Google vient officiellement d’acquérir la startup de cybersécurité israélienne Wiz. L’opération d’un montant de 32 milliards de dollars a été entièrement réglée en espèces.
Dans le cadre de l’accord, Wiz sera intégrée à Google Cloud. L’objectif est de simplifier l’innovation pour les entreprises mais aussi de renforcer leur sécurité. Le directeur général de Google, Sundar Pichai, l’a d’ailleurs rappelé.
Que la sécurité en ligne fait partie de la mission fondamentale de l’entreprise. Une mission devenue encore plus cruciale à mesure que les organisations et les gouvernements déplacent leurs infrastructures vers le cloud et adoptent massivement l’intelligence artificielle générative.
Cela dit, même si Wiz rejoint l’écosystème Google Cloud, il continuera à opérer sous sa propre marque. L’entreprise a également précisé qu’elle maintiendra son engagement à sécuriser les clients quel que soit le cloud utilisé.
Mis à part cela, il faut savoir que Wiz compte environ 1 800 employés. Cependant, l’effectif ne devrait pas être modifié après l’intégration.
Le plus important rachat jamais réalisé dans l’histoire ?
Si vous voulez tout savoir, cette opération représente un record pour la tech israélienne. Elle dépasse largement les précédentes grandes acquisitions.
L’acquisition devrait d’ailleurs profiter aux finances publiques israéliennes. Les autorités estiment que la transaction pourrait générer près de 10 milliards de shekels. Soit environ 3,2 milliards de dollars, en recettes fiscales.
Jusqu’ici, tout le mérite était attribué au rachat de Mobileye en 2017 par Intel pour 15,3 milliards de dollars. Il s’agit pour info d’une société spécialisée dans les technologies d’aide à la conduite basée à Jérusalem.
Par ailleurs, pour Google aussi, cette opération établit un nouveau sommet historique. Le précédent record, l’acquisition de Motorola Mobility pour 12,5 milliards de dollars en 2012, est loin derrière.
Pas étonnant que le rachat ne s’est pas fait en un seul acte.
Les précédents de l’opération
En 2024, Google avait déjà tenté de mettre la main sur Wiz avec une proposition estimée à 23 milliards de dollars. Toutefois, l’offre avait été refusée par le PDG de l’entreprise, Assaf Rappaport.
Selon The Information, à l’époque, le CEO était convaincu que sa société pouvait atteindre une valorisation encore plus élevée. Elle prévoyait aussi une entrée en Bourse. Puis début de l’année 2025, les discussions ont finalement repris.
Quelques mois plus tard, en mars 2025, Google annonçait officiellement un accord pour racheter Wiz pour 32 milliards de dollars. Soit neuf milliards de plus que la proposition précédente. La guerre entre Israël et le Hamas faisait alors rage à Gaza.
Là encore, ce n’était pas encore gagné. Car avant de devenir définitive, la transaction a toutefois dû franchir plusieurs obstacles réglementaires. Les autorités américaines n’ont donné leur feu vert qu’en novembre 2025.
Les régulateurs européens, eux, ont validé l’opération en février 2026 après des examens antitrust. C’est alors que le rachat a pu être finalisé.
Pourquoi Google a acquis Wiz ?
Pour ceux qui ne le savent pas, Wiz a été fondée début 2020 par Assaf Rappaport, Yinon Costica, Ami Luttwak et Roy Reznik. Il s’est fait connaître grâce à sa plateforme de sécurité. Cette dernière est capable de protéger plusieurs environnements cloud en identifiant et en neutralisant les cybermenaces.
Il va de soi donc qu’avec ce rachat, la maison mère Alphabet compte muscler sa plateforme Google Cloud. Pourquoi ? Primo, pour séduire davantage d’entreprises grâce à une solution de sécurité capable de fonctionner dans ces environnements multicloud.
Car voyez-vous, les grandes organisations utilisent rarement un seul cloud. Elles répartissent leurs infrastructures entre plusieurs fournisseurs comme Amazon Web Services, Microsoft Azure, Oracle Cloud ou Google Cloud.
Et secundo, pour rivaliser plus directement avec ses grands concurrents, notamment Amazon et Microsoft. Cependant, ce n’est pas tout.
Les deux sociétés ont également prévu de collaborer pour créer une plateforme de sécurité unifiée. Celle-ci devrait combiner les capacités de renseignement sur les menaces et les opérations de sécurité de Google avec la technologie de protection cloud et d’analyse développée par Wiz.
Cette plateforme est destinée à aider les organisations à détecter les menaces plus tôt et à réagir plus rapidement lorsqu’une attaque survient. Une vraie réponse aux solutions des concurrents tels que Palo Alto Networks et CrowdStrike.
Les prochains obstacles qui barreront la route à Google
Dans les grandes acquisitions technologiques, l’annonce et la validation réglementaire attirent toute l’attention. Peu se doute que la partie la plus difficile commence après la signature.
L’intégration de Wiz dans l’écosystème de Google elle-même est, par exemple, le premier défi. Littéralement. Car fusionner la plateforme avec les outils existants de Google Cloud ne serait pas une mince affaire.
Le processus peut être extrêmement coûteux en temps et en ressources. Il peut même arriver que des couches technologiques doivent être entièrement reconstruites.
Un autre défi concerne le maintien de la neutralité multicloud. La force de Wiz repose sur sa capacité à protéger des infrastructures hébergées chez plusieurs fournisseurs.
Beaucoup d’entreprises utilisent en parallèle des services comme Amazon Web Services ou Microsoft Azure. Si les clients ont le sentiment que la solution favorise désormais Google Cloud, certains pourraient se tourner vers d’autres outils de sécurité.
Google devra donc trouver un équilibre délicat entre renforcer son propre cloud et conserver l’ouverture qui a fait le succès de Wiz.
La question de la confiance des clients constitue également un enjeu important. Les entreprises qui utilisent Wiz aujourd’hui ne sont pas toutes clientes de Google Cloud. Certaines pourraient ainsi s’interroger sur la manière dont leurs données de sécurité seront utilisées après l’acquisition.
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