Le cannabis, c’est souvent présenté comme le meilleur anti-stress du quotidien. Mais un syndrome transforme une session chill en crash total, avec vomissements en boucle et douleurs atroces. C’est le scromiting.
Apparemment, fumer du cannabis régulièrement peut déclencher un effet secondaire rare, mais très violent. Il s’agit du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde (SHC). Celui-ci pousse des patients à vomir de façon répétée, parfois au point de hurler, d’où le surnom « scromiting ». Des chercheurs américains ont observé une hausse notable des cas depuis quelques années. Au point d’en faire un sujet sérieux en médecine d’urgence.
Le scromiting qu’est-ce que c’est exactement ?
Nous savons tous que le cannabis a cette réputation de booster la détente, la créativité, le chill absolu. Sauf qu’il peut aussi provoquer des bugs assez violents. Et l’un des plus étranges, récemment découvert, s’appelle le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde (SHC). Il s’agit d’une série de crises de vomissements très intenses et récurrentes chez des gens qui consomment du cannabis de manière prolongée.
Ainsi, des chercheurs de l’Université de l’Illinois à Chicago ont analysé des milliers de consultations aux urgences à travers les États-Unis. Ils ont conclu que les visites liées au SHC ont augmenté ces dernières années, surtout chez les jeunes adultes. Et le plus triste dans cette histoire, c’est que les médecins ne sont pas toujours informés de ce syndrome. C’est ce qui complique le diagnostic et retarde les soins.
Un des auteurs, le professeur James Swartz, affirme que « le scromiting est bien réel et devient une part croissante de la médecine d’urgence ». Les personnes atteintes vivent donc des épisodes cycliques de douleurs abdominales avec nausées et vomissements.
Pendant une crise, qui peut durer un à deux jours, certains vomissent tellement fort qu’ils finissent par hurler de douleur. C’est là que le terme « scromiting » devient approprié. C’est donc un mash-up de screaming et vomiting.
Pourquoi ça arrive, et pourquoi maintenant ?
Le scromiting touche notamment les personnes qui consomment du cannabis de façon chronique depuis des années. Nous ne savons pas encore exactement pourquoi le corps agit ainsi, mais l’hypothèse la plus sérieuse parle d’une surdose de stimulation des récepteurs cannabinoïdes dans le système digestif.
Bien que le scromiting soit rare, les chercheurs ont repéré environ 100 000 cas suspects entre 2016 et 2022. Avant le COVID-19, les chiffres étaient plutôt stables. Mais à partir de 2020, les cas ont grimpé en flèche, avec un pic en 2021, avant de redescendre un peu en 2022 tout en restant au-dessus des niveaux pré-pandémiques.
Les chercheurs pensent que la pandémie a probablement contribué à cette montée. Avec le stress, l’isolement, la consommation montent. Qui plus est, il y a la légalisation progressive du cannabis et des variétés de plus en plus riches en THC.
Big Pharma is working very hard to make you think cannabis will kill you or make you extremely sick. To stop “scromiting” you simply stop taking cannabis. Simple. And this is a vanishingly rare condition—never saw it in the ER. https://t.co/wkCBIqYJTl
— Jane Merle (@Danebinet) December 1, 2025
Par ailleurs, depuis peu, le scromiting est officiellement intégré dans la Classification internationale des maladies. Cela rend le diagnostic et le suivi plus simples pour les médecins. Mais encore faut-il qu’ils sachent que ça existe, car les erreurs de diagnostic sont fréquentes et mènent à des examens inutiles et coûteux.
Personnellement, je trouve fou que des bains chauds puissent soulager temporairement une crise, alors que la seule vraie solution long terme reste de stopper complètement le cannabis. Et même si ça met des semaines, le corps finit par se recalibrer.
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