L’industrie européenne dilapide près d’un quart de ses budgets cloud alors que les coûts liés à l’IA explosent. Cette étude dévoile comment le manque d’efficacité économique freine directement la souveraineté numérique du continent.
Le rapport Digital Sovereignty Trilemma d’Insight révèle un paradoxe inquiétant pour l’économie numérique. Tandis que les entreprises cherchent à s’émanciper technologiquement, elles gaspillent des millions d’euros en capacités informatiques inactives. Ce surplus de dépenses pèse lourdement sur la capacité d’investissement dans l’intelligence artificielle. Les décideurs font face à un arbitrage complexe entre performance immédiate et indépendance durable.
Un gaspillage qui coûte cher à l’innovation
Le constat interpelle ! Dans la zone EMEA, la moitié des structures injectent jusqu’à 5 millions d’euros annuels dans leurs infrastructures distantes. Pourtant, l’efficacité n’est pas au rendez-vous. En moyenne, 24 % des capacités souscrites restent totalement inutilisées. Pour une société classique, cela représente une perte sèche de 900 000 euros par an. Cet argent, évaporé dans des abonnements superflus, manque cruellement à l’appel lorsqu’il s’agit de financer des plateformes de données sécurisées ou de muscler les systèmes face aux cybermenaces.
Ce phénomène s’explique par une habitude de prudence excessive. Pour éviter toute interruption de service, 47 % des organisations font le choix de surdimensionner leurs outils. Elles achètent du stockage et de la puissance de calcul « au cas où ». Cela fige des sommes colossales dans des architectures lourdes et rigides.
Le dilemme entre contrôle et performance
Le rapport met en lumière un véritable bras de fer permanent. Les dirigeants doivent désormais jongler entre l’exigence de résultats financiers, la solidité technique et la protection des données. Gernot Hofstetter, co-CEO de Yorizon, souligne que la souveraineté, la résilience et l’économie réelle ne tirent pas toujours dans le même sens. Il prévient que sans une réflexion profonde sur l’architecture logicielle, les entreprises risquent de rester prisonnières de solutions technologiques fermées.
La situation se corse avec l’arrivée massive de l’IA, qui gonfle la facture d’hébergement de 12 % chaque année. Si le contrôle des données devient une priorité pour 82 % des décideurs à court terme, les vieilles habitudes ont la vie dure. Plus de la moitié des entreprises lancent encore de grands projets sans calculer précisément le coût de revient global.
Lancer au fur et à mesure un modèle hybride plus intelligent
La France montre toutefois l’exemple d’une prise de conscience rapide. Si un peu plus de la moitié des responsables hexagonaux placent la souveraineté en tête de liste aujourd’hui, ils seront 80 % dans moins de trois ans. Ce changement de mentalité pousse à l’adoption de modèles hybrides. Cela mêle cloud public et serveurs privés dédiés.
Pour Adrian Gregory, président d’Insight EMEA, il est temps de voir l’informatique comme un levier stratégique plutôt que comme une simple charge. Il est important de supprimer les ressources fantômes et de reprendre la main sur la visibilité des dépenses. L’Europe peut enfin libérer les fonds nécessaires pour devenir une puissance de l’IA à l’échelle mondiale.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.
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