Au large de Cherbourg, un nouveau géant d’acier vient de quitter discrètement les quais pour ses premiers essais en mer. Derrière cette sortie très surveillée se cache un programme stratégique destiné à transformer en profondeur la flotte sous-marine française d’ici la fin de la décennie.
Le sous-marin nucléaire d’attaque De Grasse vient de prendre la mer pour ses premiers essais. Ce bâtiment appartient au programme Barracuda développé pour renouveler la flotte française. Après des années de travail chez Naval Group, l’engin quitte enfin les quais. Ce départ marque une étape importante dans le calendrier naval français. La livraison finale du sous-marin reste prévue au cours de l’année 2026.
Ce bâtiment représente un élément central pour la dissuasion française actuelle. Les ingénieurs ont travaillé de longues années dans les ateliers de Cherbourg. Soudures complexes, tests multiples et contrôles minutieux ont rythmé le chantier. Aujourd’hui, le De Grasse navigue pour valider ses systèmes avant son entrée officielle en service.
Une construction suivie étape par étape à Cherbourg
Le parcours du De Grasse a commencé en mai 2025 dans les installations de Naval Group. Le sous-marin quittait alors son hall de construction pour rejoindre le bassin Cachin. Les équipes ont ensuite examiné chaque élément technique pendant plusieurs mois. Elles ont vérifié l’étanchéité, la propulsion et la résistance de la coque.
Chaque détail devait être inspecté avant toute sortie en mer. Ce type de bâtiment fonctionne grâce à un réacteur nucléaire. La moindre défaillance technique reste donc inacceptable pour les ingénieurs responsables.
Un moment marquant s’est produit le 12 décembre 2025. La chaufferie nucléaire du sous-marin a démarré pour la première fois. Les spécialistes appellent cette étape la « première divergence ». « C’est le moment où la réaction nucléaire démarre de manière contrôlée pour produire de l’énergie », expliquent les ingénieurs. Le cœur énergétique du De Grasse venait alors de s’activer pour la première fois.
Des essais en mer pour valider toutes les capacités
Depuis le 25 février 2026, les essais se poursuivent désormais en mer. Les premières navigations ont lieu dans la Manche avant de rejoindre l’Atlantique. Plusieurs institutions supervisent ces tests techniques et opérationnels.
La direction générale de l’armement participe aux contrôles avec Naval Group. La direction des applications militaires du CEA intervient également dans ces opérations. TechnicAtome accompagne aussi les équipes techniques présentes à bord.
Les sous-mariniers de la Marine nationale pilotent le bâtiment durant ces essais. Leur mission consiste à vérifier progressivement chaque système embarqué. Les équipes doivent confirmer les performances avant la livraison finale.
Le programme Barracuda renouvelle la flotte française
Le De Grasse représente le quatrième sous-marin du programme Barracuda. Ce projet prévoit la construction de six sous-marins nucléaires d’attaque. Les trois premiers bâtiments ont déjà rejoint la Marine nationale.
Le Suffren est entré en service en juin 2022. Le Duguay-Trouin a suivi en avril 2024. Le Tourville a rejoint la flotte en juillet 2025. Deux autres unités restent encore en construction aujourd’hui. Les sous-marins Rubis et Casabianca doivent rejoindre la flotte avant 2030.
Ces nouveaux bâtiments remplaceront progressivement les anciens SNA de type Rubis. Ces sous-marins datent des années 1980 et approchent désormais de la retraite.
Des capacités militaires nettement renforcées
Les Barracuda se distinguent par leurs performances sous-marines. Ils naviguent plus vite et restent plus longtemps en mission. Leur discrétion acoustique reste également nettement améliorée sous l’eau.
Ces sous-marins disposent aussi de capacités opérationnelles élargies. Ils peuvent déposer discrètement des commandos dans des zones hostiles. Ils peuvent également frapper des cibles terrestres à longue distance.
Des missiles de croisière peuvent être lancés depuis les profondeurs marines. « Peu de pays disposent de ce type de capacité opérationnelle », rappellent les spécialistes militaires. Grâce à ces bâtiments, la France conserve sa place parmi les grandes puissances navales mondiales.
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