Le géant chinois MiniMax accélère la cadence. Spécialisée dans l’intelligence artificielle, l’entreprise affiche une croissance spectaculaire et voit désormais beaucoup plus grand. Elle l’a affirmé lundi en présentant un plan d’expansion accéléré et un catalogue enrichi, après une année 2025 particulièrement dynamique.
Son chiffre d’affaires a progressé de 159 % sur un an pour atteindre 79 millions de dollars. Plus de 70 % des ventes proviennent désormais de l’international, un signe clair de son ancrage hors de Chine.
Les revenus issus des produits directement liés à l’IA, notamment les abonnements destinés au grand public, ont bondi de 143,4 %. Le segment plateforme ouverte et services aux entreprises a enregistré une croissance du même ordre.
Il s’agit de la première publication financière depuis son introduction en Bourse à Hong Kong en janvier. Une opération qui lui a permis de lever 4,8 milliards de dollars hongkongais, soit environ 614 millions de dollars américains.
La Chine accélère face aux géants américains
Ces résultats illustrent l’appétit croissant pour des modèles moins coûteux et fondés sur l’open source. Des acteurs chinois comme DeepSeek et MiniMax se positionnent ainsi face aux solutions propriétaires américaines.
DeepSeek pour info concentre ses efforts sur les modèles de raisonnement textuel et les outils pour développeurs. MiniMax, de son côté, mise sur des capacités multimodales intégrant texte, vidéo et audio. La société prévoit d’ailleurs de lancer son nouveau modèle M3 au premier semestre.
Lors d’une conférence téléphonique, le PDG Yan Junjie a expliqué vouloir positionner l’entreprise à la fois comme créateur de modèles et comme plateforme de produits. Ce, tout en maintenant une stratégie open source afin d’attirer des développeurs tiers.
Malgré cette dynamique, son poids reste modeste comparé aux acteurs américains. OpenAI anticipe par exemple un chiffre d’affaires annuel supérieur à 20 milliards de dollars en 2025.
MiniMax lui demeure déficitaire, avec une perte nette de 1,87 milliard de dollars en 2025, contre 465,2 millions un an plus tôt. Cette dégradation s’explique principalement par la variation de la valeur des instruments financiers détenus.
Des modèles : n’est-ce pas trop ambitieux pour Minimax ?
Au cas où vous avez zappé, rappelons que MiniMax privilégie une approche multimodale. Ce qui est bien mignon. Après tout, une telle technologie promet monts et merveilles. Cependant, elle coûte aussi très cher et n’est pas si simple à maîtriser.
Comme l’a bien fait entendre McKinsey, c’est une architecture capable de traiter texte, audio, vidéo et images en même temps. Elle requiert ainsi des algorithmes de fusion de données très complexes et des volumes massifs de données annotées pour fonctionner correctement.
Or, ce niveau d’intégration n’est pas anodin pour les finances d’une entreprise encore déficitaire comme MiniMax. Pourquoi ? Car développer et maintenir un système multimodal coûte en moyenne deux à trois fois plus qu’un modèle unimodal.
Ce, à cause des besoins en infrastructure GPU, en stockage de données, ainsi qu’en spécialistes en vision par ordinateur, NLP et audio. Ajoutez à cela des frais de maintenance récurrents qui peuvent représenter 20 % à 30 % du coût initial chaque année.
À côté de ces défis techniques, la complexité opérationnelle n’est pas à sous‑estimer non plus. L’alignement des flux de données hétérogènes demande des pipelines robustes et une gestion pointue des erreurs. Ce, sans compter que toute maladresse dans une modalité peut se répercuter sur le résultat final.
Reste donc une question sans réponse : MiniMax parviendra-t-il à transformer cette ambition multimodale en succès durable sur le marché mondial ?
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