Levée de fonds : Ethernovia convainc sur le terrain discret de l’IA physique

Les investisseurs misent de plus en plus sur ce que beaucoup appellent désormais « l’IA physique ». La preuve ? La dernière en date est Ethernovia. L’entreprise vient de boucler un tour de table de série B. Elle a réuni plus de 90 millions de dollars.

Le financement a été mené par Silicium Maverick, avec la participation de Partenaires socratiques, Conduit Capital et CDIB-TEN Capital. Les investisseurs déjà présents tels que Porsche SE et Qualcomm Ventures, quant à eux, ont renouvelé leur confiance.

Mais qui c’est, Ethernovia, au fait ? Installée dans la Silicon Valley, c’est une entreprise spécialisée sur un maillon souvent sous-estimé de l’IA embarquée : le réseau. Elle développe des processeurs de paquets Ethernet pensés comme la dorsale de données des machines intelligentes opérant en périphérie de réseau. 

Ces puces jouent un rôle comparable à celui d’un système nerveux, reliant capteurs, unités de calcul et actionneurs. L’enjeu principal réside dans la capacité à transférer d’importants volumes de données de façon prévisible, avec une latence maîtrisée.

En quoi Ethernovia séduit ?

Dans des environnements autonomes, une transmission imprécise ou irrégulière peut perturber la prise de décision. Cela peut même affecter directement la sécurité ou l’efficacité globale.

Or, les architectures réseau traditionnelles, qu’elles soient embarquées ou industrielles, n’avaient pas été conçues pour répondre à ces contraintes. Elles reposent souvent sur une accumulation de bus spécialisés et de connexions point à point, qui finissent par fragmenter les systèmes

Et pourtant, cette approche complique la conception, multiplie les couches techniques et augmente les coûts de développement et de maintenance. Face à ces limites, Ethernovia propose une plateforme fondée sur des architectures Ethernet.

YouTube video

Ces architectures sont pilotées par processeur de paquets, capables d’unifier la mise en réseau, le calcul et l’orchestration des données. Les flux sont agrégés et routés en temps réel, de manière programmable et évolutive. Ce qui facilite l’adoption d’architectures zonales ou centralisées.

Si l’automobile constitue un terrain naturel pour cette technologie, Ethernovia vise un spectre plus large. Voyez-vous, la robotique industrielle, l’automatisation des usines et d’autres machines pilotées par l’IA rencontrent des problématiques similaires. Genre, synchronisation fine, gestion du temps réel et circulation efficace des données. 

Ce qui est fondé. Car d’après le Financial Times, l’IA physique transforme la manière dont les robots interagissent avec leur environnement. Les machines ne se contentent plus de répéter des séquences programmées. Elles perçoivent leur environnement, apprennent des situations imprévues et peuvent collaborer avec des humains.

Ce que cette levée va permettre à Ethernovia 

Dans ces domaines, la performance ne dépend plus uniquement de la puissance de calcul. Mais de la capacité du réseau à relier chaque composant sans délai excessif. Cette évolution s’accompagne d’une convergence architecturale. 

Les systèmes robotiques et industriels adoptent des principes issus de l’automobile, comme les architectures zonales. Tandis que l’automobile emprunte aux centres de données des concepts tels que les réseaux définis par logiciel et l’Ethernet standardisé.

YouTube video

Sauf que cette convergence change les attentes des industriels. Ils ne cherchent plus des solutions ponctuelles, mais des plateformes capables d’évoluer dans le temps. C’est-à-dire, supporter des mises à niveau sur le long terme, des charges de travail mixtes et des niveaux d’autonomie croissants. Ce, sans refonte complète de l’infrastructure.

Le nouveau financement doit donc permettre à Ethernovia d’accélérer le développement et la production de ses prochaines générations de processeurs de paquets. Il contribuera aussi à enrichir ses briques logicielles et de renforcer ses relations avec les clients industriels. 

Quoi qu’il en soit, cette levée de fonds met en lumière une tendance de fond dans l’IA physique. L’intelligence embarquée repose autant sur l’infrastructure que sur les modèles. 

À mesure que l’IA quitte le cloud pour s’intégrer directement aux véhicules, aux usines et aux machines, les puces réseau prennent une place centrale. Les systèmes autonomes étant intrinsèquement temps réel, la fluidité et la prévisibilité des transferts de données deviennent aussi déterminantes que la qualité des algorithmes. 

Dans ce paysage en mutation, les architectures Ethernet centrées sur les paquets dessinent un futur où les machines intelligentes gagnent en modularité, en évolutivité et en adaptabilité logicielle. Ce, à l’image de ce qui s’est produit dans les centres de données au cours des dernières années.

Restez à la pointe de l'information avec LEBIGDATA.FR !

▶ Abonnez-vous à notre chaîne YouTube et Ajoutez-nous à vos favoris sur Google Actualités
Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Newsletter

La newsletter IA du futur

Rejoins nos 100 000 passionnés et experts et reçois en avant-première les dernières tendances de l’intelligence artificielle🔥