L’Académie de Théâtre de Shanghai vient de faire entrer un nouveau profil dans son prestigieux programme de doctorat. Pas un jeune prodige au regard rêveur, non ! C’est un robot humanoïde nommé Xueba-01.
Il est le premier de son genre à décrocher une place dans un doctorat en théâtre et en cinéma. Certes, des robots ont déjà été intégrés dans des dispositifs pédagogiques en tant qu’outils d’apprentissage.
Cependant, leur reconnaissance en tant qu’étudiants à part entière demeure un phénomène rarissime. Quoi qu’il en soit, Ce “bel adulte métallique”, comme le décrivent ses créateurs, va apprendre à jouer, scénariser et même diriger des opéras chinois.
Xueba-01 : un étudiant pas comme les autres, et drôle en plus de ça
Si l’on croit le professeur Yang Qingqing, chargé du suivi de Xueba-01, il ne s’agit pas d’une simple expérimentation technologique. Le but est d’instaurer un véritable dialogue esthétique entre l’homme et la machine.
Bien entendu, son intégration dans un domaine aussi chargé de tradition que l’opéra chinois n’a pas manqué de susciter des réactions partagées. À l’Académie de Théâtre de Shanghai, par exemple, certains étudiants s’interrogent.
Un robot pourra-t-il réellement incarner la profondeur des émotions humaines ? C’est-à-dire ces « expressions riches » et cette « voix unique » qui font la quintessence de l’opéra.
D’autres critiques, plus pragmatiques, quant à elles, pointent les disparités économiques. Au fait, de nombreux étudiants en arts perçoivent moins de 3 000 yuans mensuels, soit environ 420 euros. Alors, voir des ressources allouées à un étudiant artificiel ne manque pas de heurter.
Mais face à ces critiques, Xueba 01 a choisi l’autodérision. Le robot a déclaré que son échec académique pourrait bien signer la fin de son existence. Ce qui se fera sous la forme d’une dégradation ou suppression de son système et de ses données.
Avec humour, il a ajouté qu’il finirait peut-être exposé dans un musée, rejoignant ainsi, à sa manière, l’histoire de l’art.
La Chine au cœur d’une tendance mondiale
Cette initiative de Shanghai est inédite. Ça je lui accorde. Cela dit, l’intégration des robots dans le milieu éducatif n’est pas une nouveauté.
Aux États-Unis, des programmes de formation par IA et enseignants robots sont déjà prévus pour 2025. D’ailleurs, en 2017, le robot humanoïde américain BINA48 avait déjà suivi des cours de philosophie à l’Université Notre-Dame de Namur. Et ce, avant de co-enseigner à l’académie militaire de West Point.
En Europe, des projets similaires existent aussi. Plus de 3 000 robots avatars « AV1 » permettent, par exemple, à des enfants souffrant de maladies chroniques de suivre les cours à distance, en particulier au Royaume-Uni et en Allemagne.
Bref, l’éducation mondiale s’ouvre progressivement à des formes d’apprentissage où la technologie prend une place de plus en plus active. Reste une question.
Ces robots, aussi perfectionnés soient-ils, peuvent-ils véritablement s’inscrire dans des disciplines où la sensibilité et l’émotion sont au cœur de l’apprentissage, comme les arts du spectacle ?
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