Ce que l’on croyait inutile joue en réalité un rôle clé. Des scientifiques viennent de révéler la fonction essentielle d’un ADN longtemps ignoré.
Vous l’avez aussi remarqué ? Les chercheurs ne s’arrêtent jamais à une seule conclusion. Ils creusent, ils remettent en question, ils réévaluent. La dernière preuve en date ? Une portion de l’ADN, longtemps considérée comme inutile, vient d’être réhabilitée par les scientifiques. Selon une nouvelle étude, cette séquence oubliée remplit une fonction importante. Retour sur une découverte étonnante qui remet en cause ce que l’on pensait savoir.
Environ la moitié de notre ADN
Avez-vous déjà entendu parler de l’« ADN poubelle » ? Aussi appelé ADN non codant, c’est cette partie de notre génome qui ne produit pas de protéines. Pendant longtemps, les scientifiques pensaient que cet ADN n’avait aucune utilité.
Mais ça, c’était avant. Une équipe internationale de chercheurs, venue du Japon, de Chine, du Canada et des États-Unis, a récemment fait une découverte qui change tout. Selon leur étude publiée dans la revue Science Advances, ces fameux ADN poubelles sont en réalité importants au bon fonctionnement de notre corps.
Leur travail porte particulièrement sur les éléments transportables. Il s’agit d’une classe de séquences d’ADN capables de se dupliquer et s’insérer ailleurs dans notre code génétique. Un peu comme un mécanisme du copier-coller. Ils représentent près de la moitié de notre ADN.
Les scientifiques se sont focalisés sur une famille particulière appelée MER11. Ils ont découvert que cette séquence agit comme un véritable interrupteur génétique. Parce qu’elle est en mesure de contrôler l’expression des gènes sans modifier l’ADN lui-même.
La fonction cachée de cet ADN enfin révélée par les scientifiques
Les séquences MER11 font partie d’un groupe appelé rétrotransposons à répétition terminale longue, ou LTR. Ce qui est étonnant, c’est que ces séquences viendraient d’un ancien virus, selon les chercheurs. Un rétrovirus, pour être précis, qui aurait infecté un singe ancêtre de l’homme il y a des dizaines de millions d’années.
Ce virus a inséré son propre ADN dans les cellules. Ce morceau est resté dans notre génome depuis tout ce temps. Les scientifiques estiment que près de 8 % de notre ADN vient de ce type de virus ancien.
Par ailleurs, dans leurs travaux, les scientifiques ont classé les séquences MER11 en quatre sous-familles distinctes. Parmi elles, MER11_G4, la plus récente, se distingue par sa forte capacité à agir sur les gènes.
Cette influence s’explique par la présence de motifs spécifiques dans son ADN. Ce sont de véritables signaux qui attirent des protéines appelées facteurs de transcription. Ces protéines jouent, quant à elles, un rôle clé dans notre organisme. Elles activent ou désactivent en effet certains gènes selon les besoins des cellules.
« On pense que les éléments transposables jouent un rôle important dans l’évolution du génome, et leur importance devrait devenir plus claire à mesure que la recherche continue de progresser » a expliqué Fumitaka Inoue, co-auteur de l’étude à l’Université de Kyoto.
Certes, c’est une découverte fascinante, n’est-ce pas ? Ce que nous croyons savoir sur notre propre code génétique est loin d’être complet. Et les scientifiques ne comptent pas en rester là. Ils poursuivent leurs recherches pour mieux comprendre ces mystérieuses séquences et leur impact sur notre fonctionnement ainsi que notre évolution.
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