Les nouvelles technologies bouleversent la sécurité des jeunes adultes. Et ils sont confrontés à des menaces numériques inédites, des deepfake de plus en plus sophistiqués.
Pourquoi les menaces numériques visent-elles surtout les jeunes ?
La réponse est simple : ce sont eux qui sont les plus présents en ligne. Surtout la génération Z et les Millennials. Selon une étude, 69 % des victimes et 64 % des personnes ciblées par ces arnaques appartiennent à ces générations. Et la plupart des incidents sont causés par l’usage intensif du smartphone, qui multiplie les failles potentielles.
Et ce n’est pas tout. 52 % des victimes privilégient leur téléphone pour naviguer. Et cette mobilité constante les expose à des arnaques sophistiquées via les messageries ou les réseaux sociaux alternatifs, où les contrôles sont souvent faibles. Les jeunes se retrouvent donc super vulnérables.
Quelles sont les méthodes les plus courantes ?
Les techniques de manipulation évoluent sans cesse grâce à l’IA. Aujourd’hui, c’est devenu super simple pour un escroc de créer de faux contenus convaincants. Que ce soit en imitant une voix ou en générant un visage réaliste.
Parmi les méthodes les plus répandues, il y a la sextorsion. Ça consiste à menacer de diffuser des images intimes ou des recherches embarrassantes. Et il y a aussi la production de vidéos truquées ou d’appels simulés de proches.
En 2025, un jeune sur six a rapporté avoir été victime d’une tentative de sextorsion. Et les cybercriminels organisent même de faux enlèvements, avec des appels qui utilisent une voix clonée pour exiger une rançon. La puissance des outils basés sur l’IA rend ces scénarios crédibles et sème la peur, même chez les internautes les plus avertis.
Et qui sont les profils les plus exposés ?
Certains groupes sont particulièrement vulnérables. 65 % des victimes sont des hommes. Avec une forte proportion de jeunes parents et de personnes issues de minorités.
Et cette surexposition, elle s’explique par une confiance excessive. 70 % des victimes se croyaient capables de reconnaître une arnaque.
La fréquentation de plateformes comme Discord ou Twitch augmente aussi le risque, car les contrôles de sécurité y sont limités. Et la vitesse des interactions sur ces réseaux, combinée à la croyance que leur smartphone est naturellement sûr, conduit beaucoup de jeunes à prendre des décisions trop rapides.
Quelles sont les conséquences pour les victimes ?
Les conséquences psychologiques dépassent largement la perte d’argent. Après avoir subi une sextorsion, 9 victimes sur 10 parlent d’un impact émotionnel durable. Et quand plusieurs menaces s’accumulent, l’effet est dévastateur.
En chiffres, 35 % ont vécu un chantage. 21 % ont vu leur réputation entachée. Et 19 % ont constaté des répercussions dans leur vie pro ou scolaire. Les arnaques pilotées par l’IA permettent parfois aux pirates d’ouvrir des comptes financiers frauduleux au nom de leurs cibles. Près d’un quart déclarent avoir été victimes de vol de données. Et 78 % parlent de tentatives quasi quotidiennes, ce qui entraîne un vrai épuisement moral.
Comment réduire les risques ?
Pour se protéger, il faut adopter des réflexes simples mais efficaces. Prenez votre temps avant de réagir à un message suspect. Vérifiez l’identité de celui qui vous parle via un canal fiable. Ou posez-lui une question personnelle difficilement trouvable en ligne. Ces gestes réduisent fortement les risques de tomber dans le piège.
Et surtout, il faut en parler. Comme le dit Shahak Shalev, un expert reconnu, parler de ces expériences, ça permet de briser la honte et d’apprendre collectivement à repérer les signaux d’une arnaque. Et cette démarche collective devient indispensable face à l’ampleur du phénomène.
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