Des hackers russes recrutent des volontaires sur Telegram pour mener des cyberattaques contre l’Europe. À la clé : des missions ciblées, des récompenses en cryptomonnaies et une campagne présentée comme un « jeu patriotique ».
Les campagnes de recrutement ne concernent plus seulement les entreprises en quête de talents. Dans certains coins de Telegram, ce sont des hackers russes qui cherchent à agrandir leurs rangs. Et contrairement à un stage non rémunéré, ici la récompense arrive en cryptomonnaie.
Le groupe NoName057(16), déjà connu pour ses multiples attaques contre des cibles occidentales, a lancé une initiative baptisée « Jeux patriotiques en ligne ». Ce nom évoque davantage un tournoi e-sport qu’une activité criminelle. Pourtant, il sert à recruter des volontaires pour cibler des organisations européennes soutenant l’Ukraine.
Des hackers russes transforment la cyberattaque en jeu à récompenses
Selon des rapports relayés par Cybersecurity Insiders, NoName057(16) utilise Telegram pour attirer de nouveaux participants. Le principe est simple. Les volontaires reçoivent des missions précises et gagnent des récompenses en fonction de leurs résultats. Les hackers russes à l’origine de cette initiative misent sur un système de récompenses pour élargir leurs rangs.
Les tâches proposées couvriraient un large éventail d’activités malveillantes. Certaines consistent à participer à des attaques DDoS visant à saturer des sites web. D’autres impliqueraient la collecte d’informations ou même des opérations liées aux ransomwares.
L’habillage marketing de l’opération intrigue. Le nom « Jeux patriotiques en ligne » semble conçu pour rendre l’initiative plus accessible et moins inquiétante aux novices. Une manière de transformer une activité illégale en compétition numérique aux allures de défi communautaire.
Et comme dans beaucoup de jeux modernes, il existe un système de récompenses. Sauf qu’ici, les points d’expérience sont remplacés par des cryptomonnaies versées sur des portefeuilles numériques.
L’Europe dans le viseur
Le groupe n’a visiblement pas choisi ses cibles au hasard. Le groupe concentre ses efforts sur des pays européens ayant affiché leur soutien à l’Ukraine depuis le début du conflit avec la Russie.
Parmi les organisations visées figureraient des agences gouvernementales, des institutions financières ainsi que des opérateurs d’infrastructures critiques. Des secteurs où une simple interruption de service peut rapidement avoir des conséquences importantes.
Ce n’est pas la première fois que le collectif fait parler de lui. Ces dernières années, NoName057(16) a revendiqué ou inspiré plusieurs campagnes de perturbation numérique. Les autorités et experts en cybersécurité lui attribuent notamment des attaques contre des infrastructures à Taïwan, des aéroports italiens et diverses institutions publiques occidentales.
Ce qui frappe dans cette affaire, ce n’est pas seulement la nature des attaques menées par ces hackers russes. C’est aussi la volonté d’industrialiser le recrutement. Là où les groupes cybercriminels opéraient autrefois dans des cercles relativement fermés, certains cherchent désormais à mobiliser des sympathisants en masse.
Les hackers russes misent sur le patriotisme, les récompenses et la gamification, tandis que Moscou rejette régulièrement toute implication. Les autorités russes qualifient généralement ces accusations de politiquement motivées ou de manifestations de « russophobie ».
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