Olivier Lambert Vates

Virtualisation et souveraineté numérique : entretien avec Olivier Lambert, CEO de Vates

Face à la crise de confiance suscitée par la stratégie de Broadcom après le rachat de VMware, les alternatives ouvertes gagnent du terrain. Olivier Lambert, cofondateur et CEO de Vates, revient sur les bouleversements du marché de la virtualisation et les enjeux de souveraineté.

Dans ce contexte, les solutions open source comme celles portées par Vates – basées sur XCP-ng et Xen Orchestra – se positionnent comme des options viables. Olivier Lambert, cofondateur et CEO de Vates, explique les raisons d’un tel mouvement, les opportunités ouvertes par cette crise et le sens d’un partenariat récent avec Nexsan.

Le choc Broadcom-VMware : hausses de coûts et remise en question du leadership  

Le marché de la virtualisation était dominé par VMware depuis des années. L’acquisition par Broadcom a créé un « évènement de marché » majeur. La nouvelle maison mère, axée sur une rentabilité rapide, a imposé une refonte complète du licensing.

Olivier Lambert décrit : « Le leader historique s’appelle VMware, racheté par Broadcom. Aujourd’hui, la hausse de tarifs est telle qu’on parle de multiplications de 5 à 10. Les gens cherchent des alternatives. »

Ces changements incluent le passage à un licensing per core, la fin des contrats perpétuels, des bundles forcés et des minimums d’achat élevés. De nombreux clients rapportent des hausses de tarifs multiples, souvent trois à dix, voire plus dans certains cas mid-market ou éducation. 

Bien que les migrations restent complexes et chronophages, ces évolutions poussent à une fuite vers des concurrents, y compris open source. Vates, avec sa stack XCP-ng + Xen Orchestra, se retrouve positionné pour capter ces migrations.

Mais Lambert insiste : « Pour être pertinent sur ce marché qui s’est ouvert, on ne peut pas être pertinent tout seul, il faut avoir des partenaires, créer un écosystème. » Fin novembre 2025, Vates et Nexsan ont validé l’interopérabilité entre la stack Vates VMS (XCP-ng + Xen Orchestra) et Nexsan Unity.

Cette validation couvre le stockage quotidien des disques VM et les sauvegardes, avec une approche sur étagère.

Redistribution de la charge de travail

Historiquement, on centralisait tout dans un grand data center. Aujourd’hui, on voit des architectures plus distribuées, avec des besoins de traitement à la périphérie — le fameux Edge.

En parallèle, il y a un mouvement inverse du « tout cloud ». Des entreprises quittent les hyperscalers comme AWS ou Google pour reprendre le contrôle sur leurs données. Une réévaluation motivée par des raisons de coûts, jugés plus élevés que prévu chez certains grands fournisseurs, ainsi que par un besoin accru de contrôle des données.

« Cette revirtualisation crée un nouveau marché, dans lequel nous sommes très bien positionnés. Les entreprises veulent héberger chez elles, avec des solutions simples, efficaces, économes et sans dépendance à un fournisseur unique », explique Olivier.

Xen Orchestra gère plusieurs sites depuis une interface centrale, avec stockage ou backup distant possible via Nexsan. Lambert observe effectivement une demande croissante pour le multi-site et l’edge : « Notre solution est complètement capable de faire du multi-site. On constate une augmentation de la demande dans ce besoin-là. »

Lambert parle d’un début de mouvement de revirtualisation. Ramener les workloads chez soi pour que « la donnée sache chez soi » et éviter les fournisseurs extra-européens. Ce mouvement reste émergent, avec des défis opérationnels associés.

Open source et API ouvertes contre le vendor lock-in

L’open source est au cœur de la proposition Vates. Code source disponible (XCP-ng basé sur Xen), auditable, transparent. « Le code est accessible à tous, on diminue le vendor lock-in. Ça réduit le risque, ça donne confiance. »  

Les API ouvertes complètent le tableau : elles s’intègrent facilement dans les systèmes d’information existants et permettent même la co-construction. « L’API est ouverte et améliorable. Si vous voulez développer une fonctionnalité, vous pouvez nous le demander… ou la coder vous-même pour qu’on l’intègre officiellement. » ajoute-t-il. 

C’est tout le contraire des écosystèmes fermés, où la moindre modification dépend exclusivement du fournisseur. Lambert le dit bien : « Il y a 10-15 ans, l’open source était une particularité. Aujourd’hui, c’est quasiment un standard. »

DSI, architectes IT… reprenez la main sur votre infrastructure

La virtualisation évolue, le cloud aussi. Et les entreprises reprennent conscience que la maîtrise de leurs données, de leurs coûts et de leurs outils est stratégique.

Notre message est que des alternatives existent. Des solutions ouvertes, souveraines, fiables et économiquement viables.

Ces dernières ne sont pas seules : elles s’inscrivent dans des écosystèmes matures et solides, comme celui que nous construisons avec Nexan. L’avenir de la virtualisation passe par l’ouverture, la transparence et la collaboration.

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