100 milliards de dollars de valorisation visés pour une entreprise… qui n’existe pas encore officiellement sur les marchés ? Avec Roze AI, SoftBank accélère sur la construction automatisée des centres de données. Une initiative qui pourrait redéfinir la vitesse et les coûts de déploiement des infrastructures IA.
SoftBank ne se contente plus de financer l’innovation. Le groupe japonais s’attaque désormais à son socle industriel et lance Roze AI. C’est une entité dédiée à l’automatisation de la construction de data centers. Ainsi, SoftBank veut structurer l’infrastructure physique de l’IA à grande échelle. Avec un projet d’introduction en bourse dès 2026 et une valorisation pouvant atteindre 100 milliards de dollars.
Automatiser les data centers : le nouveau pari de SoftBank
L’intelligence artificielle explose, et le problème a toujours été la capacité à construire rapidement des centres de données. SoftBank tente de résoudre cela avec sa nouvelle entité, baptisée Roze AI. Son ambition est d’automatiser la construction de ces infrastructures, notamment aux États-Unis. Et cela en s’appuyant sur des robots autonomes.
Aujourd’hui, bâtir un data center reste un processus long, coûteux et dépendant de la main-d’œuvre. En injectant de la robotique dans cette chaîne, Roze AI cherche à réduire les délais, standardiser les opérations et améliorer la productivité.
Entre les modèles génératifs, les agents autonomes et les infrastructures cloud, les besoins en puissance de calcul ne cessent d’augmenter. C’est pourquoi il est important d’accélérer la construction de fermes de serveurs, autant pour les hyperscalers que pour les États.
🇺🇸 LATEST: SoftBank plans to establish and list a standalone AI robotics and data center company called Roze in the US at a target valuation of $100 billion, per FT. pic.twitter.com/wZng4u8V51
— Cointelegraph (@Cointelegraph) April 30, 2026
Roze AI, une IPO visée à 100 milliards dès 2026
Ce qui surprend davantage, c’est la vitesse à laquelle SoftBank projette Roze AI dans une logique financière. Selon des informations croisées du Financial Times et du Wall Street Journal, le groupe envisagerait déjà une introduction en bourse dès le second semestre 2026. L’objectif est d’atteindre une valorisation de 100 milliards de dollars.
SoftBank est déjà habitué aux investissements massifs sur des paris technologiques de long terme. Mais cette fois, la logique change. Car il ne s’agit plus seulement de financer des startups. Mais de créer une entité industrielle qui capte une part de la chaîne de valeur de l’IA.
Les sources du Financial Times évoquent toutefois des tensions internes. Certains employés du groupe exprimeraient des doutes sur la pertinence d’une telle valorisation. Ainsi que sur le calendrier très ambitieux. Même tonalité du côté du The Wall Street Journal, qui souligne le caractère encore embryonnaire du projet.
Une nouvelle chaîne de valeur en construction
Par ailleurs, SoftBank n’est pas le seul qui pense à automatiser les infrastructures industrielles grâce à l’IA. Un exemple récent, Jeff Bezos a cofondé Project Prometheus, une initiative qui vise à racheter des entreprises industrielles pour les moderniser via l’IA.
Avec cette convergence entre IA et industrie, on passe d’une logique purement logicielle à une transformation des chaînes physiques. Les centres de données, les usines, les réseaux logistiques deviennent des terrains d’innovation aussi stratégiques que les modèles eux-mêmes.
Ainsi, Roze AI pourrait devenir bien plus qu’un simple projet interne. Si SoftBank parvient à l’industrialiser, l’entreprise pourrait devenir un acteur important de l’infrastructure mondiale de l’IA. Au même titre que les grands fournisseurs cloud.
Toutefois, on se demande s’il faut voir dans cette initiative un futur standard ou un pari risqué de plus ? SoftBank a déjà connu des succès spectaculaires. Mais n’oublions pas aussi ses échecs notables, comme l’investissement dans Zume. Une startup de pizzas robotisées qui a finalement disparue.
Avec Roze AI, le groupe joue donc gros. Mais ici la demande est bien réelle, et les marges de transformation restent immenses. Si l’exécution suit, la valorisation à 100 milliards pourrait ne plus sembler si déconnectée.
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