Les disques durs restent dominants dans les data centers. Ils allient capacité, fiabilité et efficacité, malgré l’essor des SSD et la croissance continue des besoins en données.
Longtemps annoncés comme obsolètes, les disques durs restent au cœur des infrastructures numériques. En 2024, 56 millions de disques durs d’entreprise ont été livrés dans le monde, contre 59 millions de SSD. La capacité cumulée de ces derniers reste toutefois quatre fois supérieure. Loin d’être dépassée, cette technologie continue de répondre aux besoins croissants des centres de données, avec efficacité, fiabilité et maîtrise des coûts.
La domination silencieuse du disque dur dans les data centers
Bien qu’ils aient disparu des ordinateurs personnels, les disques durs demeurent la solution de stockage de référence dans les centres de données. Leur rapport capacité/prix reste imbattable. À capacité équivalente, les SSD coûtent encore de cinq à huit fois plus cher. Rainer W. Kaese, Senior Manager chez Toshiba Electronics Europe, rappelle un point important : « Même si leur prix devait égaler celui des disques durs, il faudrait des décennies et des investissements considérables pour augmenter la capacité de production à un niveau où les SSD pourraient éventuellement remplacer les disques durs. »
La production de mémoire flash, pilier des SSD, reste bien plus complexe que celle des disques durs. Cette difficulté freine toute généralisation. Résultat : les nouvelles capacités de stockage installées dans les centres de données s’appuient massivement sur les disques durs, toujours plus performants. En 2024, ceux-ci ont permis de stocker 959 exaoctets de données, contre 226 pour leurs homologues SSD. Face à l’explosion des données – IA, streaming, objets connectés – cette supériorité en capacité reste déterminante.
Des innovations techniques qui repoussent les limites
Si le disque dur fête bientôt ses 70 ans, il ne cesse d’évoluer. Les ingénieurs du secteur continuent d’en repousser les limites grâce à des technologies d’enregistrement avancées. Après l’introduction des disques remplis d’hélium, une nouvelle étape s’ouvre avec les techniques MAMR (enregistrement magnétique assisté par micro-ondes) et HAMR (assisté par chaleur). Ces technologies prennent désormais le relais.
Ces innovations reposent sur l’utilisation de micro-ondes ou de lasers pour réduire l’énergie magnétique nécessaire à l’écriture. Résultat : des têtes d’écriture plus compactes et une densité de données accrue. À ce rythme, des disques durs de 50 téraoctets par unité pourraient voir le jour dans les prochaines années. Cette course à la capacité s’accompagne d’un maintien de la stabilité des coûts, un avantage décisif pour les opérateurs cloud et les géants du web.
Fiabilité, efficacité énergétique et performances collectives
Contrairement aux idées reçues, les disques durs sont loin d’être des composants fragiles ou énergivores. Leur taux de défaillance moyen dans les environnements professionnels reste bas – autour de 0,35 %. « Cela correspond à seulement sept disques défectueux par an dans un centre de données comptant 2 000 disques durs en fonctionnement », souligne Kaese. De quoi rassurer les exploitants qui cherchent des solutions pérennes.
Côté consommation, leur efficacité énergétique progresse aussi : un disque haute capacité consomme entre 0,3 et 0,5 W par téraoctet, soit un niveau comparable à celui des SSD. Quant à leurs performances, souvent décriées, elles deviennent bien plus compétitives lorsqu’ils sont intégrés en grappes dans les infrastructures modernes. Des débits de 15 Go/s et 15 000 IOPS sont aujourd’hui courants. Ils suffisent à répondre aux exigences de la plupart des usages.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.
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