Ils font la data | Yosra Jarraya (Astrachain) : “Notre solution a fait ses preuves, une période commerciale s’annonce pour Astrachain”

Dans le cadre de notre dossier “Ils font la data”, Yosra Jarraya, co-fondatrice d’Astrachain, revient sur le lancement d’Astrachain, sur les grands enjeux de l’entreprise pour 2022 et répond à la question cruciale : “comment se fait-on une place dans le secteur de la data et de la sécurité”.

BigData.fr : Vous avez lancé Astrachain en pleine pandémie, comment cela s’est-il passé ?

Yosra Jarraya, co-fondatrice d’Astrachain : la décision a été prise à l’été 2020 en pleine crise du Covid. On a lancé le début de la R&D en partenariat avec l’université de Lorraine en septembre 2020. Ce qu’il faut savoir, c’est que mon co-fondateur Gilles Seghaier n’est autre que mon époux et on avait quelques idées en tête depuis un moment. Le Covid a permis deux choses : d’abord de passer plus de temps à la maison et de brainstormer, ensuite de remettre en cause l’ordre établi des choses. L’incertitude ambiante donnait la sensation que beaucoup de choses pouvaient changer à tout moment, et on s’est dit : “n’attendons plus”.

Et pouvez-vous rappeler en quoi consiste Astrachain ?

Notre idée consiste à redonner aux entreprises le contrôle sur leurs données sensibles. Notre toute première idée était de créer un système de blockchain privée au sein des entreprises. En confrontant cette idée au marché, on l’a fait évoluer, pas sur le principe mais sur le mode d’exécution. Aujourd’hui, le marché est ouvert à l’utilisation du cloud, il existe un réel “move to cloud” car la solution permet d’augmenter l’élasticité de la data et d’accélérer son utilisation. Et en même temps, il existe des données d’un niveau de sensibilité tel, que les entreprises refusent de les mettre sur le cloud. Il existe différentes typologies de data et notamment des données que nous appelons  “sensibles”. Il s’agit de données confidentielles, secrètes, personnelles, réglementées que les entreprises auront tendance à bunkeriser au maximum, et qui seront managées en propre ou par un tiers de confiance. Il n’existait rien entre ces deux propositions. On a concentré nos efforts sur le fait d’amener ces données sensibles sur le Cloud sans sacrifier leur sécurité. C’est vraiment à cela que sert notre technologie aujourd’hui. L’idée est de ne plus être dans une solution de dépendance vis-à-vis des fournisseurs de stockage. Aujourd’hui, la relation est un peu déséquilibrée entre eux et les entreprises. Quand on a ses données chez un fournisseur et on se retrouve à subir la vulnérabilité de son fournisseur. Astrachain est une solution à ce problème.

Quels sont vos premiers clients ?

Aujourd’hui, on a un peu moins d’une dizaine de clients, c’est encore le début. Néanmoins, on est très fiers d’en être là. On a eu quelques pré-commandes avant même le lancement, et on a pu faire quelques POC alors que notre produit était en cours de finalisation. Je ne suis pas encore autorisée à donner les noms des clients, mais on a identifié des cas d’usage. Le premier cas d’usage concerne la protection des données d’identité, mais aussi les données de santé. On travaille également sur les données confidentielles des entreprises qui peuvent être liées à la réglementation RGPD, mais aussi au secret des affaires, au droit boursier… Cette sensibilité des données fait qu’on est en lien avec des personnes assez haut placées dans les entreprises. 

Comment êtes-vous parvenus à convaincre vos premiers clients ?

Déjà, avec mes co-fondateurs, on a entre 10 et 15 ans d’expérience dans le secteur. Ensuite, on a tout simplement fait nos preuves, en lançant des tests sur des données qui n’étaient pas sensibles et en réussissant les audits techniques. Par ailleurs, on a lancé une certification ANSI sur la fragmentation de données pour amener l’assurance nécessaire. On est d’ailleurs en discussion avec des fournisseurs pour assurer le stockage des données. 

Cela signifie que vous n’avez actuellement pas de force de vente ?

Actuellement, on reste une deep tech, donc les premières recrues n’ont pas été des commerciaux. On a 15 salariés, 12 personnes sont dans l’équipe “produit” dont 3 doctorants spécialisés dans des sujets très pointus. Finalement, aujourd’hui ce sont essentiellement les trois fondateurs qui sont la force de vente de l’entreprise.

Quels sont vos plus enjeux les plus importants à court terme ?

Nos enjeux c’est de continuer à convaincre de nouveaux clients de la pertinence de notre solution, pas forcément des grands comptes d’ailleurs. On peut considérer d’après les retours clients qu’on a fait nos preuves, donc c’est une période assez commerciale qui s’annonce.

Quelles sont les difficultés majeures que vous rencontrez ?

Sans aucune langue de bois, c’est vraiment le fait qu’il faut détecter les entreprises prêtes à se lancer dans l’innovation. Heureusement, il y en a, mais c’est vraiment notre difficulté en tant que startup. On doit détecter ceux qui ne sont pas suiveurs

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