Le prix de la RAM DDR5 explose de +100 à +300 % en quelques mois à cause de la ruée des géants de l’IA sur les usines.
La mémoire vive n’a jamais été aussi chère, certains kits DDR5 valent aujourd’hui trois à quatre fois leur prix d’il y a trois mois. Pendant ce temps, les cartes graphiques retrouvent des tarifs presque humains… mais pour combien de temps encore ?
Une pénurie de RAM causée par l’IA
Les trois géants coréens et américains – Samsung, SK Hynix, Micron – consacrent la majorité de leurs usines à la mémoire HBM. Cette dernière est celle qui alimente les supercalculateurs d’intelligence artificielle.
Les puces DDR5 destinées aux PC passent alors au second plan. Par conséquent, les stocks s’effondrent. Un kit 32 Go DDR5-6000 valant 85 € en août dépasse aujourd’hui 310 € dans la plupart des boutiques européennes.
Certains modèles 64 Go approchent les 750 €. Même la RAM DDR4, pourtant en fin de vie, voit son prix doubler en quelques semaines.
Les SSD subissent le même choc et la mémoire NAND manque aussi. Un disque 2 To PCIe 4.0 coûte désormais 50 à 90 € de plus qu’à la rentrée
Les fabricants réduisent volontairement leur production pour faire remonter les marges après deux années de prix trop bas.
Le prix de la RAM monte en flèche, celui du GPU redescend enfin sur terre
C’est le grand paradoxe du moment et il faut le dire avec le sourire tant il est savoureux. Pendant que la RAM joue les fusées, les cartes graphiques retombent doucement dans l’atmosphère des prix raisonnables.
La RTX 5070 se trouve à 599 €, parfois moins. La RX 9070 XT touche enfin son MSRP de 599 dollars chez plusieurs revendeurs américains et européens.
La RTX 5060 et la RX 9060 XT flirtent même avec des tarifs inférieurs aux recommandations officielles.
Pour la première fois depuis 2021, il devient possible d’acheter une carte milieu/haut de gamme sans vendre un rein.
Ce retour à la normale tient à plusieurs facteurs. Les stocks se reconstituent et la demande en cryptomonnaies reste faible. Et surtout, Nvidia et AMD ont largement sécurisé leurs besoins en puces graphiques pour 2025 avant la grande ruée IA sur les usines de mémoire.
2026 s’annonce déjà plus douloureux
La parenthèse enchantée va se refermer vite. AMD a confirmé à ses partenaires que tous les GPU augmenteront d’au moins 10 % dès janvier 2026.
Nvidia prépare la même chose, même si l’entreprise reste discrète. La faute revient toujours au même coupable : le coût de la mémoire vidéo GDDR7 explose.
Une RTX 5080 embarque 24 Go de GDDR7. Quand le prix du gigaoctet augmente de 40 à 60 %, le coût de fabrication suit mécaniquement. Les deux constructeurs refusent de rogner davantage sur leurs marges déjà comprimées.
Les analystes de TrendForce sont formels. Le prix de la RAM DDR5 continuera de grimper jusqu’au deuxième trimestre 2026 au minimum.
Les contrats HBM signés avec les géants de l’IA courent encore sur de longs mois. Aucune usine ne réallouera de lignes de production avant la fin de ces engagements.
Le marché européen ressent déjà les premières secousses. Les distributeurs reçoivent moins de kits mémoire qu’espéré.
Parallèlement, certains modèles disparaissent purement et simplement des catalogues. Les assembleurs de PC portables et de mini-PC annoncent déjà des hausses de tarif pour janvier.
Si vous avez besoin d’une nouvelle carte graphique, achetez maintenant. La fenêtre des prix GPU décents se referme rapidement.
Si vous envisagez d’augmenter la RAM ou de passer à une plateforme DDR5, attendez si possible l’été 2026. Rien n’indique une baisse avant cette date. Le marché des composants reste cyclique et imprévisible.
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