OpenAI préparerait sa propre plateforme de dépôt de code, une alternative directe à GitHub. Mais cette nouvelle pourrait affecter la relation, déjà complexe, entre l’entreprise et Microsoft.
OpenAI envisagerait de développer sa propre plateforme de gestion de code pour remplacer (au moins partiellement) GitHub. Cette plateforme est aujourd’hui l’outil central de collaboration pour des millions de développeurs. Et il appartient justement à Microsoft, le principal investisseur d’OpenAI.
Si l’entreprise de Sam Altman décide réellement de s’en affranchir, ce ne serait pas seulement pour des raisons techniques. Pannes répétées, pression des projets d’IA, ambitions d’OpenAI… cette initiative révèle des tensions plus profondes dans l’alliance la plus influente de la tech actuelle.
Les pannes GitHub agacent de plus en plus les ingénieurs d’OpenAI
La première explication est la fiabilité. Ces derniers mois, plusieurs interruptions de GitHub ont perturbé le travail des équipes d’OpenAI. Par conséquent, les développeurs n’ont pas pu valider du code ou collaborer pendant plusieurs heures. Pour une entreprise qui développe des modèles d’IA utilisés par des centaines de millions de personnes, ce genre de blocage devient vite critique.
Un rapport publié par GitProtect montre d’ailleurs que les incidents liés à GitHub auraient augmenté de 58 % en 2025. Et cela avec 17 pannes majeures qui totalisent plus de 100 heures d’interruption.
Certaines perturbations seraient liées à la migration progressive de l’infrastructure de GitHub vers Microsoft Azure. Cette transition crée une architecture hybride. Une partie des services fonctionne encore depuis l’ancien centre de données de Virginie. Tandis que d’autres sont déjà hébergés sur Azure. Cela à causé des problèmes de configuration et des interruptions intermittentes.
Début février 2026, une panne de quatre heures a ainsi été attribuée à un problème Azure. Une autre interruption plus longue aurait été provoquée par un simple changement de configuration. Pour des équipes d’OpenAI qui travaillent en continu sur des modèles critiques, ce type d’incident est insupportable.
💻 OpenAI is developing an internal alternative to Microsoft’s GitHub
— QSI Media – News, Analytics, World. (@MediaQSI) March 5, 2026
OpenAI is developing its own code repository platform as an alternative to Microsoft's GitHub. The project was prompted by a rise in GitHub outages that left OpenAI engineers unable to commit or collaborate on… pic.twitter.com/Rum2jdttt8
Par ailleurs, les plateformes de code ont été conçues pour des équipes humaines qui collaborent sur des projets relativement classiques. Mais l’arrivée de l’IA change complètement l’échelle.
Aujourd’hui, les modèles doivent gérer des volumes de données gigantesques et des cycles d’expérimentation très rapides. Sans oublier les infrastructures distribuées sur plusieurs data center. C’est pourquoi la moindre panne peut ralentir des équipes entières ou retarder l’entraînement d’un modèle.
Certaines grandes entreprises ont également développé leurs propres solutions internes. Google utilise par exemple son système Piper, tandis que Meta s’appuie sur Sapling. Mais ces outils n’ont jamais été proposés au public.
Pourquoi OpenAI veut contrôler toute sa chaîne de développement ?
Face à ces problèmes, l’entreprise aurait donc décidé de créer son propre environnement de développement. L’objectif d’OpenAI serait de disposer d’une plateforme, comme GitHub, totalement intégrée à son infrastructure d’IA. Cela permettrait de mieux gérer les flux de données entre les modèles, les outils de programmation et les systèmes d’entraînement.
Les équipes d’OpenAI auraient déjà expérimenté différents outils pour maintenir leur productivité même lors d’interruptions externes. Certains ingénieurs auraient par exemple testé des environnements de programmation qui fonctionnent directement sur des ordinateurs portables. Et combinés à des outils de codage assisté par IA.
La future plateforme pourrait aussi intégrer directement Codex, les agents de programmation d’OpenAI qui peuvent écrire et modifier du code automatiquement. Dans ce scénario, le dépôt de code ne serait plus seulement un espace de stockage, mais un véritable environnement de développement piloté par l’IA.
Une autre piste évoquée est l’utilisation de technologies réseau avancées. Comme Ultra Ethernet, afin d’accélérer la circulation des données dans les infrastructures d’IA. Ainsi, OpenAI chercherait à créer un système optimisé pour le développement assisté par IA, plutôt que de dépendre d’un outil conçu initialement pour des workflows classiques.
La situation est gênante pour Microsoft
Si ce projet aboutit, la situation pourrait devenir délicate pour Microsoft. Le géant de Redmond possède environ 27 % d’OpenAI et reste son principal partenaire cloud. Mais il est aussi propriétaire de GitHub, acquis en 2018 pour 7,5 milliards de dollars.
Voir OpenAI développer un concurrent potentiel de GitHub serait donc un signal paradoxal. Une entreprise financée en partie par Microsoft construirait un outil susceptible de concurrencer l’un de ses produits stratégiques. Ce ne serait d’ailleurs pas la première friction entre les deux entreprises. Par exemple, OpenAI a déjà intégré dans ChatGPT plusieurs fonctionnalités qui remplace certains outils de la suite Office.
Pour l’instant, il n’est pas certain que la plateforme GitHub d’OpenAI soit destinée au public. Elle pourrait rester un outil interne. Mais certaines sources évoquent déjà la possibilité d’ouvrir l’accès aux clients d’OpenAI. Si cela se produisait, le projet deviendrait un cas assez unique dans la Silicon Valley. Un startup soutenue par un géant de la tech qui se mettrait à concurrencer directement son investisseur.
Toutefois, le projet d’OpenAI de remplacer GitHub est encore à un stade précoce. Il pourrait s’écouler plusieurs mois avant qu’une version opérationnelle voie le jour. Mais même à l’état de prototype, l’idée montre que l’IA évolue si vite. Et que même des contraintes techniques peuvent bousculer les alliances les plus solides.
Cela m’intrigue aussi de voir jusqu’où l’entreprise veut contrôler sa propre infrastructure. Car si OpenAI commence à bâtir ses propres outils (dépôts de code, agents de développement, plateformes de collaboration) alors une nouvelle phase pourrait s’ouvrir. Celle d’un acteur de l’IA qui construit son propre écosystème logiciel, concurrent de celui de ses partenaires. Et dans ce scénario, Microsoft pourrait bien se retrouver dans une position assez inconfortable.
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