d’en acheter. Oui, c’est aussi absurde que ça en a l’air.
Moins de concurrence, plus de priorités
Comme si tout cela ne suffisait pas, Micron a décidé de quitter le marché grand public en abandonnant sa marque Crucial. Une marque qui, pourtant, servait souvent de référence en termes de prix raisonnables. Elle disparaîtra en 2026. Et quand un acteur majeur quitte la scène, vous connaissez la suite. Les deux autres, Samsung et SK Hynix, se retrouvent seuls à bord.
Samsung, de son côté, maximise ses profits en basculant une partie de sa production vers la DDR5 pour serveurs, bien plus rentable. SK Hynix produira plus en 2026, mais l’essentiel partira encore vers l’IA. Les consommateurs ne sont pas toujours pas prioritaires.
Les effets se propagent partout. La GDDR utilisée dans les cartes graphiques grimpe à son tour. La LPDDR des smartphones suit exactement la même trajectoire. Même les SSD reprennent de la valeur, car une partie de la NAND part désormais alimenter les data centers. Et les fabricants PC comme Dell, Lenovo, HP commencent déjà à prévenir. Ils parlent de hausses à deux chiffres pour 2026.
Bref, le marché ne s’effondrera que si la demande en IA ralentit ou si la production augmente massivement. Mais construire une usine DRAM prend des années et coûte des milliards. Alors, accrochez-vous, les prix de la RAM ne redescendront pas tout de suite.
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