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Osez l’IA : ce que pensent vraiment les pros du plan du gouvernement

Le plan « Osez l’IA » promet de faire entrer 100 % des grandes entreprises, 80 % des PME et 50 % des TPE dans l’ère de l’intelligence artificielle. Mais entre ambitions politiques et réalités de terrain, que faut-il vraiment en attendre ? Nous avons interrogé plusieurs professionnels — dirigeants, utilisateurs, fournisseurs — pour comprendre ce que ce plan change vraiment.

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L’intelligence artificielle fait désormais partie des priorités affichées du gouvernement. Le 1er juillet 2025, Clara Chappaz annonçait le lancement du plan « Osez l’IA » : un programme national censé accélérer l’adoption de l’IA dans toutes les entreprises françaises, des grands groupes aux artisans. À la clé : formations gratuites, diagnostics cofinancés, fonds de garantie et objectifs chiffrés à horizon 2030.

Mais entre la promesse et l’exécution, un écart persiste. Les outils européens restent minoritaires. Les projets peinent à sortir du POC. Et beaucoup de dirigeants, malgré les discours, n’osent pas encore franchir le pas.

Pour mieux comprendre ce qui freine ou facilite l’adoption de l’IA dans les entreprises, nous avons posé nos questions à plusieurs acteurs du terrain : fournisseurs, utilisateurs, dirigeants engagés. Vision stratégique, retour d’expérience, mise en œuvre concrète… leurs réponses dessinent les contours d’une IA qui ne demande plus à être rêvée, mais déployée.

« On prolonge l’illusion tant que l’IA ne tourne pas dans les entreprises »

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Homeric de Sarthe, directeur général de Craft AI, milite depuis des années pour une IA explicable, souveraine et concrète. Face au plan du gouvernement, il répond sans détour : les intentions sont là, mais l’industrialisation reste absente du débat.

Une stratégie sans pilote ?

Le gouvernement reste neutre sur les fournisseurs. Ni Mistral, ni HuggingFace, ni OpenAI ne sont mentionnés dans le plan. Une prudence stratégique… ou un non-choix assumé ? Le dirigeant préfère y voir un appel à l’écosystème, mais regrette l’absence de cap clair :

« Lorsque la FrenchTech a été lancée, le gouvernement a lancé un appel. Les entreprises y ont répondu et l’offre s’est structurée. On retrouve cette même approche.
Ce qui, dans un marché en permanente mutation, composé d’acteurs historiques comme Craft AI et d’une armée de jeunes pousses, n’est pas plus mal.
Mieux vaut porter tout un écosystème, que 2 ou 3 acteurs encore aux pieds d’argile. »

Une IA de confiance… sous condition

Comment construire une IA « de confiance » si les entreprises continuent de se tourner par défaut vers des outils américains ? Pour le patron de Craft AI, le cadre réglementaire actuel manque de fermeté.

« C’est là tout l’enjeu. La confiance n’exclut pas le contrôle. À nous, sociétés européennes, de montrer que nous assurons un parfait contrôle des données qui nous sont confiées et une parfaite maîtrise dans l’exécution de nos IA.

Les pouvoirs publics doivent dorénavant protéger en imposant aux entreprises présentes sur le sol européen l’usage d’un pourcentage minimum d’outils européens. Les Américains le font, les Chinois le font, pourquoi pas nous ? »

Le vrai blocage ? La peur du risque

Pourquoi tant d’entreprises restent-elles à la traîne, malgré l’abondance de cas d’usage ? La réponse est tranchée : ce n’est pas un problème de compétence. C’est un problème de courage.

« Les cas d’usages sont connus et nombreux sont ceux transverses aux entreprises. Ce qui coince est la capacité et la volonté des entreprises européennes à prendre des “risques” en choisissant des solutions proposées par des acteurs moins connus.

L’adage “Nobody gets fired for buying IBM” (on ne se fait jamais renvoyer pour avoir choisi IBM) s’applique aujourd’hui aussi aux GAFAM, mais il ne s’applique pas lorsqu’il s’agit d’outils européens.
Nous ne manquons pas de vision, et nos compétences sont supérieures à celles des Américains et des Chinois.

La principale raison est la taille de nos structures qui, même lorsqu’elles sont leader sur leur marché national, restent trop souvent des nains à l’échelle européenne ou internationale. »

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Comment déclencher l’action chez les DSI ?

Même les entreprises volontaires butent sur la frilosité des directions informatiques. Comment faire sauter ce verrou ? Pas sans volonté politique, répond-il.

« Les DSI ont pour mission de garantir la stabilité et la sécurité des systèmes informatiques.
Cela signifie que les décisions prises doivent inclure une prise de risque minimum et/ou calculée.

Si le sujet de la souveraineté perdure, les pouvoirs publics vont devoir mettre en place des politiques en faveur des solutions européennes et les directions dans les entreprises devront les faire appliquer.

Toutefois, le passage à l’action ne sera possible que si deux conditions sont respectées :

  1. Que les entreprises privilégient des solutions et des outils européens ;
  2. Et de garantir aux DSI qu’ils ne seront pas tenus responsables si la solution retenue n’offre pas toutes les garanties de son concurrent américain.

Là où nous avons une opportunité, c’est qu’il n’est pas nécessaire, comme le résume Luc Julia, “d’utiliser un bazooka pour enfoncer un clou”.

Les sociétés européennes peuvent se spécialiser dans la création et le déploiement d’IA spécialisées et à forte valeur ajoutée, plutôt que de vouloir concurrencer un outil idyllique, global, générique et universel.

Une des principales raisons à cela est que ces infrastructures restent trop petites et entièrement dépendantes des équipements américains fabriqués en Chine et intégrant des puces taïwanaises. »

L’Académie de l’IA : outil utile ou vitrine politique ?

Le plan prévoit une plateforme de formation gratuite. Bonne idée ? Le ton se fait mesuré mais encourageant : former, oui, mais avec un objectif clair.

« Seule l’histoire peut répondre à cette question mais je soutiens et soutiendrai toujours les initiatives qui viennent proposer d’accélérer l’adoption, plutôt que de la ralentir.

L’IA est considérée comme une boîte noire avec des pouvoirs magiques. Former sur l’IA et les possibilités qu’elles offrent permettra de réduire les débats stériles.

Il faut se focaliser sur les cas d’usages et les bénéfices que l’on peut en tirer. Les PME sont les reines de l’agilité.

Si elles y voient un gain de productivité, et donc de compétitivité, elles adopteront la solution. Et pour cela, la promesse d’« Osez l’IA » permet de viser la lune… alors visons la lune ! »

Gilles Hirschfell (Atelier H) : « L’IA nous fait gagner du temps, qu’on réinvestit dans la vente »

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Artisan boucher-charcutier en Alsace, Gilles Hirschfell dirige l’entreprise Atelier H. Depuis plusieurs mois, son équipe utilise l’intelligence artificielle développée par la startup Choco pour automatiser la saisie des commandes. Le gain est immédiat : du temps, de l’énergie et une nouvelle dynamique commerciale.

Une illustration concrète de ce que le plan « Osez l’IA » cherche à généraliser, à condition que les outils soient bien pensés et bien accompagnés.

Deux heures gagnées par jour : un impact direct sur l’organisation

L’introduction de l’IA a profondément modifié le quotidien des équipes : la saisie manuelle des commandes a été remplacée par une logique de redéploiement vers des missions commerciales.

« L’intérêt de l’outil d’IA de Choco est de pouvoir économiser du temps sur la gestion des commandes, afin de réallouer ce temps à des missions à plus forte valeur ajoutée.

Le personnel chargé de la prise de commandes a donc gagné en efficacité, au point que nous avons pu mettre fin aux heures supplémentaires.

À terme, l’objectif est que le temps libéré grâce à l’IA soit entièrement redirigé vers un soutien à la force commerciale, par exemple en renforçant la relation client afin d’augmenter notre panier moyen. »

Lever les craintes, former correctement : la clé d’une adoption fluide

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Comme souvent, la barrière n’était pas technologique, mais humaine. Il a fallu expliquer, rassurer, et surtout montrer l’intérêt de cette nouvelle approche.

« L’IA est un investissement. Il a donc été nécessaire d’expliquer aux équipes qu’il n’y avait pas d’inquiétude à avoir sur leur emploi, l’objectif étant qu’ils puissent passer davantage de temps sur la vente de marchandises au lieu de saisir des commandes.

Il a également fallu un temps de formation pour expliquer le fonctionnement : la bonne utilisation de l’outil, la nécessité d’entraîner l’IA, les bonnes pratiques pour que l’outil devienne un appui efficace au quotidien

Aujourd’hui, l’IA est un vrai atout pour Atelier H et les équipes qui l’utilisent ont compris l’intérêt de cette technologie. Nous ne reviendrons pas en arrière. »

Oui, les artisans peuvent (et doivent) franchir le cap

Pour lui, la généralisation de l’IA est inévitable dans les petites entreprises. C’est une question de survie compétitive autant que d’efficacité.

« Aujourd’hui, l’IA est devenue incontournable : les entreprises qui n’ont pas encore franchi ce cap seront amenées à le faire prochainement si elles souhaitent rester compétitives.

Chez Atelier H, nous avons choisi de remettre en question nos méthodes, partant du principe que ce n’est pas parce qu’une chose n’a jamais été faite qu’elle ne peut pas évoluer.

Avec Choco, notre objectif est de faire progresser l’entreprise et de gagner des parts de marché. L’IA représente, en ce sens, un levier essentiel — et de plus en plus d’entreprises en prennent conscience. »

Pas d’aide publique, mais un accompagnement privé exemplaire

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La réussite du projet repose sur l’implication forte du prestataire tech. Aucune aide institutionnelle, mais un partenariat bien ficelé.

« Nous avons été approchés par les équipes de Choco, qui nous ont présenté leur solution d’intelligence artificielle – cela répondait à un vrai besoin pour nous.

L’accompagnement a été complet dès le départ : un chef de projet nous a été dédié, avec qui nous avons travaillé main dans la main tout au long de l’implémentation.

L’équipe Choco a pris en charge l’intégration de nos données, le paramétrage de l’outil selon nos flux de commandes, et même la pré-formation de l’IA pour qu’elle soit déjà pertinente dès la première utilisation.

La formation a été réalisée sur site, avec des sessions collectives et un suivi individuel, ce qui a permis à nos équipes — commerciales comme service client — de monter en compétence rapidement.

Aujourd’hui, le suivi continue avec des points réguliers et un support très réactif. Ce partenariat nous a permis d’adopter une technologie de pointe sans alourdir nos ressources internes, tout en nous assurant des gains rapides en efficacité. »

Un bon signal… mais encore insuffisant

Le plan « Osez l’IA » est vu comme une initiative utile, mais pas encore à la hauteur des enjeux pour les petites structures.

« Cette démarche visant à accompagner le déploiement de l’IA en entreprise va dans le bon sens, mais elle n’est qu’une première étape.

Si l’on veut vraiment concrétiser le développement des outils de ce genre, il est important de pouvoir s’appuyer également sur des acteurs dont c’est le métier, qui comprennent le fonctionnement particulier de notre secteur.

Il faut également que les chefs d’entreprise prennent la mesure du changement de paradigme que l’IA peut représenter pour gagner en compétitivité. »

AntemetA : « Un cloud souverain exige bien plus que de la localisation »

mathias trocme

Matthias Trocmé, Business Developer Cloudian & AI specialist chez AntemetA, insiste : le plan “Osez l’IA” ne peut sérieusement parler de souveraineté sans poser des fondations claires sur le cloud souverain.

« Avant de pouvoir parler de Cloud souverain, il est important de rappeler que le “Cloud” n’est pas un lieu ou la solution de quelques grands acteurs mais un modèle opérationnel », précise-t-il d’emblée. Ce modèle repose sur plusieurs briques : portail utilisateur, services “à la carte” (aaS), métriques, automatisation, refacturation, FinOPS…

Mais pour que ce cloud soit réellement souverain, deux conditions sont incontournables : la localisation et les opérations.

« Un cloud ne peut être souverain que si :
– La localisation l’est (infrastructures, données, flux, personnels) ;
– Les opérations le sont (outils souverains ou supply chain auditée). »

Et dans le cas d’applications IA, la vigilance doit être totale. Trocmé détaille les facteurs à surveiller de près :

« La souveraineté est possible ! Mais elle doit prendre en compte de multiples facteurs :
– Le modèle et les données qui ont été utilisées pour le créer ;
– La chaîne d’alimentation des données et d’utilisation ;
– L’hébergement, l’administration, la supervision ;
– Les outils associés. »

Le risque, selon lui, ne vient pas forcément des modèles, mais de tout ce qui les entoure : API tierces, SaaS à l’étranger, dépendances invisibles. D’où sa conclusion nette : « Se tourner vers des entreprises expertes sur la protection de la donnée et ayant une maîtrise totale des infrastructures, systèmes et services mis à disposition reste l’approche la plus sûre. »

Maîtriser l’IA, c’est d’abord maîtriser les briques techniques

Quand on parle d’IA maîtrisée, encore faut-il savoir de quoi on parle. Pour AntemetA, cela suppose une chaîne de confiance complète, de la création du modèle à son usage concret.

« Une IA maîtrisée est la combinaison de plusieurs facteurs : le modèle, les données utilisées pour le créer / l’entraîner, son intégration, celles exploitées lors de son usage, ainsi que les limitations et garde-fous mis en place. »

Parmi les critères clés :

  • Transparence sur les données de création, d’entraînement, de contextualisation ;
  • Pertinence du modèle choisi : « Ne pas choisir un LLM si un SLM suffit, car plus le modèle est “Large”, plus il est opaque » ;
  • Sécurité de l’infrastructure (cyber-résilience, sauvegarde, continuité) ;
  • Qualité des données et gouvernance rigoureuse (droits, rafraîchissement, véracité) ;
  • Prompting contrôlé avec garde-fous clairs.

En clair : impossible de parler d’IA maîtrisée sans architecture maîtrisée.

L’IA pour les TPE : c’est déjà une réalité

Contrairement à certaines idées reçues, l’IA n’est plus réservée aux grands groupes. Matthias Trocmé confirme : « L’accès des TPE/PME s’est clairement démocratisé. Nombre de solutions et applications intègrent désormais des fonctions basées sur l’IA. »

Créer un modèle from scratch ? Trop coûteux. Mais une personnalisation via fine-tuning, voire une simple contextualisation avec les données internes (principe d’inférence ou RAG), est déjà à portée de nombreuses PME.

« Cette méthode repose sur le principe d’inférence — c’est-à-dire la contextualisation d’un modèle préentraîné avec des données internes. De plus en plus répandue, elle est aujourd’hui proposée par plusieurs entreprises européennes, rendant l’adoption de l’IA possible même pour les TPE. »

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Des dispositifs publics encore trop rigides

AntemetA a bien tenté d’entrer dans les dispositifs “Osez l’IA”, France Num ou Bpifrance. Mais sans succès pour l’instant.

« L’accès aux marchés publics reste toujours un processus de référencement et d’allotissement laborieux ne simplifiant pas les candidatures. Nous avons initié des réponses sur certains des référencements, mais les expertises spécifiques ou transverses rentrent rarement dans ces dispositifs rigides. Nous n’avons à ce jour pas eu de retour quant aux candidatures soumises. »

Le vrai risque : croire aux promesses magiques

Enfin, Matthias Trocmé met en garde contre une fausse croyance trop répandue : celle d’une IA gratuite, générique et miraculeuse.

« Le principal défi que nous observons reste l’identification de cas d’usage en IA à la fois pertinents, rentables et réalisables, ainsi que des données nécessaires à leur mise en œuvre. Les solutions proposées par les géants étrangers souffrent souvent d’un désengagement progressif des utilisateurs, car elles sont trop généralistes et ne répondent pas aux besoins spécifiques des utilisateurs finaux. »

« Sans données, pas d’IA utile » : l’alerte de Matthias De Bièvre

mathias de bièvre

Pour Matthias De Bièvre, fondateur de VISIONS et président de Prometheus-X, l’intention du plan “Osez l’IA” est bonne… mais il oublie un pilier fondamental : la circulation des données.

« On continue de raisonner IA comme une technologie de calcul, et non comme un système qui dépend d’un écosystème de données qualifiées, accessibles, traçables et activables », explique-t-il d’emblée. Avant de prévenir : « Sans données diversifiées, représentatives et interconnectées, il n’y a pas d’IA utile, ni responsable. Ce qui manque aujourd’hui, c’est une infrastructure claire et partagée de circulation des données. »

Autrement dit, le plan actuel parle d’IA… mais trop peu de la qualité, la diversité et la souveraineté des données qui alimentent ces systèmes. Un oubli qui risque de rendre l’effort vain.

Les « data spaces » : un changement de paradigme

Mais qu’est-ce qu’un data space exactement ? Là aussi, De Bièvre tient à distinguer : « Un data space n’est pas un simple outil de stockage ni un cloud sécurisé : c’est une infrastructure qui permet un partage sécurisé et standardisé des données entre acteurs publics et privés. »

Contrairement au cloud qui se contente de stocker, le data space organise les conditions de partage, de traçabilité et de conformité. « On passe d’un stockage passif à un réseau actif de confiance », résume-t-il. Et surtout, on évite la centralisation : chaque acteur garde la main sur ses données.

Une IA concrète… grâce aux bons flux de données

Pour illustrer, Matthias De Bièvre évoque un exemple bien réel, actuellement en cours au sein du Skills & Education Data Space :

« Le projet consiste à développer un chatbot IA d’orientation, fondé sur une IA capable d’analyser les compétences des étudiants et de leur fournir des recommandations ultra-personnalisées pour renforcer leur employabilité. »

Loin d’un simple moteur de recherche, ce chatbot intelligent agrège des données éducatives, des référentiels de compétences, des catalogues de formation. « Headai développe le moteur d’analyse, LAB University of Applied Sciences fournit les données des étudiants avec leurs consentements (parcours, CV), et Inokufu ainsi que Edunao enrichissent le système. »

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L’État doit activer l’existant

Sur le rôle de l’État, la position de De Bièvre est nette : il est temps d’utiliser ce qui existe déjà. « L’Europe a déjà financé, depuis des années, les infrastructures nécessaires au partage de données interopérables et sécurisées : les data spaces », rappelle-t-il.

Mais ces outils peinent à percoler dans les politiques publiques. Pour y remédier, il propose deux leviers concrets :
un plan d’accès aux données publiques et privées ;
une préférence européenne dans les marchés publics technologiques.

« L’État doit permettre l’accès aux données dont il est responsable […] et les rendre activables via les infrastructures de partage », insiste-t-il.

Pas de souveraineté sans souveraineté… des données

Conclusion sans détour : « La souveraineté de l’IA commence par la souveraineté de l’accès aux données. »
Faute de stratégie claire, l’Europe continuera d’exploiter des IA formées ailleurs, sur des jeux de données biaisés ou inadaptés.

Et De Bièvre d’insister : « L’IA de demain ne se jouera pas seulement sur la puissance de calcul ou la régulation. Elle se jouera sur l’accès à des données de qualité et diversifiées pour entraîner les IA. Et c’est précisément ce que permettent les data spaces. »

Des intentions aux transformations : le chemin est encore à faire

Le plan « Osez l’IA » vise juste : démocratiser l’intelligence artificielle dans tout le tissu économique français, pas seulement dans les grands groupes. Sur le papier, les outils sont là : formations, hubs territoriaux, diagnostics subventionnés… Le gouvernement affiche sa volonté d’agir.

Mais l’impact réel reste à prouver. Car entre la stratégie nationale et le quotidien des dirigeants de TPE-PME, il y a souvent un fossé : crainte du changement, manque de temps, méconnaissance des bons outils, ou simplement peur de se tromper.

Les retours du terrain montrent une réalité simple : ce ne sont pas les algorithmes qui bloquent, ce sont les habitudes, les doutes, ou l’absence d’accompagnement concret. L’IA n’avance que lorsqu’elle est incarnée, pilotée, intégrée dans une logique métier.

La bonne nouvelle ? Ça commence à bouger. Des artisans, des PME, des ETI testent, adoptent, expérimentent. Et lorsque l’outil est bien pensé, bien formé, les résultats sont là.

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