DRAM : un prix doublé d’ici mars 2026 ? Merci les géants de l’IA !

La mémoire vive semblait enfin lever le pied après des mois de turbulences. En surface, les prix se figent, les graphiques respirent et les acheteurs reprennent espoir. Mais derrière cette accalmie apparente, le marché de la DRAM prépare un virage bien plus brutal, largement alimenté par l’explosion des infrastructures d’intelligence artificielle.

Depuis plusieurs mois, les prix de la mémoire vive jouent au yo-yo. Un jour en baisse, le lendemain en hausse, la DRAM (et en particulier la DDR5) donne des sueurs froides aux assembleurs de PC comme aux consommateurs. Pourtant, une récente analyse de PCPartPicker semblait enfin apporter une bonne nouvelle.

Après une longue période de volatilité, les prix au détail, notamment sur les kits de grande capacité, paraissent se stabiliser. Mais c’est un calme trompeur, selon plusieurs analystes du marché. Car dans l’ombre des boutiques en ligne, une autre réalité se dessine. Celle des contrats à long terme, des chaînes d’approvisionnement et surtout de l’appétit insatiable de l’intelligence artificielle.

La DRAM entre contrats à long terme et prix en rayon

D’un côté, PCPartPicker observe les prix réels pratiqués chez les revendeurs. Et à court terme, les chiffres sont rassurants avec peu de variations marquées, une impression de plateau après des mois agités. Pour les acheteurs, cela ressemble à une pause bienvenue.

De l’autre, TrendForce, un spécialiste reconnu des analyses de marché tire la sonnette d’alarme. Selon ses projections, les prix contractuels de la DRAM pour PC pourraient augmenter sensiblement dès le début de l’année 2026. Et cela, avec un mouvement particulièrement marqué entre la fin 2025 et le premier trimestre 2026.

Cet écart croissant entre les prix observés à court terme et les contrats à plus long terme crée donc une zone grise. Les consommateurs espèrent une détente durable, tandis que les indicateurs industriels pointent vers une hausse structurelle. Ainsi, l’incertitude domine, notamment pour la mémoire DDR5, déjà plus chère que les générations précédentes.

Les chiffres TrendForce confirment un virage durable

Les données suivies par TrendForce se basent sur les prix moyens de vente par gigabit. Celles-ci racontent une histoire assez différente de celle perçue par le grand public. Pendant la grande partie de l’année 2025, du premier au troisième trimestre, les gammes de mémoire pour PC et serveurs restent globalement stables. C’est un signe d’offre maîtrisée et de demande régulière, sans emballement apparent.

Mais ce fragile équilibre se brise au dernier trimestre. Les prix commencent alors à grimper presque simultanément sur les deux segments. Les modules DDR5 RDIMM destinés aux serveurs enregistrent les hausses les plus marquées, tandis que les barrettes SODIMM pour PC suivent une progression plus modérée, mais continue. Cette évolution parallèle confirme que le phénomène est global et non limité à un seul type de produit.

Le mouvement le plus brutal est attendu entre la fin 2025 et le premier trimestre 2026. C’est une période durant laquelle les prix contractuels pourraient bondir rapidement. Après ce choc initial, TrendForce anticipe une poursuite de la hausse jusqu’à fin 2026, à un rythme plus lent.

Surtout, aucun scénario de retournement ou de correction n’est envisagé. Une fois les prix installés plus haut, ils devraient s’y maintenir, la mémoire pour serveurs conservant une prime constante par gigabit.

L’IA vient aspirer toute la mémoire

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Pour comprendre ce qui se passe, il faut regarder du côté des usines et des centres de données. Les fournisseurs de mémoire ont revu leurs priorités. Une part croissante de la production de plaquettes est désormais réservée aux modules destinés aux serveurs, au détriment des PC portables et des fabricants de modules indépendants.

Pourquoi ? À cause de l’IA. Les déploiements à grande échelle (entraînement de modèles, inférence, calcul haute performance) nécessitent des systèmes extrêmement gourmands en mémoire. Les opérateurs de centres de données multiplient donc les commandes de modules DDR5 haute capacité, souvent bien plus rentables que la mémoire destinée au grand public.

Cette réallocation de capacité s’accompagne de pratiques d’allocation sélective. Les grands constructeurs et clients industriels sont servis en priorité. Tandis que les volumes disponibles pour le marché PC se réduisent. Une stratégie payante pour les fournisseurs, qui en profitent pour réviser les contrats à la hausse et réduire l’écart historique entre les prix de la DRAM PC et ceux de la DRAM serveur.

Derrière l’apparente stabilisation actuelle, beaucoup d’observateurs voient surtout une résistance des acheteurs. Les prix cessent de grimper non pas parce que l’offre du DRAM s’améliore, mais parce qu’ils atteignent un seuil qui freine les achats. Si la demande repart ou si les fournisseurs maintiennent leurs choix d’allocation, la facture pourrait encore s’alourdir.

Alors, si vous comptiez upgrader votre machine, 2025 pourrait bien être la dernière fenêtre avant que la mémoire vive ne devienne, une fois de plus, un luxe avec l’IA.

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