Ils font la data Maxime Alay-Eddine (Cyberwatch)

Ils font la Data | Maxime Alay-Eddine (Cyberwatch) : “Le marché de la cybersécurité est mûr”

Dans le cadre de notre dossier “Ils font la data”, Maxime Alay-Eddine, président et co-fondateur de Cyberwatch, a accepté de faire un point sur l’année écoulée et sur les grands enjeux marketing de ce début d’année.

BigData.fr : Un mot pour définir l’année qui vient de passer ?

Maxime Alay-Eddine : Maturité. On constate que le Covid a forcé et accéléré la transformation numérique, il a fallu ouvrir des accès distant pour permettre aux gens de continuer à travailler. C’est aussi vrai pour la cybersécurité. Beaucoup de personnes se sont rendu compte que la cybersécurité ne devait pas être mise de côté. La plupart des structures se sont rendu compte que leur système d’information était un actif primordial pour leur activité, qu’il faut protéger. Nous avons donc de moins de moins besoin d’expliquer notre métier, notre valeur, ou notre approche. La phase d’évangélisation est de moins en moins nécessaire car il y a une véritable prise de conscience du marché. Dans la gestion des vulnérabilités, c’est-à-dire la gestion des failles de sécurité qui affectent des produits utilisés par l’ensemble des salariés, l’évolution est considérable.

Est-ce que cela signifie que vous avez vu arriver de nouveaux clients ?

Nous avons eu beaucoup de nouveaux clients en 2021 mais aussi en 2020 car le marché est désormais mature. Les entreprises ne se posent plus la question de la pertinence du sujet. Elles se demandent : quels outils dois-je choisir ?

Côté marketing, est-ce que cela implique des changements ?

Oui ! On a dû recruter des gens en plus pour gérer la demande, mais c’est une nouvelle charge qu’on peut encaisser. On a doublé la taille de notre entreprise. Nous sommes désormais 25 collaborateurs.

Quelles stratégies mettez-vous en place pour préserver votre culture d’entreprise dans ce contexte ?

Nous autorisons et incitons au télétravail, mais nous tenons à maintenir une présence au bureau quitte, d’ailleurs, à ce que ce ne soit pas forcément pour le travail mais pour faire des activités. Le fait de se voir est essentiel pour se fédérer. Souvent, les jeunes diplômés et notamment les développeurs demandent 100% de télétravail et ne comprennent pas l’intérêt de venir au bureau. Or, pour créer et conserver une culture d’entreprise mais aussi pour le bien-être de la personne, cela nous semble indispensable de maintenir une présence au moins ponctuelle et de tisser des liens.

Avez-vous, à cause du contexte, modifié ou adapté votre stratégie marketing ?

Nous n’avons pas modifié notre stratégie. Les salons, comme le Forum international de la cybersécurité à Lille et les Assises de la sécurité à Monaco, ont continué dans notre secteur. Le seul changement majeur a été de faire réaliser des masques à l’effigie de notre entreprise ! Comme pour le présentiel en entreprises, qui facilite les échanges, je pense que les salons sont importants pour que l’écosystème puisse se retrouver et discuter. 

Et en distanciel ? Avez-vous organisé des choses ? Des webinars peut-être ?

Nous avons organisé des webinars, mais ce n’est pas forcément lié au Covid. C’était plutôt lié à l’actualité. Par exemple, nous avons organisé un webinar lors de la révélation de la vulnérabilité de Log4J. C’était un événement qui a été très médiatisé et donc c’était un vrai sujet de curiosité. Nous avons organisé cet événement sous un format qui n’était pas forcément commercial mais plutôt à visée pédagogique.  

Quels sont les grandes milestones de votre roadmap en ce début d’année ?

Nous travaillons sur l’analyse des réglages de sécurité sur les environnements Microsoft 365 et Google Workspace. Ce sont des outils très utilisés, et très faciles à mettre en œuvre en entreprise. En revanche, ils sont plein de paramètres complexes, dont la moindre erreur peut générer des risques importants. Par exemple : c’est très facile de se tromper dans les paramétrages sur les partages de fichiers car un grand nombre d’options sont activées par défaut. Nous ajoutons donc des mécanismes qui vérifient si l’état de l’art de ces configurations est respecté ou pas.

Rencontrez-vous des difficultés particulières ?

Le fait que les personnes se voient moins est un véritable obstacle. Il devient difficile de rencontrer les personnes, d’autant qu’il existe une vraie fatigue liée au numérique, aux écrans. On le retrouve dans les entreprises, on le retrouve aussi avec les prospects. C’est à nous d’être plus impactant lors des présentations en ligne : l’attention de nos interlocuteurs est officiellement devenue une denrée rare.

Un mot pour 2022 ?

Croissance. On souhaite faire deux fois plus. En chiffres d’affaires mais également en collaborateurs.

 

Propos recueillis par Amandine Durand

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